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Kiosque arabe
Comme au cinéma, mais en pire
Publié dans Le Soir d'Algérie le 07 - 08 - 2017


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A moins d'avoir parcouru les pages culturelles des journaux, aussi bien arabophones que francophones dans le mauvais sens, je ne me souviens pas avoir lu grand-chose sur le Festival du cinéma d'Oran. Pourtant, la dixième édition de ce festival, consacré exclusivement aux films arabes, avait de quoi susciter l'intérêt, à défaut de passion, ne serait-ce que grâce ou à cause de Izet Al-Alaïli. L'acteur égyptien avait joué un rôle vedette aux côtés du Français Jacques Dufilho et de l'Algérien Sid-Ahmed Agoumi, dans le film Le Moulin de Monsieur Fabre. Ce film sorti en 1986, au temps où on faisait encore du cinéma, et réalisé par Ahmed Rachedi, racontait l'histoire d'un meunier pied-noir qui voulait se faire nationaliser dans l'Algérie de Ben Bella. Izet Al-Alaïli ne tournant plus que rarement en Egypte, avait peu de chances de drainer la grande foule, d'autant que les souvenirs d'il y a trente ans se sont aussi estompés. C'était donc mon «arrêt sur image» avec regrets sans doute éternels et la nostalgie d'une époque de plus en plus lointaine, celle d'un acteur qui a fait honneur au cinéma égyptien et international. Le comédien, octogénaire, qui a déserté les plateaux depuis près de quinze ans est revenu au long-métrage, et il vient d'entamer le tournage d'un nouveau film Poussière de diamant.
En dehors de cet évènement marquant d'un festival d'Oran qui se fraye son petit chemin dans le domaine, on retiendra l'agréable surprise constituée par la présence du film égyptien Mawlana. Cette œuvre, adaptée du roman éponyme du célèbre polémiste Ibrahim Aïssa, raconte les errances et les dérives d'un prêcheur de télévision, modeste imam hypnotisé par les feux de la rampe. Quant à la surprise, elle tient au fait que le film est interdit dans tous les pays arabes, excepté le Liban, mais avec quelques coupures et l'Egypte où il a battu des records de recettes. Toutefois, on peut imaginer, d'ores et déjà, ce que sera le destin algérien du film, à la lecture des rares comptes-rendus qui ont suivi la projection-débat, en présence du réalisateur. C'est le quotidien cairote Al-Misri Alyoum qui nous donne un aperçu de l'impasse prévisible en rapportant le bref et édifiant échange entre une spectatrice, le réalisateur, Magdy Ahmed Ali. Selon le journal, une dame, habillée selon la nouvelle tradition, s'est déclarée choquée par l'un des passages du film dans lequel le prédicateur prêcheur entre dans une église. Réplique, en forme de leçon d'histoire, du réalisateur qui observe que le khalife Omar lui-même était entré dans une église (celle du Saint-Sépulcre à Al-Qods), et qu'il en était ressorti à l'heure de la prière.
Il avait expliqué à son entourage qu'il ne voulait pas prier à l'intérieur de l'église, de crainte que cela ne constitue un précédent et n'incite les gens à prier dans une église, sans respect pour ses fidèles. Pour l'anecdote, et comme l'habit ne fait pas souvent le moine, le journal rapporte que la dame en question a chargé le réalisateur de transmettre son salut au Président Sissi (1). On serait tenté de croire au vu du succès extraordinaire de Mawlana en Egypte que ce pays est différent des autres pays membres de la Ligue arabe et qu'il serait un havre de liberté. On serait encore loin du compte, puisque l'auteur du roman, Ibrahim Aïssa, est pratiquement indésirable sur les chaînes de télévision, après la suspension de son émission sur Al-Kahéra Oual Nass. Depuis, et après avoir réalisé les dialogues du film Mawlana, sur un scénario de Magdi Ahmed Ali, notre confrère a publié en 2016 un nouveau roman intitulé Rihlat Al-Dam (Une étape sanglante). Comme on le subodore, le roman est consacré aux rivalités et luttes sanglantes pour le pouvoir qui ont suivi la disparition du Prophète de l'Islam. À l'instar de son compère, Islam Buhaïri, lui aussi éloigné des studios des télévisions pour refus de se conformer aux dogmes, le journaliste s'est réfugié dans les radios périphériques (2).
Il anime sur Noudjoum FM un talk-show intitulé «J'ai autre chose à dire», inspiré des chroniques qu'il animait sur divers quotidiens, dont Al-Destour, d'où il a été licencié avec pertes et fracas. En dépit de leurs déboires respectifs, Ibrahim Aïssa et Islam Buhaïri sont logés, si j'ose dire, à meilleure enseigne que certaines femmes, tant en Egypte que dans les autres pays arabes. Le mois dernier, Nadia Mourad, une Irakienne yézidie, échappée de l'enfer intégriste de Daesh, a été encore victime d'un lynchage médiatique pour s'être rendue en Israël. Capturée en 2014 dans son village de Kocho, près de Sinjar, en pays yézidi, Nadia a été transférée avec ses compagnes à Mossoul où elles ont été parquées et violées durant de longs mois. Les «armées de libération» de la Palestine qui paradent sur les réseaux sociaux sans jamais se préoccuper du sort des captives des milices intégristes se sont déchaînées contre Nadia Mourad. Son crime : avoir échappé aux bourreaux islamistes, et s'obstiner à témoigner des horreurs subies sous le califat de Mossoul, y compris devant la Knesset israélienne, ce qu'elle a fait en tant qu'ambassadrice de bonne volonté de l'ONU. L'activiste kurde irakien, Chahmal Adel Salim, s'est ému de cette campagne disproportionnée qui prend pour cible une victime déjà crucifiée.
Il rappelle que l'Irak a connu et connaît encore de plus grands criminels et fauteurs de guerre, dont certains sont célébrés comme des héros, alors que Nadia Mourad est accablée d'anathèmes. Certes, ajoute-t-il, les autorités indiquent sur le passeport irakien qu'il est valable pour tous pays, sauf Israël, mais on sait que c'est par pure démagogie, et qu'aucune loi ne sanctionne ces faits. Sur les réseaux sociaux, la condamnation de Nadia Mourad est cependant confirmée et elle n'attend plus que le bourreau qui terminera l'ignoble traitement infligé à Nadia Mourad par Daesh.
A. H.
(1) J'ai lu quelque part que lors d'une visite de Gamal Abdenasser au Maroc, et au passage du cortège officiel devant une foule en liesse, un Marocain a crié au Président égyptien : «Salue Ismaïl Yassine de ma part !» Ce qui pouvait vouloir dire qu'entre le chef d'Etat et l'acteur comique, le choix était déjà fait.
(2) Pour les lecteurs que ça intéresse, la radio où passe Ibrahim Aïssa est Noudjoum FM 100.6 (le mercredi à 14h). Quant à Islam Buhaïri, il présente son programme «Islam libre» sur Mega FM 92.7 (le lundi et le mercredi de 14h à 16h). Ces radios sont sur Nile Sat, et donc à votre portée.


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