D'une sensibilité à fleur de peau, Hanifa Hanchi Hamouche taquine souvent la muse. Dans ses bras, elle se réconforte pour conter sa douleur et le désarroi d'un monde violent et inhumain. Altruiste et pondérée, prônant la paix, l'égalité et la liberté, la poétesse émérite ne se lasse pas de dénoncer tout ce qui la dérange. Elle interpelle pour un monde meilleur et des lendemains enchanteurs. Ses odes percutantes sont un baume au cœur. Femme active, elle a participé au concert pour la paix avec les associations Shahrazade, en partenariat avec Safa (association d'échanges culturels et d'amitié) à Macon et à la rencontre culturelle à Cluny en 2016 sous l'égide de la Safa. Dans cet entretien, elle explique sa passion et son lien indéfectible à la poésie. Le Temps d'Algérie : Que représente pour vous la poésie ? Hanifa Hanchi Hamouche : La poésie est ma meilleure façon de m'exprimer, de dire mes émotions, sentiments, appréhensions, espoir et désespoir. En fait, je vois la poésie, que j'appelle dévotement Dame Muse, ou Dame Poésie, comme une amie qui sait me tenir compagnie dans les bons (très rarement car me sachant dans la félicité), mais surtout durs moments de la vie. Elle est l'âme de mon âme, la musique berceuse qui sait apaiser mes tourments et me redonner espoir. A quand remontent vos prémices pour la poésie ? Mes prémices avec la poésie remontent à l'adolescence, à savoir à l'âge de treize ans. Votre poésie est engagée, revendicatrice de l'identité et des droits de l'Homme... Tout à fait. Ma pensée, avant ma poésie, est revendicative, engagée, rebelle, libérée, depuis l'âge où j'ai appris à voir avec des yeux d'adulte tout se qui se passe autour de moi en premier lieu, mais aussi partout où l'Humain est spolié de ses droits, maltraité et humilié dans sa dignité d'être humain. Ma poésie s'exprime, se manifeste en ces moments précis où les droits sont bafoués, car le cœur pleure intérieurement. Selon votre expérience, quels sont les ingrédients pour de belles odes ? La sensibilité, les émotions et le verbe sont-ils suffisants ? Les ingrédients pour de belles odes? Tout simplement être soi-même, s'exprimer avec nos mots, les laisser vagabonder, mais surtout ne pas essayer de faire comme l'autre, qui n'est, génétiquement parlant, pas comme nous. Quitte à faire de la poésie en prose, pourquoi pas ? Mais à mon humble avis, le verbe tout seul ne peut nous apporter les émotions et frissons de la poésie. Votre opinion sur le fait que la poésie est boudée par les éditeurs ? Je ne sais à quel rythme s'édite la poésie chez nous. Mais je sais qu'elle a de plus en plus d'adeptes. Les gens, (y compris moi) s'identifient, se retrouvent dans certaines poésies. Alors, ils recherchent les poésies qui conviennent à leurs états d'âme...Mais, tout le problème réside là : la Poésie Vraie, celle qui émeut, elle s'exprime à l'état brut, tandis que l'autre poésie n'a pas d'âme, ne nous émeut pas, car elle a été composée de façon très technique, comme un peintre qui recolle des morceaux et présente à son public une œuvre qui n'est pas de lui, ne reflète ni sa personne ni son image... Pensez-vous à l'écriture d'un roman ? L'écriture de romans n'est pas encore dans mes projets, même si l'idée m'a longtemps effleurée... Après ce recueil de poèmes, pensez-vous en faire un autre ou changer de registre littéraire ? J'ai à mon actif encore pas mal de poésies qui n'attendent que d'être partagées avec les mélomanes du verbe. Mais je ne pense pas éditer de la poésie pour le moment. Par contre, j'ai de belles nouvelles qui n'attendent que le moment de sortir de leur tiroir aux oubliettes, et une collection de néo-contes, intitulée Trois P'tits Contes et puis s'en vont... qui seront sur le marché, si tout se passe bien pour mon éditrice, vers la fin de l'année.