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Ring de Koji Suzuki : Retour à la spiritualité
Publié dans Le Temps d'Algérie le 29 - 03 - 2016

Il y a certains livres, pièces de théâtre ou films qui nous font vivre des moments où l'on s'imagine être en Algérie. Le roman Ring de Koji Susuki est de ceux-là.
Ce roman se lit d'une traite et nous fait trépigner d'impatience quant à la suite des méfaits de Yamamura, tant ce personnage fantomatique et démoniaque fascine.
Une véritable enquête journalistique, elliptique, matinée de surnaturel qui privilégie le non-dit et surtout le non-vu, puisque Sadako est à peine décrite sur une vieille photo et pourtant si présente. Telle l'araignée attendant son heure sur un coin de sa toile, elle ourdit son funeste projet du fin fond de son puits décrépit et boueux. Au sein de l'eau croupie, le mal se développe plus aisément.
Dans un Japon en plein essoufflement, le retour à la spiritualité et aux sectes est un aveu flagrant et pathétique d'un pays en quête de repères. N'est-ce pas les échos de la mondialisation qui font feu ? On s'imagine en lisant le livre qu'on est en Algérie : une société où le vide a été érigé en art. Ring, c'est un peu cela. Un monde où l'égoïsme et l'indolence surnagent, sans parler de la misogynie. La vacuité de l'existence et son absurdité ont poussé les personnes à se trouver des raisons de vivre, la peur en est une, la culpabilité ou le sacerdoce aussi. L'auteur va même plus loin lorsqu'il affirme que l'homme a toujours eu besoin de crainte mystique. Le mal est indissociable de son hôte.
Une existence absurde
Passons sur les réflexions épistémologiques, dont le seul but est la démonstration du cheminement d'un homme pris au piège du temps et non le développement d'une véritable thèse cohérente pour parvenir au cœur du problème : la vie, la donner, la vivre, la quitter.
Asakawa se retrouve presque dans une position où il est obligé de vivre en ce sens qu'il se doit de faire des choix. Préférant jusque-là gamberger et ironiser sur le comportement de sa femme, cet être hiératique se retrouve face à lui-même.
L'instinct de conservation ? Pas certain, car sa motivation première est de laisser une trace, partir avec l'impression d'avoir servi à quelque chose.
Il envisage d'emblée sa mort comme certaine, et son enquête comme un moyen de remplir ses dernières journées.
L'ironie de l'écrivain qui le renvoie à la fin de son sursis à l'endroit même où il a visionné les cruelles images la première fois n'a d'égale que celle avec laquelle il le place Ryuji en position d'observer «les derniers instants de l'espèce humaine»…
La préciosité des contacts et des rapports, notamment homme-femme (avec Maï Takano) en dit long sur le degré d'étouffement et d'entrave des individus. Qu'est-ce qui dicte nos choix ? Qui influence ces hommes au moment de violer une jeune femme ?
Une image, une vidéo enregistrée par hasard aux lieu et place d'un feuilleton populaire. Le libre-arbitre n'est-il qu'illusion, manipulé qu'il est par des instances supérieures ?
Le seul véritable raisonnement que fera Asakawa le conduira en toute connaissance de cause à déclencher l'épidémie.
La race humaine va péricliter. En cela, est-il plus égoïste que Sadako, raillée, difforme, contaminée et violée, qui, de sa tour de prescience, souhaitait un enfant ? Et cet égoïsme soigneusement dissimulé derrière des idéaux altruistes, n'est-il pas ce qui nous permet de préserver notre intégrité physique, de poursuivre une existence absurde ?


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