L'écrivaine camerounaise Marie-Julie Nguetse D'un abord convivial et amical, Marie-Julie Nguetse évoque son aventure avec l'écriture et son nouveau livre, Je porterai le voile pour toi, qui est le huitieme. Ses romans les plus récents sont : D'amour et de flèches, et Arc-en-ciel, lequel a été traduit en langue arabe en Arabie saoudite par la sultane Aïcha.
Réaliste et pondérée, cette doctorante de français à l'université de Douala, mère de six enfants, évoque l'Afrique dans ses diverses dimensions, culturelles, cultuelles, sociales et politiques avec cet humour suave qui la caractérise. Dynamique et révoltée, elle a conscience que la panacée à l'édition dans cet immense continent africain est la collaboration et la coédition entre pays africains en abandonnant cette vision européocentriste. Dans cet entretien, Marie-Julie de l'ethnie Bamiléké concède à l'unité de l'Afrique une place prépondérante quelles que soient les spécificités qui ne sont pas antinomiques. Le Temps d'Algérie : Peut-on connaître la thématique de votre nouveau roman, Je porterai le voile pour toi ? Marie-Julie Nguetse : C'est le huitième roman qui jette un pont entre les cultures sahéliennes et sub-sahariennes. Il lève le voile sur le mythe du Maghreb tel que nous l'ont décrit les médias occidentaux, présentant la Maghreb comme une zone coupée et éloignée du Sud à cause de la religion islamique. Et pourtant, il y a une seule Afrique, et l'Afrique subsaharienne n'a pas besoin de passer par l'Occident pour connaître le Maghreb. Il pose le problème de l'unité africaine au niveau de la littérature puisque les politiques suivent la littérature. Votre avis sur la littérature algérienne ? Au départ, la thématique portait sur la Guerre de libération nationale, et les auteurs écrivent sur les problèmes actuels portant sur la colonisation qui se perpétue à travers d'autres formes. Je pense aussi sur la libération de la femme. C'est, d'ailleurs, le même problème en Afrique subsaharienne où la femme est plus libérée. Chez nous, cela bouillonne et il y a des chances que cela se soulèvera. J'aborde dans ce livre une histoire d'amour qui est l'agréable qui accompagne l'utile dans ce roman. Est-ce que son niveau est appréciable ? La littérature algérienne est avancée car l'Etat s'implique. Par exemple, au salon du livre au Mali, il y a une forte représentation algérienne. Or, nos Etats, notamment à Yaoundé, au second salon du livre, ne savent pas si nous sommes impliqués. D'ailleurs, nous ne sommes qu'à la seconde édition. On souhaiterait copier l'exemple de l'Algérie que nous saluons pour la promotion de l'espace panafricain même si cette année, il est excentré, donc, moins présent. Vous concédez une place importante à l'amour dans vos romans ? Il y a lieu de dire que le roman est un lieu de guerre, de déchirement et on doit trouver quelque chose pour nous calmer. En Afrique, la religion quelle qu'elle soit semble moins obnubilée et occupée par le quotidien des gens ? En Afrique, on va à la religion par volonté et non par obligation, car celle-ci n'est pas une religion d'Etat. Il y a la laïcité qui se retrouve dans tous les Etats et les écoles.
Quels sont vos projets d'écriture ? Le projet qui me tenait à cœur est ce roman Pour toi je porterai le voile afin qu'il soit près pour la 22e édition du Sila. Je rends hommage à l'Algérie qui a participé dans mon éclosion d'écrivaine sur le plan international. J'ai un autre projet plus important qui évoque la survie du livre dans un contexte camerounais africain où le livre meurt à petit feu. J'écris une collection de romans De Saf, c'est une série d'histoires dont D'amour et de flèches, qui est adaptée à l'écran. J'ai sorti La deuxième saison que l'on a diffusé à l'espace Panaf mais vu les coûts excessifs, les auteurs n'ont pas les moyens de l'adapter en film avec des partenaires du monde cinématographique.