Le Théâtre national algérien « Mahieddine Bachtarzi » a accueilli, ce samedi à Alger, une célébration exceptionnelle marquant les cent ans de la première représentation de la pièce "Djeha" (1926-2026), œuvre fondatrice du dramaturge Ali Sellali, plus connu sous le nom d'Allalou. Cet événement a permis de raviver la mémoire de l'un des pionniers du théâtre en Algérie et de mettre en lumière son héritage artistique et culturel. La commémoration s'est ouverte par la projection d'un documentaire intitulé «L'empreinte durable», réalisé par Ali Aïssaoui. Le film retrace le parcours d'Allalou, en revenant sur ses débuts, son engagement et l'impact de ses œuvres sur la scène nationale. Ce moment a été suivi d'un hommage rendu à sa famille, représentée par sa fille et ses petits-enfants, dans une atmosphère empreinte d'émotion et de reconnaissance. L'événement a également été l'occasion de distinguer le critique littéraire Ahmed Menouar, auteur de l'ouvrage «L'aube du théâtre algérien : mémoires d'Allalou». Ce livre constitue une contribution importante à la préservation de la mémoire théâtrale algérienne et à la compréhension du rôle joué par Allalou dans l'émergence d'un théâtre national. Parmi les personnalités présentes figuraient un représentant du ministère de la Culture et des Arts, Abderrezak Baba, ainsi que le directeur général du Théâtre national algérien, Mohamed Yahiaoui. Ce dernier a souligné l'importance de cet hommage, affirmant qu'il s'inscrit dans une volonté de valoriser le passé comme levier pour construire l'avenir. Selon lui, la culture représente une force capable de renforcer l'image de l'Algérie à l'échelle internationale. Mohamed Yahiaoui a rappelé que la soirée du 12 avril 1926, lorsque Allalou monta sur scène avec «Djeha», marquait bien plus qu'une simple représentation. Elle symbolisait, selon ses mots, la naissance d'un mouvement théâtral porteur d'un message de résistance et d'affirmation identitaire. Inspiré du patrimoine culturel local tout en s'ouvrant à des dimensions universelles, ce théâtre a contribué à façonner un discours artistique profondément enraciné dans la société. Il a également insisté sur le fait que le théâtre en Algérie n'a jamais été un simple divertissement. Il a toujours constitué un espace d'expression engagé, où les artistes ont revendiqué leur droit à la parole et participé activement à la construction d'une conscience collective. Dans cette perspective, il a réaffirmé la volonté de concrétiser le projet de musée national du théâtre algérien, destiné à préserver cette mémoire et à créer un lien entre les générations. Placée sous le thème «L'aube du théâtre algérien», la manifestation a aussi été marquée par l'annonce des résultats d'un concours consacré à Ali Sellali. La chercheuse Kenza Mebarki a remporté le premier prix pour son étude intitulée «Le théâtre comme espace de résistance». Le jury du concours a également été honoré pour son travail. Enfin, plusieurs activités ont enrichi cette journée commémorative. Des expositions ont permis de découvrir des objets personnels d'Allalou, tels que ses costumes, des photographies rares et des manuscrits originaux. Une conférence dédiée à son parcours et à son héritage a été organisée, accompagnée d'une représentation théâtrale, prolongeant ainsi l'esprit de création et de transmission qui caractérise son œuvre. R.C.