Sur LCI, un échange récent a mis en lumière, de manière assez frappante, le contraste entre un discours de propagande assumé et une réponse journalistique lucide. D'un côté, Raphaël Jerusalmy, ancien membre du renseignement militaire israélien, déroule un argumentaire désormais bien connu : celui d'une guerre présentée comme nécessaire, presque vertueuse, où les « dommages collatéraux » seraient regrettables mais acceptables au nom d'un objectif supérieur. De l'autre, le journaliste Gallagher Fenwick lui répond, calmement mais fermement, en le remettant à sa place. Le propos de Jerusalmy repose sur une idée simple, mais profondément honteuse : les victimes civiles seraient en quelque sorte compensées par des vies « épargnées ». Une manière de relativiser la gravité des bombardements et de leurs conséquences, sans jamais apporter de preuve concrète. À cela s'ajoute une vision très binaire du monde. D'un côté « les forces du bien », de l'autre « les forces du mal ». Iran, Hezbollah, Hamas : tout est mis dans le même sac, sans distinction, sans nuance. Cette manière de penser efface toute complexité et surtout toute humanité. n