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A servi et peut servir encore!
Publié dans Le Soir d'Algérie le 19 - 10 - 2020

Dix-neuf mois après sa démission forcée et son remplacement par des hommes du sérail, ayant blanchi sous le harnais, Bouteflika n'est pas près de solder ses comptes avec l'Algérie. De temps à autre, la rue et les réseaux sociaux bruissent de rumeurs annonçant son agonie ou carrément son trépas, entouré des soins plus ou moins affectueux, dans une résidence de luxe. Ceux qui donnent l'ancien Président pour mort, empressés à traduire leurs désirs dans la réalité, sont légitimement en droit de le faire, craignant que certains espoirs perdurent avec la vie. Ceux qui veulent voir Bouteflika quitter ce bas monde, toutes affaires cessantes, ont des arguments en plus de l'appréhension de le voir revenir, tel un phoenix renaissant et revanchard. Ils se méfient surtout du naturel, négligé par la chasse à courre et qui donne l'impression, ces jours-ci, d'accélérer le mouvement, comme s'il s'agissait de rattraper la tête du peloton. En témoigne le retour rapide, trop rapide, de ces éternels professionnels de la courbette, à l'échine élastique, qui reprennent du service sous pavillon FLN, avec la devise : «Peut servir encore.» Ce qui me rappelle cette objection, cruellement ingénue, d'un ancien BSP de journal, déçu que le poste et non la fonction ait été supprimé, et qui disait : «Mais, nous travaillons encore.»
Oui, quels que soient les circonstances et les courants dominants, «ils» travaillent encore, et ce n'est plus pour une prime de petit chef, mais pour quelque chose de plus gratifiant et de plus lucratif. On peut supposer qu'à l'approche du référendum du 1er novembre, les «peut servir encore» vont donner le coup de reins décisif, sans mauvais tour et risques pour leurs dos et bas du dos. On ne tiendra pas rigueur à ceux qui transformèrent le FLN/ALN en appareil de prise du pouvoir, d'attribution de pouvoirs et de distribution indue de la rente générée par le pouvoir. Ils ne pouvaient pas prévoir, même dans leurs pires cauchemars, que l'artisan de la libération nationale allait se transformer, au fil des décennies, en instrument de déchéance nationale. Quant à ceux qui attendaient, comme moi, un procès retentissant d'un des principaux responsables de nos déboires, passés, présents et à venir, ils se consoleront avec le jugement de l'Histoire. Ils attendront stoïquement que les chaînes nationales de radio et télévision diffusent des versets du Coran pour annoncer que tout danger est écarté et qu'il n'y a plus de risques de retour. Pourtant, au lieu de nous infliger encore les insipides facéties d'un homme d'Etat déchu, dans les prétoires, on aurait pu avoir un procès jugeant le roi indigne et ses infâmes vizirs.
Tant qu'à imiter, comme le «FLN/Peut servir encore», nous y a engagés, pourquoi n'aurait-on pas agi comme les Egyptiens l'ont fait pour Moubarak et n'aurait-on pas jugé l'ex-Président ? Un homme qui a corrompu jusqu'au sol sous nos pas a-t-il le droit d'échapper à une justice sereine et sévère, sous prétexte qu'il est grabataire et qu'un tel procès manquerait de dignité. Mais s'il est question d'imiter les Egyptiens, ce que nous faisons avec assiduité, il ne s'agit pas d'agir en tous points comme eux et de faire un procès spectacle, avec un étrange verdict final. On se souvient de ce spectacle, pitoyable au demeurant, d'un Raïs déchu, exhibé sur une civière et comparaissant sous l'accusation d'avoir utilisé des tueurs contre des manifestants, Place Tahrir. En fin de compte, Moubarak a été innocenté de l'accusation de meurtre et il a été également lavé des accusations de détournements de fonds et de possession de comptes à l'étranger. Moubarak est finalement mort dans son lit, sans avoir à rendre des comptes sur trente années de règne sans partage et de gabegie, et il a eu même droit aux honneurs militaires. Pourtant, Sissi n'avait pas ménagé Moubarak, invoquant même la justice divine contre celui qui avait été lavé en 2014 de l'accusation d'avoir fait tuer des manifestants en janvier 2011.
Les attaques personnelles de Sissi contre le Président déchu auraient été particulièrement virulentes lors d'une rencontre, en 2014, avec des journalistes et des écrivains, dont Youssef Al-Qaïd. Selon l'auteur de La Guerre en terre d'Egypte, le maréchal Al Sissi avait affirmé qu'aucun Egyptien aimant son pays ne pouvait dire du bien du pouvoir de Moubarak qui n'aurait pas dû dépasser 15 ans. Au lieu de cela, il s'est mis en tête de remettre le sceptre entre les mains de son fils, avait ajouté Sissi, soulignant que la révolution de janvier 2011 avait pris beaucoup de retard. Puis, ayant épuisé tout l'arsenal des griefs que fait tout bon président en exercice à son prédécesseur, son successeur à la tête de l'Egypte, Abdelfattah Al Sissi, a mis une sourdine à ses attaques. Au point que certains analystes commençaient à se demander si le règne de Sissi, qui s'annonce aussi long que celui de son prédécesseur, ne serait pas le prolongement de celui de Moubarak. À la grande surprise des Egyptiens, il a ensuite dirigé les funérailles militaires, réservées à Moubarak après sa mort, alors que le peuple s'était insurgé contre lui et que la loi s'y opposait. La chaîne qatarie Al-Jazeera, qui évoque l'accession du défunt Raïs, le 14 octobre 1981, suggère perfidement qu'Al Sissi aurait agi ainsi sous la pression des Emirats (encore !), alliés de l'Egypte.
La chaîne ajoute encore qu'une partie des soutiens actuels d'Al Sissi ont fait partie du sérail de Moubarak, ce qui n'est pas nouveau dans ces pays où l'art consiste à faire du neuf avec du vieux.
A. H.


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