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Les moments-charnières dans la vie sociale : protéger la vie humaine d'abord ou prioriser les croyances ?
Publié dans Le Soir d'Algérie le 18 - 07 - 2020


Pr Nadji Khaoua
[email protected]
Ces temporalités singulières ont ceci de décisif qu'elles marquent un point d'inflexion séparant les moments d'avant de la vie du groupe, ce qui veut dire de la société, d'avec les moments qui viendront après. Cette observation est confirmée, d'abord depuis les manifestations géographiquement circonscrites du 17/02/2019 à la petite bourgade combien chargée d'histoire du refus commun du colonialisme, particulièrement lors des manifestations pacifiques du 08/05/1945, Kherrata (située aux environs de la ville de Sétif).
Suivies deux jours plus tard, soit le 19/02/2019, par celles plus massives, mais toujours circonscrites localement dans une ville moyenne cette fois-ci, Khenchela, une des villes-phares dans la Guerre de libération nationale 1954-1962, ville revêtant un cachet agro-pastorale, située au sud-est de la frange littorale de l'Algérie.
La tendance commune exprimée à l'occasion de ces deux irruptions de la volonté de changement des structures politiques par les Algériennes et les Algériens s'est, à partir du 22 février 2019, magnifiquement éclatée pacifiquement à la face du système politique collectivement rejeté et prenant date parmi le concert des Nations. Ces structures politiques rejetées étaient décidément si hors-jeu par rapport à leurs liens avec les aspirations sociales et par rapport à leur connaissance concrète de la volonté de la population qu'elles croient diriger et dont elles ont toujours déclaré, se mentant effrontément à elles-mêmes, représenter les aspirations les plus chevillées d'un avenir meilleur, surtout depuis le choix de «Lui, cet être 1999-2019» comme 1er représentant de la République.
D'ailleurs l'histoire politique de ce pays, l'Algérie, pour ceux qui en savent lire les différentes séquences historiques, des plus plurimillénaires jusqu'à celle toute récente du 22/02/2019, indique cette volonté séculaire de vivre dans la dignité que procure la liberté, comme le ferait une constellation d'étoiles brillantes dont l'éclat si lointain et si temporellement décalé ne retient pas l'attention des observateurs éphémères comme l'ont été si aveuglement ses clans prédateurs et «Lui, cet être 1999-2019.»
Cette histoire politique est toute tendue vers l'aspiration à construire un avenir social commun meilleur pour les générations non pas seulement futures mais aussi et surtout celles du moment présent. En bâtisseurs dont peu s'en rendent compte aujourd'hui, à travers leurs luttes contre des colonialismes successifs, les Algériennes et les Algériens ont comme point commun séculaire de projeter collectivement, au-delà des temps et des lieux, une unique vision d'une vie moderne car indépendante de toute hégémonie sur leur territoire, sur eux-mêmes et sur leurs descendants.
Pour ne pas l'avoir compris à temps, le dernier colonialisme d'hier (1830-1962) a été bouté par les armes en dehors du territoire commun. Aujourd'hui, une conjoncture due à la survenue des fêtes religieuses du sacrifice du mouton alors qu'une pandémie transmissible et mortelle, le Covid-19, endeuille le monde et le pays, prend plus fortement chaque jour le risque d'être dorénavant une des majeures périodes de dislocution sociale de la population algérienne.
La persistance et l'augmentation de la diffusion souvent mortelles de cette maladie contagieuse devraient unir l'ensemble d'entre nous, sous la coordination de l'Etat, autour du respect absolu des mesures simples appliquées dans le monde et recommandées par l'OMS1, et nos institutions médicales comme le remarquable travail de suivi et d'analyse chiffrée élaboré quotidiennement dès les débuts de cette maladie mortelle et contagieuse, par l'INSP2. Ainsi, cette discipline sociale commune contribuera à freiner, ensuite bloquer, la diffusion générale par la contagion de cette maladie mortelle. Cette communion collective et institutionnellement organisée autour du seul objectif conjoncturel rassembleur du moment, qui est clairement et sans contestation possible la lutte contre la diffusion mortelle du Covid-19, n'est pas seulement une obligation pour chacun des membres de la communauté nationale, elle est un devoir, le plus suprême d'entre tous les autres, sphère privée et sphère publique confondues.
Car il ne s'agit pas seulement de combattre une maladie banale, comme il en existe tant, pour tous les âges de l'individu, qu'il soit enfant, homme, femme, ou vieux.
Il s'agit d'une maladie rapidement contagieuse et mortelle, dont les remèdes scientifiques définitifs tardent à être découverts et mis sur le marché. Le respect absolu par chacun des mesures simples à appliquer de distanciation sociale, de port du masque et d'usage répété du gel pour se nettoyer de toutes possibilités de contagions par le toucher des mains, est non seulement une obligation, mais un devoir pour préserver la vie.
Celles et ceux qui n'appliquent pas ces «gestes barrières» et ces «mesures de distanciation sociale», ne respectent pas la vie. Elles et ils encouragent la mort, la leur et celle de leurs proches en premier. La conjoncture de survenue d'une fête à caractère religieux basée sur le sacrifice d'un mouton à acquérir dans des marchés collectifs ouverts pour l'occasion, aurait dû inciter tout un chacun d'entre nous, et surtout les institutions à caractère religieux les plus autorisées comme ladite «Commission ministérielle de la fetwa», à plus de raison et de discernement objectif.
Malheureusement, cela n'est pas le cas.
Cette commission ministérielle à caractère religieux, représentant la voix autorisée en matière religieuse, vient de déclarer publiquement et par écrit (voir son communiqué diffusé par les organes de presse) que ce rite religieux est maintenu (le sacrifice religieux du mouton, à acheter dans les marchés aux bestiaux, en milieu ouvert et où s'agglutinent des centaines, voire des milliers, de vendeurs, d'acheteurs et d'animaux). Le maintien de ce rite nécessitant automatiquement la tenue de marchés aux bestiaux, entraînant les foules à les visiter pour acquérir leurs moutons, on sera alors devant une occasion majeure d'amplification de la propagation au sein de la population de toutes les régions, les villages et les villes, de cette maladie mortelle et contagieuse, le Covid-19. Les membres de cette «commission ministérielle religieuse de la fetwa» auront alors nos malades et nos morts sur leurs consciences. Comme hier lorsque leurs prédécesseurs religieux de «L'Association des ulémas» n'avaient rejoint que contraints et forcés et à titre individuel la Guerre de libération nationale 1954-1962 seulement en 1956, aujourd'hui leurs suiveurs adeptes et membres de cette «commission ministérielle religieuse de la fetwa» sont en retard d'une Guerre nationale, celle contre cette maladie mortelle et contagieuse du Covid-19. Si cette autorisation religieuse est maintenue par l'Etat, les conséquences à moyen terme en seront l'accentuation du gouffre entre les composantes sociales de la population. La cohésion sociale continuera à s'effriter entre ceux d'entre nous qui aspirent à la construction d'un Etat moderne que gouvernent les lois dans le respect des droits de l'Homme et de la Femme, et ceux pour qui la foi religieuse et ses signes ostentatoires seraient supérieurs aux lois de la République. A ce moment-là de diffraction sociale majeure, l'aspiration à la construction d'un Etat moderne aura été définitivement anéantie.
Chacun, gouverneurs et gouvernés, s'il est certain d'aspirer à faire partie du monde moderne, composé de Droits de l'Homme et de la Femme, de lois humaines communes et de responsabilité individuelle n'aura que ses yeux pour pleurer et son intime conviction pour rejeter en son for intérieur dorénavant toute idée de destin commun. Ce sera trop tard.
N. K.
1- OMS : Organisation mondiale de la santé, basée à Genève (Suisse) avec des antennes dans la plupart des pays. Voir son site : www.who.int/fr.
2- I.N.S.P. : Institut national de la santé publique. Voir son site : www.insp.dz.


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