Cecile Draps, Serge Moureaux, Marc de Kock, avocats du barreau belge, justes parmi les justes, r�sistants anti-colonialistes et d�fenseurs des causes nobles, �taient tr�s �mus lors de la c�r�monie de remise de m�dailles � l�ambassade d�Alg�rie � Bruxelles. Mourad Medelci en leur rendant hommage au nom du pr�sident de la R�publique, a soulign� que �le cinquanti�me anniversaire de l�Ind�pendance de notre pays repr�sente une excellente occasion pour rendre hommage � toutes celles et � tous ceux qui ont aid� l�Alg�rie�. Pour autant, le m�rite de ces femmes et de ces hommes qui empruntent des voies et des formes de combat multiples, judiciaire, politique, m�diatique, humanitaire, m�dicale, financi�re, n'est pas banal. Il fallait des convictions, du courage, de la hardiesse et m�me de la t�m�rit� pour s�opposer, alors � la police et aux renseignements fran�ais. La Belgique, toute proche de la France, ne constituait pas un havre de paix pour ces r�sistants. Serge Moureaux, Henriette, sa femme, avaient m�me mis leur appartement �Place Roi- Vaingueur�, centre de Bruxelles, actuellement d�membrement des quartiers europ�ens, � la disposition des militants du FLN pourchass�s et recherch�s par la police de France... Serge Moureaux, avocat, �tait engag� par le GPRA, et Marc de Kock �tait celui de l�Union g�n�rale des travailleurs alg�riens (UGTA). Marc de Cock de la Conf�d�ration ind�pendante des syndicats libres les rejoint en 1960. Cecile Draps, elle, �voquera le courage de ses clients qui la sommaient, la suppliaient m�me de ne pas les d�fendre en tant que pr�venus de droit commun, mais comme des r�sistants du FLN ne reconnaissant pas la justice de l�ordre colonial. Si tant qu�elle abdique et consente elle-m�me � ne pas reconna�tre la l�gitimit� des accusations port�es contre ses clients. Si � Bruxelles, il �tait possible de gagner du temps, depuis la proc�dure en attendant des augures meilleurs, les choses se compliquaient quand il s�agissait d�aller au nord de la France, � Lille, Valencienne ou au Pas-de- Calais. Proches, certes, de la Belgique, les juridictions de ces r�gions ou d�partements, d�pendaient des barreaux de France et donc des lois de la R�publique fran�aise et que, alors, l�Alg�rie �tait, c��tait la France. Fils d�un ministre lib�ral, Serge Moureaux, ma�tre du barreau de Bruxelles, tissait les arguments avec Ferhat Abb�s, puis Ben Khedda, travaillait le syst�me de d�fense avec Ali Haroun, Boudaoud et la F�d�ration de France du FLN, mobilisait les avocats fran�ais sympathisants de la cause alg�rienne, utilisait les moyens de fonction de son p�re pour faire traverser la fronti�re aux militants les plus �grill�s�, les plus menac�s. Cecile Draps, de Cok et d�autres battaient alors le rappel de Guy Cudell, bourgmestre (maire) de Saint-Josse (Bruxelles) qui n�h�sitait pas � d�livrer de vrais-faux papiers aux Alg�riens. Saint-Josse, d�s les ann�es 60, devient une pi�ce ma�tresse du dispositif du �blanchiment� des documents pour les Alg�riens. L� o� il est, maintenant, Guy Cudell, d�c�d�, a d� appr�cier la remise des m�dailles � Cecile Draps, Serge Moureaux et Marc de Kock, par Medelci au nom de l�Alg�rie. Guy Cudell et Yves Lepaige (r�alisateur � la t�l�vision publique belge RTBF) ont laiss� pour l�histoire, pour la v�rit� des documents essentiels. Beaucoup de pr�sents lors du c�r�monial de remise des m�dailles pensaient eux, au Front du Nord, aux r�sistants du froid qui ont soutenu l�ind�pendance de l�Alg�rie.