La scène politique bruit depuis quelques jours, par médias interposés, de déclarations elliptiques, d'oracles et de rumeurs. A tout seigneur tout honneur, le FLN arrive en tête, avec une série d'informations, parfois contradictoires, sur un énième redressement en cours dans les rangs du vieux parti. L'opération de renouvellement des instances locales, émaillée de violence, a attiré l'attention sur une formation qui, décidément, ne laisse jamais indifférent. M. Belkhadem affirme avec détachement que l'agitation, purement médiatique, est le fait de responsables qui ont été mis à l'écart par les voies organiques. Ses contradicteurs, des caciques par excellence il est vrai, rétorquent que le mouvement est plus profond et relève d'intentions nobles. Ce frémissement, jugé comme signe de bonne santé par certains, et d'agitation d'apparatchiks attachés à leurs privilèges par d'autres, n'en est pas moins révélateur d'un vrai malaise au sein de la maison FLN, un malaise qui se révèle, d'une manière cyclique, à chaque échéance électorale ou congrès. Et si, vu de l'extérieur, personne ne peut objecter à Belkhadem d'avoir joué la carte jeune, il reste que les habitudes sont tenaces et les pratiques immanentes au sein de l'appareil du parti, un parti qui reste attractif car il offre encore des perspectives «d'emploi», c'est-à-dire des postes à des générations qui n'ont connu d'autre carrière que celle offerte par le premier parti d'Algérie. Et à propos de partis, c'est encore Belkhadem qui a ouvert un autre front en appelant à la révision de la situation de certaines formations qui n'existent que par la grâce de la loi sur les partis. Pour Belkhadem, ces partis satisfont à quelques articles de cette loi, et se résument à un sigle et une adresse. Au même moment, le parti de Saïd Sadi évoque une recomposition du système qui serait en cours. Tout en restant mystérieux, il prédit que cette recomposition se matérialisera dans quelques mois. Dans un autre registre, mais avec une analyse quasi-identique, le parti de M. Aït Ahmed, par la voix de Karim Tabbou, estime que la situation politique est bloquée et que cela est porteur de dangers. Enfin, dans une sortie remarquée, Sid Ahmed Ghozali s'étale sur le bilan de son parcours politique, et livre, sur un ton certes désabusé, des conclusions rarement connues sur le système politique algérien. Dans cette revue hebdomadaire de l'actualité politique, la note positive est dans cette liberté de ton qui contribue au débat contradictoire et à la confrontation des idées. Mais, pour reprendre Belkhadem, ce frémissement reste purement médiatique et émarge encore dans la tenace tradition du microcosme politique. L'Algérien, inquiet encore de la scolarité de ses enfants et des affres de la vie quotidienne, est encore loin de cette ritournelle, dont la seule caractéristique nouvelle est le nombre de cheveux blancs de ses auteurs entre l'une ou l'autre intervention. Pour le reste, les heurs et malheurs du plus grand parti national, l'équipe algérienne de football, est encore le feuilleton le plus passionnant.