Entamé il y a deux semaines, le procès de 23 proches de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et de son épouse Leïla Trabelsi, impliqués dans l'affaire dite de «l'aéroport de Tunis-Carthage», a de nouveau été reporté mardi au 10 août, à la demande de la défense. La quasi-totalité des prévenus – dont 17 comparaissaient en état d'arrestation devant le tribunal de première instance de Tunis, trois en liberté et trois en fuite (Leïla Trabelsi, Moez Trabelsi et Sakher Matri, gendre du couple présidentiel) – sont accusés de tentative de fuite, possession illégale de devises étrangères et trafic de bijoux. Les avocats chargés de la défense ont demandé le report du procès «en raison de la non-complémentarité des dossiers», a précisé Me Mohamed Fayçal Ben Jaâfar à l'Associated press. La libération provisoire qu'ils ont sollicitée en faveur de plusieurs de leurs clients a été cependant rejetée. L'ancien chef de la sécurité présidentielle, Ali Sériati, qui compte parmi les prévenus, est quant à lui accusé de fabrication de faux passeports, peu avant la fuite du président déchu, et de trafic de devises, des accusations qu'il a niées lors de son précédent interrogatoire. Ali Sériati est poursuivi dans d'autres affaires plus lourdes relevant de la justice militaire qui portent sur le complot contre la sûreté de l'Etat et l'incitation au désordre. Certaines versions rapportées par les médias lui attribuent l'intention d'avoir envisagé de prendre le pouvoir. Son avocat Abada Kéfi a réfuté ces versions, prévoyant «des surprises» lors des prochains procès, une fois l'instruction achevée. En attendant, les 23 personnes jugées dans l'affaire de «l'aéroport» encourent entre six mois et cinq ans d'emprisonnement et de lourdes amendes, selon une source judiciaire.