Dans l'histoire de la Coupe du monde, l'Espagne n'est pas loin d'être l'équipe s'appuyant le plus sur l'ossature d'un seul club. Mais les Espagnols n'ont rien inventé, comme vous allez pouvoir le constater. Contre le Paraguay en quarts du Mondial 2010, l'Espagne a aligné sept joueurs du Barça (Gerard Piqué, Carles Puyol, Andrés Iniesta, Xavi, Sergio Busquets, David Villa et Pedro) pendant neuf minutes. Rebolote face à l'Allemagne mais cette fois dès le coup d'envoi. Et à chaque fois, avec la réussite que l'on connait. Des précédents multiples Mais les rois du tiki-taka n'ont rien inventé. En 1966, l'Uruguay alignait déjà sept joueurs du Penarol face à l'Angleterre. En 1990, les Egyptiens ont fait confiance à sept représentants d'Al Ahly face à l'Irlande pendant 61 minutes. Contre cette même Irlande, l'Italie a répété le schéma 4 ans plus tard aux USA avec 7 joueurs du Milan - Alessandro Costacurta, Paolo Maldini, Franco Baresi, Mauro Tassotti, Demetrio Albertini, Roberto Donadoni et Daniele Massaro -, qui ont joué toute la deuxième mi-temps avec un succès 1-0. Mais certaines équipes sont allées encore plus loin dans l'homogénéité. En 1970, face au Mexique, l'Uruguay a aligné 8 joueurs de Nacional ! 16 ans plus tard, c'est l'URSS qui s'y est essayé avec 8 joueurs du grand Dynamo Kiev de l'époque. Presque 9 d'ailleurs, car Igor Belanov a été remplacé deux minutes avant l'entrée de son collègue au Dynamo Vadym Yevtushenko. L'Espagne peut battre un record En finale, l'Espagne peut réaliser une performance inédite. Aligner 7 joueurs d'un seul club soit 1 de plus que l'Allemagne de 1974. A l'époque, Sepp Maier, Paul Breitner, Hans-Georg Schwarzenbeck, Franz Beckenbauer, Gerd Müller et Uli Hoeness portaient tous le fanion du Bayern Munich sous les couleurs de la Nationalmannschaft. L'Italie avait opté pour la même manoeuvre en 1982 (Dino Zoff, Antonio Cabrini, Claudio Gentile, Gaetano Scirea, Marco Tardelli et Paolo Rossi, les turinois de la Juve). Ces années là, ces deux nations avaient remporté le trophée suprême. L'Espagne sait donc ce qui lui reste à faire… Mais attention, car si aligner des joueurs issus du même club présente des garanties évidentes au niveau de la cohésion notamment (l'Italie version 2010, dépourvue d'un club-locomotive dans son championnat, en sait quelque chose) les mauvaises surprises peuvent aussi être de sortie. En 1986, l'URSS de Lobanovsky alignait pléthore de joueurs du Dynamo Kiev, club coaché par… Lobanovsky. De quoi attiser la polémique, d'autant que le succès du club n'a jamais pu être converti sur la scéne internationale. Plus tard, Lobanovsky déclarera que le Dynamo jouait un football trop «intellectuel» pour les joutes mondiales. A méditer par Vicente Del Bosque.