Par Kader Bakou Mohamed Bakdi est un amoureux de la mer et un sculpteur sur bois autodidacte. Sa «matière première», il la récupère sur les plages ou les rochers marins de sa ville, Dellys. Nous avons vu Mohamed Bakdi à l'émission TV «Ibhar» diffusée jeudi soir. Au début, il imaginait le parcours et «la vie» des troncs d'arbres échoués sur les plages de Dellys. Tel olivier a été planté au bord d'un oued. Il a grandi, donné ses fruits et puis un jour, l'oued en crue a débordé et emporté le pauvre olivier planté trop près de l'oued. L'olivier va vivre une nouvelle vie, marine cette fois, avant de s'échouer un jour sur une plage. Mohamed Bakdi eut une idée : récupérer ces «épaves» et en faire des œuvres d'art. Aujourd'hui, son atelier à Dellys est une vraie galerie d'art où cohabitent instruments de musique, bateaux en miniature et d'autres magnifiques objets en bois. L'animatrice de l'émission TV parle des prix et distinctions que le sculpteur a remportés et qu'il a accrochés au mur de son atelier. Il y a aussi des photos. Sur l'une d'elles, nous voyons Mme Aloisia Wörgetter, ambassadrice d'Autriche qui, décidément, connaît l'Algérie mieux que beaucoup de nos responsables. «Ibhar» est aussi allée à Béni Haoua, cette fois à l'ouest d'Alger, à Tipasa. Sur une plage, Hachemi Mokrane parle de Mama Binette et nous révèle que cette Européenne est devenue membre de la «djamaâ», le conseil des sages de la région. Hachemi Mokrane, artiste plasticien et responsable de communication à l'Institut français d'Alger, a déjà animé en 2008 une conférence sur ce sujet. Mama Binette est une des rescapés du naufrage du Banel, le 15 janvier 1802. La Banel avait quitté le port de Toulon en France quelques jours plus tôt. Mama Binette est enterrée sur un promontoire qui domine la mer non loin du rivage. A l'intérieur du mausolée on peut lire sur sa tombe : «Ici repose la mère Binette, victime avec ses six compagnes religieuses comme elle du naufrage du Banel en 1802.» Trois autres Européennes connues sous les noms d'imma Dzahar (Maman la chance), Lalla Aouda et Lalla Aziza seraient enterrées aux douars montagnards de Breira, au vieux Ténès. Des archives françaises du port de Toulon citent les noms de cinq femmes à bord du Banel : Thérésa Massa, Monica Vico, Marie Pavan, Catherine Amer et Marie Dubois. Le Banel était un bateau qui allait de Toulon à la Louisiane. Son ancre et ses canons sont encore visibles au fond de la mer dans l'eau à la baie des Souahlias. Le mausolée de Mama Binette a été construit en 1936. A l'époque, M. Periller était sous-préfet, M. Grech, administrateur et M. Bortolotti, adjoint spécial. Endommagé par le tremblement de terre de 1954, il sera reconstruit par M. Antoine Martinez en 1958. Saccagé par des extrémistes durant les années 1990, il a été rénové grâce à l'apport de l'ambassadeur de Hollande, M. Henk Revis. Par ailleurs, on dit aussi que par une belle journée ensoleillée, dans les années 1980, un bateau de plaisance jeta l'ancre au large de Béni Haoua. Une embarcation rapide déposa sur une plage le prince Charles d'Angleterre et son épouse Diana, princesse de Galles. Ils passèrent quelques heures incognito sur la plage avant de repartir, par mer, vers une destination inconnue. K. B.