Décès de Saïd Amara: Djerad présente ses condoléances à la famille du défunt    Constantine: saisie de 90 000 comprimés psychotropes    COUPURES DE L'ALIMENTATION EN EAU POTABLE : Le DG de l'ADE s'explique    Djerad accuse des parties qui chercheraient à provoquer la « Fitna »    AID EL ADHA : Plus de 10 000 commerçants non mobilisés ont assuré la permanence    Louisa Hanoune évoque son emprisonnement    TRAITEMENT CONTRE LA COVID-19 : Le ministre de la santé Benbouzid apporte des précisions    Covid-19: 507 nouveaux cas, 482 guérisons et 8 décès    Boumerdès: fin de confinement pour 236 algériens rapatriés de Russie    Raids israéliens sur Ghaza: le Hamas dénonce une "escalade et une agression"    M'hamed Benredouane enterré au cimetière de Bouzaréah à Alger    FEUX DE FORETS : 8800 Hectares ravagés en 2 mois    MOSTAGANEM : Les citoyens appelés au respect des horaires de dépôt des ordures ménagères    La chaîne "El Maarifa" désormais diffusée sur Nilesat    Trump provoque un tollé politique en évoquant un possible report de la présidentielle    6 personnes tuées dans l'explosion d'un engin artisanal    Louisa    Aubameyang offre la Cup et l'Europe à Arsenal    L'opposition prépare une deuxième motion de défiance contre Ghannouchi    Alger surprise par la liste de l'UE    L'hommage unanime du métier    À fleur de peau de Meriem Mesraoua au Festival du film de Venise    La fille des Aurès    Fin de cavale pour le secrétaire particulier de Gaïd Salah    Le combat douteux du syndicat    18 civils tués dans une attaque de Boko Haram    Le Soudan affirme agir pour que Washington le retire de la "liste noire"    Ankara a acheminé plus de 17 000 mercenaires syriens en Libye    Talaie El-Houriat réclame des réformes structurelles profondes    L'épreuve de l'été    Décès de l'ancien président de la FAF, Saïd Amara    Trois candidats en compétition    "Le 4e art est le produit de luttes engagées"    Une palette azurée pour effacer le gris du confinement    Moustakbel Oued Sly accède en ligue 2 : Le club engagé dans la voie du professionnalisme    Abbès Morsli, Président du CSA/USMBA : «La saison 2020-2021 s'annonce difficile»    MO Béjaïa : Les dirigeants face à un avenir difficile    Festival international du film de Moscou : Hamid Benamra s'affiche avec Time life    Décès de l'écrivain Daho Tabti : C'était un clairvoyant    Centenaire de l'écrivain Mohammed Dib : Le dictionnaire amoureux de la Finlande    Sidi Bel Abbès: Le nouveau chef de sûreté de wilaya installé    Crise financière: Une question d'argent !    CHEQUES ET LIQUIDITES    Nucléarisation rampante    Tlemcen: 25 individus devant la justice, après une tentative d'agression    El Tarf: Les bureaux de poste toujours sans liquidités    Mesurer les distances à l'œil nu    Cinq terroristes éliminés et un autre arrêté en juillet    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





RING ou le retour à la spiritualité
Roman
Publié dans Le Temps d'Algérie le 11 - 05 - 2009

Il y a certains livres, pièces de théâtre ou films qui nous font vivre des moments où l'on s'imagine qu'on est en Algérie. Le roman Ring de Koji Susiki est parmi ceux-là. Paru en 1991 au Japon, voici ce premier germe du mythe, de l'infection vient d'être édité en France, directement en poche.
Les 300 pages du roman se lisent d'une traite – écriture moyenne, mais «diablement» fluide dans tous les sens du terme – et nous font trépigner d'impatience quant à la suite des méfaits de Yamamura, tant ce personnage fantomatique et démoniaque fascine.
Une véritable enquête journalistique, elliptique, matinée de surnaturel qui privilégie le non-dit et surtout le non-vu, puisque Sadako (1) est à peine décrite sur une vieille photo et pourtant si présente. Telle l'araignée attendant son heure sur un coin de sa toile, elle ourdie son funeste projet du fin fond de son puits décrépit et boueux. Au sein de l'eau croupie, le mal se développe plus aisément.
Dans un Japon en plein essoufflement, le retour à la spiritualité et aux sectes est un aveu flagrant et pathétique d'un pays en quête de repères. N'est-ce pas les échos de la mondialisation qui font feu ? On s'imagine en lisant le livre qu'on est en Algérie : une société où le vide a été érigé en art. Ring, c'est un peu cela.
Un monde où l'égoïsme et l'indolence surnagent, sans parler de la misogynie. Où le corps et l'être ne sont plus envisagés d'un point de vue ontologique mais comme de simples incubateurs pour satisfaire l'orgueil et la colère d'un être hermaphrodite, supérieur puisque complet. La vacuité de l'existence et son absurdité ont poussé les personnes à se trouver des raisons de vivre, la peur en est une, la culpabilité ou le sacerdoce aussi.
L'auteur va même plus loin, lorsqu'il affirme que l'homme a toujours eu besoin de crainte mystique – par rapport aux éléments extérieurs dans la vision shintoïste. Une nature qui abhorre la normalité et qui d'une manière ou d'une autre finit toujours par surpasser l'homme (éruption volcanique, variole, sida). Le mal est indissociable de son hôte.
Cheminement d'un homme pris au piège du temps
Passons sur les réflexions épistémologiques, dont le seul but est la démonstration du cheminement d'un homme pris au piège du temps et non le développement d'une véritable thèse cohérente, pour parvenir au cœur du problème : la vie, la donner, la vivre, la quitter. Asakawa se retrouve presque dans une position où il est obligé de vivre en ce sens qu'il doit faire des choix. Préférant jusque-là gamberger et ironiser sur le comportement de sa femme, cet être hiératique se retrouve face à lui-même.
L'instinct de conservation ? Pas certain, car sa motivation première est de laisser une trace, partir avec l'impression d'avoir servi à quelque chose. Il envisage d'emblée sa mort comme certaine, et son enquête comme un moyen de remplir ses dernières journées. L'ironie de l'écrivain qui le renvoie à la fin de son sursis à l'endroit même où il a visionné les cruelles images la première fois n'a d'égale que celle avec laquelle il place Ryuji en position d'observer «les derniers instants de l'espèce humaine»…
La préciosité des contacts et des rapports, notamment homme-femme (avec Maï Takano) en dit long sur le degré d'étouffement et d'entrave des individus.
Qu'est-ce qui dicte nos choix ? Qui influence ces hommes au moment de violer une jeune femme ? Une image, une vidéo enregistrée par hasard en lieu et place d'un feuilleton populaire. Le libre-arbitre n'est-il qu'illusion, manipulé qu'il est par des instances supérieures ? Le seul véritable raisonnement que fera Asakawa le conduira en toute connaissance de cause à déclencher l'épidémie.
La race humaine va péricliter. En cela est-il plus égoïste que Sadako, raillée, difforme, contaminée et violée de sa tour de prescience souhaitait un enfant ? Et cet égoïsme soigneusement dissimulé derrières des idéaux altruistes n'est-il pas ce qui nous permet de préserver notre intégrité physique, de poursuivre une existence absurde.
Par Belkacem Rouache
(1) Sadako Sasaki, fillette japonaise née le 7 janvier 1943 et morte le 25 octobre 1955 à l'âge de 12 ans d'une leucémie due à la bombe atomique d'Hiroshima. Elle est devenue depuis avec la grue en papier un symbole de la paix.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.