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Quand Magda Romi bégaie
Publié dans Le Soir d'Algérie le 26 - 10 - 2020

On connaît l'anecdote du chanteur Blaoui Houari qu'on a présenté à Ben Bella et dont le bégaiement s'est accentué en présence du premier dirigeant coopté et autocratique de l'Algérie. Devant la persistance du trouble du célèbre chanteur, Ben Bella lui aurait dit : «Ne te fatigue pas à parler, chante simplement», l'histoire ne dit pas quelle chanson a choisie Blaoui Houari. Mais on sait depuis le grand chanteur oranais qu'il y a des chanteurs dont le bégaiement disparaît dès les premières notes de musique et qui ne savent s'exprimer qu'en chansons. On aurait dû se rappeler de l'épisode Blaoui Houari, et faire très attention au discours des chanteurs, lorsqu'ils ne sont pas sur scène, ou sont obligés de chanter sans musiciens. C'est l'une des premières leçons qu'on aurait dû retenir de la période Ben Bella, à savoir qu'un chanteur, même affligé de bégaiements, doit se contenter de chanter, et oublier le reste. Nous avons eu ainsi deux grands chanteurs oranais qui avaient eu, à un moment, le choix entre chanter et parler, et qui n'avaient pas, malheureusement pour eux, et pour nous, fait le bon choix. Khaled qui savait envoûter son auditoire a, sans doute, fini par croire qu'il savait aussi parler, et Mami, qui revendiquait aussi l'amitié de Bouteflika, a fini comme son porte-parole.
À la décharge du second, qui était moins bavard et ne faisait pas les choux gras des plateaux de télé, le florilège des mots de Mami ou de son bêtisier, personnel, reste peu conséquent. Mais il faut croire que dans le domaine artistique aussi, les vedettes internationales rivalisent aussi d'ardeur, pour enfreindre aussi bien les codes moraux que les lois des pays où ils vivent. Moralité : si chacun faisait de son mieux, le métier pour lequel il est fait, et si la presse ne s'acharnait pas à rendre un chanteur plus intelligent que ses chaussures, les choses iraient mieux. Pourquoi ai-je évoqué ces deux chanteurs qui ont acquis une aura de stars mondiales et qui se sont faits, comme un malin plaisir, à se déprécier et à déboulonner leurs propres statues ? Plus une étoile monte haut, et plus elle irradie, mais plus elle gagne en hauteur, et plus ses défauts et ses tares apparaissent au grand jour, et il suffit parfois de quelques paroles. Si vous êtes assez mélomanes pour apprécier Khaled et Mami, vous devez l'être aussi pour connaître, même de loin, la chanteuse libanaise Magda Romi, l'idole de tous les Algériens. Qui n'a pas fredonné Kalimat et n'a pas vibré en écoutant Beyrouth, la complainte en forme de requiem pour une ville trahie et abandonnée, ne peut pas savoir qui est Magda Romi.
C'est justement, Beyrouth, son port, et sa ville, détruits par l'explosion et l'incendie du 4 août dernier, qui a été au centre de toutes les attentions et qui nous a montré ses monuments debout. On a pu voir la diva Faïrouz et bien sûr l'omniprésente Magda Romi qui est venue chanter chez nous en 2016, pour nous consoler de l'existence de notre propre engeance de tueurs. Tu chantes si juste et si vrai, Magda, qu'on t'écouterait sans se lasser du matin au soir, du soir au matin, et tes chansons sont si belles qu'elles émeuvent même les arabophobes chroniques. Pourquoi donc t'es-tu arrêtée de chanter et t'es-tu mise à parler, à débiter un flot de bêtises, et d'arguments éculés que même la Ligue arabe a relégués au rayon des vieilleries ? Pourquoi s'arrêter de chanter et raconter ses sordides histoires des Protocoles des Sages de Sion, le seul faux grossier que les éditeurs arabes continuent d'imprimer comme vérités coraniques ? Voilà qu'après 40 ans de carrière et des dizaines de tours de chant dans les pays, où il est fait mention de l'existence des Arabes, tu redécouvres le danger israélien, par le biais d'un livre. Un livre que ton père t'aurait donné à lire lorsque tu étais enfant, et comment cet ouvrage, façonné par les services tsaristes, t'avait influencée au point de l'avoir oublié jusqu'ici.
En 2020, donc, et s'appuyant sur les fameux Protocoles, Magda Romi exonère les dirigeants libanais de toutes responsabilités sur les explosions passées et à venir de Beyrouth. Seuls, Israël et les Juifs sont responsables de la noirceur du monde et des malheurs du Liban, quitte à périr avec lui, et ni l'Arabie Saoudite ni la Syrie et encore moins l'Iran n'ont à voir quoi que ce soit. Plus haut est le point culminant de la célébrité, plus dure et plus retentissante sera la chute, au point qu'on se demande si le conseiller en communication de Magda Romi n'est pas du Hezbollah. Le quotidien koweïtien Al-Qabas rappelle opportunément que l'industriel et milliardaire américain Henry Ford (1863-1947) avait acheté et distribué gratuitement un quart de millions d'exemplaires du livre. Mais depuis 1999, l'historien russe Mikhael Lépékine, qui a eu accès aux archives tsaristes, a prouvé qui est l'auteur réel des Protocoles des Sages de Sion. Il s'agit d'un agent des services tsaristes, dénommé Mathieu Golovinski (1865-1920), qui a élaboré cet ouvrage au début du XXe siècle, et c'est cet auteur qui est best-seller dans le monde arabe. Le journal note, en pure perte, que les droits des Palestiniens, des Arabes, et des musulmans n'ont pas besoin de recourir à de tels faux grossiers, pour être défendus.
Mais que faire quand c'est cette gourde de Magda Romi qui s'en réclame, envers et contre tout. Au fait, j'hésite entre cruche et gourde, quelle est l'injure la plus appropriée pour une chanteuse qui bégaie ?
A. H.


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