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création de zones de libre échange africaine: Deux principales conditions à réunir…
Publié dans Le Temps d'Algérie le 12 - 12 - 2018

La création d'une Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) passe par la promotion d'une main d'œuvre qualifiée, notamment dans le secteur industriel, et le renforcement des infrastructures de base comme les autoroutes, ont affirmé, hier au Caire, de hauts responsables africains et onusiens.
S'exprimant lors des travaux de la 7e réunion des ministres africains du Commerce, qui se poursuit aujourd'hui dans la capitale égyptienne, en présence du ministre du Commerce, Said Djellab, les participants ont également souligné l'impératif d'assouplir les procédures relatives à l'activité commerciale entre les pays africains. A cet effet, le Commissaire au commerce et à l'industrie de l'Union africaine (UA), Albert Muchanga, a appelé les pays africains à échanger leur savoir-faire, dans le but de développer leur productivité, et de mettre à profit leur potentiel en ressources humaines.
Pour lui, la ZLECAF contribuera significativement à une réelle transformation locale des ressources naturelles africaines, et la création de chaînes de valeur favorables à la promotion de l'emploi et de richesses.
Pour sa part, le représentant des Communautés économiques régionales africaines a mis l'accent sur l'importance de la formation, pour permettre l'émergence d'une génération de main d'œuvre qualifiée, à même de lancer une «industrie afro-africaine».
Pour lui, l'autre condition sine qua non pour la concrétisation du projet de cette zone est le développement des chaînes de logistique, en priorisant le transport aérien et ferroviaire.
Il a, dans ce contexte, appelé les Etats africains n'ayant pas encore signé l'accord de mise en œuvre de la ZLECAF à le faire dans les plus brefs délais, afin de rendre opérationnel ce futur marché continental, rappelant que 13 pays l'avaient ratifié, contre 22 autres retardataires. De son côté, le représentant de La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a tenu à rassurer les pays africains encore «réticents» vis-à-vis de la ZLECAF, par crainte pour leurs économies «fragiles», en affirmant que ce futur marché commun allait, au contraire, renforcer leur potentiel économique, et contribuer à l'amélioration du niveau de vie de leurs populations. Il a, dans ce sens, suggéré la levée des mesures protectionnistes, susceptibles de freiner la mise en œuvre de cette zone, ou de la rendre impossible, précisant que le démantèlement tarifaire permettrait le renforcement des échanges commerciaux intra-africains. De son côté, la ministre du Commerce de l'Ouganda, Amelia Kymbadde, a affirmé que les gouvernements africains étaient réellement mobilisés pour la concrétisation de la ZLECAF, relevant que de nombreuses actions ont d'ores et déjà été menées dans cet objectif commun.
Dans ce sens, elle a soutenu qu'il était temps pour les Africains, de profiter eux-mêmes et de façon optimale de leurs richesses naturelles, et de subvenir aux besoins vitaux et urgents de leurs peuples, notamment les jeunes.
Dans son intervention, le ministre du Commerce, Said Djellab, a rappelé l'engagement de l'Algérie dans la concrétisation de tout projet, visant la contribution effective dans le développement socio-économique de l'Afrique. Il a aussi soutenu que les intenses réunions des institutions de la ZLECAF, organisées tout au long de l'année 2018, ont permis, certes, de réaliser des avancées considérables, mais, plus important, «de mettre le doigt sur ce qui nous sépare de l'atteinte des résultats escomptés».
Selon le ministre, il incombe à l'ensemble des pays africains de régler les questions restées en suspens, et présentées par les négociateurs. «Il est clair que nous sommes venus participer à cette réunion, animés d'une volonté inébranlable à la mesure de l'intérêt porté par nos Chefs d'Etat et de Gouvernement à nos délibérations et à leurs attentes», a-t-il ajouté, estimant que cela permettait de croire que l'aboutissement de la première phase du long processus des négociations «est à la portée des pays membres». Pour lui, la présence des ministres de l'ensemble des pays membres de l'UA à cette réunion, confirme leur volonté commune d'aller vers le renforcement d'un commerce intra-africain, basé sur la complémentarité, et orienté vers un objectif commun, consistant à réaliser la prospérité et le développement de leurs économies respectives.
Djellab a, par ailleurs, exhorté les délégués membres du Forum de négociation de la ZLECAF, à consentir plus d'efforts pour finaliser les travaux sur les questions en suspens, particulièrement celles ayant trait aux règles d'origine, et ce, compte tenu du fait de leur importance et de leur caractère primordial dans l'établissement de la ZLECAF, favorable à un échange préférentiel des biens et services entre les pays africains.
La 7e réunion des ministres du Commerce de l'UA se tient en marge de la 1re édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF-2018), ouverte mardi dernier au Caire, en présence, notamment, d'une quarantaine d'entreprises algériennes activant dans divers secteurs hors hydrocarbures.


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