La wilaya d'Alger s'apprête, prochainement, à remplacer plusieurs centaines de palmiers ayant subi des dégradations au niveau de la rocade sud Dar El Beïda-Zéralda. De source proche de la tutelle, les dégradations, dues aux intempéries mais aussi au manque d'entretien, ont touché un millier de palmiers de l'espèce Washingtonia, originaire de Californie. Au-delà du prix déjà exorbitant, 8 millions de centimes l'unité, l'on se demande du coup si le choix d'implanter ces arbres pour ornementer l'autoroute a fait l'objet d'une étude préalable. Si oui, pourquoi leur détérioration s'est-elle amplifiée en un temps record ? Lancée durant l'ère de l'ancien wali Addou, l'opération de garnir la rocade ne tardera pas à donner les mauvaises surprises. Qu'on en juge : quelques mois à peine après les avoir plantés, les services concernés se sont rendu compte que bon nombre de palmiers ont rendu l'âme. Du moins pour ceux de l'avenue de l'ALN. Cette voie d'accès au centre de la capitale et longeant le front de mer a perdu des centaines de ces arbres. L'humidité de la Méditerranée y est-elle pour quelque chose ? On l'aurait su avant de les mettre en terre. Nos agronomes sont assez bien placés pour cela. Pourtant, certains d'entre eux n'hésitent pas à mettre en cause le déroulement de l'opération de transfert des palmiers ramenés de Biskra et d'El Oued, sans respecter le facteur climatique. Le choc, disent-ils, s'est produit lorsque ces palmiers ont été exposés au climat méditerranéen alors qu'ils ont vécu dans un sol aride et un climat saharien sec. Une hypothèse vite remise en question par d'autres experts prouvant que des palmiers de cette espèce ont effectué le déplacement dans les années 1960 et plantés dans à Alger résistant depuis cinq décennies à toutes les changements climatiques. Ce que confirme, d'ailleurs, un spécialiste en citant les exemples de pays tempérés où ces arbres défient les intempéries les plus violentes. Les régions de PACA et le sud de la France avec Cannes et sa Croisette, le sud de l'Espagne, sans oublier l'Afrique du Nord et d'autres pays de la Méditerranée, sont là pour en témoigner. Quoi qu'il en soit, il faut savoir que le marché du palmier est florissant puisque le prix unitaire est passé, grâce à l'intérêt qu'on lui porte, de 20 000 DA à 80 000 actuellement. Le montant de l'opération à mener dans peu de temps s'élève à la bagatelle de 8 milliards de centimes. Mais quand on aime la capitale rien n'est cher, même en période de dèche. Pourvu que ces palmiers tiennent bien racine et ne perdent pas leurs feuilles.