Alger poursuit de filer avec un enthousiasme certain sa lune de miel avec T�h�ran. Ceci pendant que la communaut� internationale, du moins ses entit�s les plus significatives, maintient de voir d�un mauvais �il la R�publique islamique d�Ahmadinejad. Sofiane A�t-Iflis - Alger (Le Soir) - Le rapprochement entre les deux pays s�est effectu� avec beaucoup d�entrain, apr�s une p�riode de glaciation diplomatique. Comme pour rattraper le temps perdu, Alger et T�h�ran mettent de l�aplomb et de la c�l�rit� � guinder leur entente politique et, cons�quemment, � booster leur coop�ration �conomique. Mais, pour Alger, y a-t-il plus-value v�ritable � trop s�investir dans une telle relation, �tant consid�r� � la fois l��loignement g�ographique et les �humeurs� par trop capricieuses du r�gime iranien ? Capricieuses mais aussi parfois n�fastes, comme l�Alg�rie a eu � le v�rifier � ses d�pens au d�but des ann�es 1990, lorsque les islamistes du FIS dissous avaient entrepris leur guerre sanglante contre la r�publique et la d�mocratie. A l��poque, et c�est un secret de Polichinelle, le r�gime des mollahs a soutenu en sousmain l�action terroriste en Alg�rie � laquelle l�ex-FIS a recouru pour conqu�rir le pouvoir et imposer sa �r�publique th�ocratique�. Plus qu�une ing�rence dans les affaires int�rieures d�un pays, le r�gime iranien s��tait rendu coupable de plus grave encore : appui � une s�dition arm�e. Ce manquement � l��thique diplomatique de la part du pays des mollahs a soulev� non seulement le courroux des autorit�s alg�riennes mais aussi leur r�action �nergique qui s��tait mat�rialis�e, on s�en souvient, par la rupture des relations diplomatiques. Des milliers de victimes du terrorisme plus loin, Alger et T�h�ran ont fini par ne plus se regarder en chiens de fa�ence. Entre-temps, il faut le dire, l�Alg�rie a troqu� son engagement pour le tout s�curitaire contre des r�conciliations tous azimuts. L�Iran, du coup, est devenu fr�quentable. Voire m�me un alli� strat�gique. Preuve en est la tenue, hier, � T�h�ran de la premi�re grande commission mixte al�gro-iranienne de coop�ration, pr�sid�e conjointement par le Premier ministre alg�rien Ahmed Ouyahia et le premier vice-pr�sident iranien Mohamed Redha Rahimi. L�ordre du jour de cette session consigne un large �ventail des domaines de coop�ration entre les deux pays. Ahmed Ouyahia a conduit sa d�l�gation au pays des Perses pour �valuer avec ses homologues iraniens l��tat d�avancement des chantiers de coop�ration d�j� d�frich�s � T�h�ran en 2008, puis � Alger en 2009 et en explorer d�autres. Cependant, ce n�est pas tant cette vell�it� affich�e de coop�ration �conomique et commerciale qui bitume solidement l�axe Alger-T�h�ran. Ce qui cimente vraiment cet axe, c�est bien �videmment le r�confort que les Iraniens trouvent dans la position alg�rienne relativement au dossier du nucl�aire iranien. Alger figure parmi les pays les plus en vue qui soutiennent le droit des Etats �mergents � investir dans l��nergie nucl�aire. L�Iran, qui a � dos la communaut� internationale, a donc raison de ch�rir un tel alli�, voire m�me davantage si possible. Le pays des mollahs, comme le rappelait r�cemment Sid-Ahmed Ghozali dans un entretien au Quotidien d�Oran, est toujours anim� de sa volont� d��tendre son �influence h�g�monique sur l�ensemble du monde musulman �.