Après un début de saison explosif, alors que les nombreux spécialistes de Ligue 1 lui prédisaient la relégation assurée, le FC Sochaux, avec une équipe de «gamins» du club, tous issus du centre de formation, épaulés par trois ou quatre joueurs d'expérience, commence à rentrer dans les rangs. Les Lionceaux de Francis Gillot, à qui tout réussissait en début de saison, en pratiquant un football chatoyant, à une touche de balle, un jeu tout en technique, déroulé par des jeunes joueurs ambitieux et qui semblaient imperméables à toute la pression qui les entourait, a donné à croire à certains supporters, qui se sont vite «enflammés», que le FC Sochaux Montbéliard pouvait être Européen, voir champion de France. Pourtant, les coéquipiers du jeune duo Marvin Martin-Ryad Boudebouz, au vu de leur jeunesse et du curriculum vitae des joueurs qui composent le groupe professionnel, font un début de saison honnête, puisqu'avec 4 victoires, 1 nul, 5 défaites dont 1 à domicile, ils sont classés onzième du championnat de France avec 13 points, à seulement 6 points du leader Rennes. Mais certains supporters et certaines personnes de l'entourage du club doubiste préfèrent voir le verre à moitié vide, plutôt que de le voir à moitié plein et commencent à grincer des dents. Au lieu de retenir les victoires nettes et sans bavure face à Nice, au Paris Saint Germain et surtout plus récemment face à Lens, ils préfèrent ne retenir que les deux dernières défaites face à Montpellier, au stade de la Mosson et à domicile, samedi dernier face à Toulouse. Pour ces mécontents, ces deux défaites sont des humiliations suprêmes, puisque les joueurs sochaliens ont laissé passer les matches parce qu'ils avaient pris la grosse tête. Du côté des râleurs on a même eu droit au fameux : «Des milliardaires pourris gâtés qui ne mouillent pas le maillot etc.» Cible principal de ces «pseudo putschistes», le meneur de jeu du club, l'Algérien Ryad Boudebouz, qui cristallise sur son nom le mécontentement de certains Sochaliens. Un acharnement qui est bien sûr contre-productif, puisqu'en s'attaquant à la sérénité des joueurs, ils obtiendront le contraire de ce qu'il veulent puisqu'un footballeur, pour être performant, doit être bien dans sa tête et dans son environnement. Cette mini crise, prenant, telle une tempête dans un verre d'eau, des proportions inquiétantes, a obligé l'entraîneur sochalien, Francis Gillot, à monter au créneau dans les colonnes du journal L'Equipe, pour répondre à ses détracteurs en général et défendre Ryad Boudebouz, en particulier. Gillot a, entre autres, déclaré : «L'entourage des joueurs, le public, la presse... Si certains ont pris la grosse tête, on va faire en sorte qu'elle dégonfle, (…)». « Ryad a joué la Coupe du monde et il n'a eu que deux semaines de vacances. Qu'il soit moins bien en ce moment, c'est normal. A son poste, je n'ai pas meilleur que lui. Alors, dès que j'ai des blessés ou des mecs en méforme, on le paye cash. Contre Montpellier et Toulouse, on a eu trois occasions en tout ! Et puis, en ce moment, je ne peux pas compter sur Davies, Sverkos ou Carlao. Si ça continue, il faudra peut-être penser à prendre quelqu'un.» Il suffisait juste que les coéquipiers de Ryad Boudebouz gagnent ou fassent un bon résultat au stade Gerland, face à l'Olympique lyonnais, samedi, pour que tout le monde se remette à crier : «Allez Sochaux», et que les mutins regagnent leur caserne, pardon leur tribune.