Battue par la Tunisie en demi-finale de la 27e édition de la Coupe d'Afrique des nations de handball, l'Algérie a vécu une nouvelle désillusion face à son voisin de l'Est. Une défaite amère (33-24), qui prolonge une série noire de douze ans sans victoire face aux Aigles de Carthage. Mais au-delà du revers, l'essentiel est acquis : les Verts décrochent leur qualification pour le prochain Championnat du monde. Ce n'était pas une rencontre comme les autres. Algérie-Tunisie, c'est une rivalité sportive ancienne, riche de 24 confrontations, dont six à ce stade de la compétition. Et une constante inquiétante pour les Verts : douze années sans battre la Tunisie. Cette demi-finale n'aura malheureusement pas inversé la tendance. Pourtant, l'espoir était bien présent dans les rangs algériens. Le début de match se voulait rassurant, avec une entame volontaire et engagée. «Tenez bon, vous démarrez fort», semblait murmurer le banc. Mais l'illusion fut de courte durée. Très vite, la dynamique bascule : les trois premiers buts algériens sont effacés par une accélération tunisienne fulgurante. Le tableau électronique change brutalement de couleur. Les Verts sombrent alors dans leurs travers : jeu offensif trop lent, inefficacité criante, multiplication des déchets, tirs hors cadre et penalties manqués. Pendant que le gardien tunisien Mehdi Harbaoui enchaîne les arrêts décisifs, son vis-à-vis algérien Khelifa Ghedhbane assiste, impuissant, aux tremblements répétés de ses filets. En un clin d'œil, le score enfle : 13-5, puis 19-11 à la pause. Le ratage de Benhalima pour l'espoir Au retour des vestiaires, malgré une légère baisse de régime tunisienne, l'Algérie peine à réduire l'écart. L'espoir renaît toutefois à la 45e minute : sur une feinte de passe, Nouri Benhalima se retrouve seul face au gardien. Mais Harbaoui, dans un grand jour, remporte une nouvelle fois son duel. Le tournant du match est là. Au lieu de revenir à quatre longueurs, les Verts replongent à neuf buts de retard. La suite n'est qu'une gestion maîtrisée des Tunisiens, qui imposent leur rythme, font circuler le ballon avec aisance et s'appuient sur un gardien infranchissable. Score final : 33-24, une défaite qui rappelle douloureusement celle du Mondial 2025 (30-25). La Tunisie rejoint ainsi l'Egypte, victorieuse plus tôt du Cap-Vert (32-26), pour une finale très attendue entre Aigles de Carthage et Pharaons. L'essentiel est ailleurs Si la déception est immense, l'Algérie peut néanmoins se consoler avec l'essentiel : la qualification pour le Championnat du monde est assurée. Un objectif majeur atteint, qui ne doit toutefois pas masquer les lacunes persistantes. Cette défaite sonne aussi comme un appel clair à la Fédération : relancer la mécanique de la formation, renforcer le recrutement, investir dans les moyens humains et techniques. Autant de conditions indispensables pour permettre à l'Algérie de retrouver son rang et d'assurer des participations plus ambitieuses sur la scène internationale. La qualification est là. Reste désormais à bâtir l'avenir. Salah Bouchekriou : «Quand il s'agit de l'Algérie, on ne peut pas dire non» Avant le départ de la sélection nationale vers le Rwanda, où se tiendra le Championnat d'Afrique des nations de handball 2026, le sélectionneur national Salah Bouchekriou s'est exprimé auprès de nos confrères pour évoquer son retour inattendu à la tête des Verts ainsi que les ambitions de l'équipe. «Pour ne rien vous cacher, je ne devais même pas être en poste en ce moment. Il était question de faire appel à un technicien étranger. Comme vous le savez, j'avais déclaré que je ne reviendrais plus en sélection», a-t-il confié d'emblée. Cependant, le président de la Fédération algérienne de handball, un proche du technicien, a su le convaincre de reprendre les rênes de l'équipe nationale. «Quand il s'agit de l'Algérie, on ne peut pas dire non. C'est un devoir national», a souligné Bouchekriou, successeur de Farouk Dehili. Abordant la compétition continentale à venir, le sélectionneur a expliqué que l'équipe nationale a entamé un programme de préparation conséquent en prévision de la Coupe d'Afrique, prévue dans moins de trois mois. «Nous avons profité de cette date IHF pour réunir l'ensemble des joueurs susceptibles de défendre les couleurs nationales au Rwanda. Il s'agit de la première trêve internationale depuis le mois d'avril dernier», a-t-il précisé. Sur les 21 joueurs convoqués, huit découvrent pour la première fois la sélection nationale. «Ce sont de jeunes éléments à qui nous devons expliquer notre philosophie de jeu et ce que nous attendons d'eux. On ne peut pas les jeter directement dans le bain», a-t-il ajouté. Concernant les objectifs, Salah Bouchekriou reste prudent mais ambitieux : «Tout peut se passer dans cette compétition. Pour notre part, nous allons évidemment jouer pour le podium. L'Algérie a un statut à défendre». Il rappelle également la forte concurrence sur le continent africain : «Avec l'Egypte, qui a atteint une dimension mondiale, et la Tunisie, nous faisons partie des géants africains. Derrière, des équipes comme l'Angola ou le Cap-Vert ont énormément progressé et sont capables de bousculer la hiérarchie».