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Le maître repose entre deux frênes
Une foule immense a accompagné hier Chérif Kheddam à sa dernière demeure
Publié dans Le Temps d'Algérie le 28 - 01 - 2012

Arrivée mercredi soir, vers 18h, à l'aéroport international Houari-Boumediène d'Alger, la dépouille du grand Chérif Kheddam, maître incontesté et monstre sacré de la musique algérienne, en général, et kabyle en particulier, à laquelle il a consacré plus de cinquante ans de sa vie.
Décédé à Paris lundi dernier, il a été accueillie par des dizaines de personnes ainsi que des représentants du gouvernement, dont la ministre de la Culture, Khalida Toumi, Tayeb Louh, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, le wali de Tizi Ouzou Abdelkader Bouazghi, et plusieurs artistes, à l'image de Kamal Hamadi. La ministre de la Culture n'a pas omis de rappeler le passé militant de Chérif Kheddam dans son rôle au sein de la Fédération de France en collectant des fonds à Paris pour la Révolution.
Déferlante humaine sur Ath Boumessaoud
C'est une véritable déferlante humaine qui a été enregistrée sur le village natal du défunt, Ath Boumessaoud, dans la commune d'Imsouhal, daïra d'Iferhounène, 60 km à l'est de Tizi Ouzou. Des milliers d'anonymes venus de tous les coins de la wilaya de Tizi Ouzou, d'Alger, de Boumerdès, de Béjaïa, de Bouira...
qui ont quelque part fredonné, ne serait-ce qu'en leur fort intérieur, quelques mélodies de ce maestro, des artistes comme le célèbre luthiste Allaoua, Akli Yahiatène, Medjahed Hamid, Belkhir Mohand Akli, Moh Ouali Hakem, Ahcène Abassi, le cinéaste Abdelmalek Bouguermouh, la mère de Matoub Lounès,
fortement ovationnée, des officiels dont le wali de Tizi Ouzou, le P/APW, des députés, Abdelmadjid Sidi Saïd, SG de l'UGTA, les autorités locales, etc. sont donc venus au village de Chérif Kheddam, qui s'est transformé en une sorte de lieu de pèlerinage et surtout de recueillement à la mémoire de cet artiste atypique qui a marqué et marquera éternellement de son empreinte notre culture ancestrale.
Ils étaient donc plusieurs milliers à converger vers le village natal du célèbre compositeur.
Sur la route qui mène au village, des gendarmes et des policiers ont été déployés pour assurer la sécurité. Que l'on vienne du côté d'Iferhounène et par Boubhir, des véhicules sont garés des deux côtés de la chaussée sur plusieurs kilomètres.
Cette route déroule ses lacets depuis les plaines d'Imsouhal et monte jusqu'au col qui abrite le village. Le lieu révèle un fascinant paysage de sommets chaotiques : le col d'Azrou N'thor et le Djurdjura barrent la vue vers le sud, c'est là que chiner Kheddam est né un certain 1er janvier de l'an 1927.
Au milieu du village, l'implacable lumière du jour blanchit le ciel. Au fil des heures, le recueillement se poursuit. On jette un dernier regard au maître. Sa dépouille est exposée au niveau du siège de l'association culturelle qui porte son nom et dont le siège est situé à côté de la mosquée du village. A côté, on a accroché un gigantesque portrait de l'artiste.
Sur ce portrait ! on pouvait lire ces mots simples mais chargés de sens : «chiner Kheddam, un géant, une légende». A quelques pas se trouve sa maison natale, une maison à l'architecture kabyle, bien entretenue. C'est que cette demeure a été transformée en un petit musée. A l'intérieur, vous pouvez toucher à des objets personnels ayant appartenu à l'artiste, voir des photos qui relatent, telles des témoins, différentes tranches de la vie de ce compositeur émérite.
La cérémonie de recueillement et l'enterrement préparés minutieusement par quatre villages
La cérémonie de recueillement et l'enterrement ont été préparés minutieusement par quatre villages. Outre Ath Boumessaoud, il s'agit des villages Kerrouche, Tizi Guefres et Ouatas. Bien que des efforts colossaux aient été consentis, ils étaient des centaines, pour ne pas dire des milliers, à ne pas pouvoir jeter un dernier regard sur le défunt.
Les éléments de la Protection civile ont trouvé toutes les peines du monde à faire sortir le cercueil drapé de l'emblème national et se frayer un chemin parmi la foule compacte qui s'est amassée devant le siège de l'association Chérif Kheddam, de la placette du village en allant vers la maison de l'artiste et le petit cimetière aux ruelles étroites bordées de sapins. Un petit cimetière avec des tombes anciennes juste à côté d'un pâté de maisons, comme pour dire que les vivants côtoient toujours les morts.
A l'heure de la mise en terre, vers 13h30, il a été observé une minute de silence avec une salve de youyous. Ses funérailles étaient à la hauteur de son talent, de son génie et plus simplement de lui-même. Adieu l'artiste.


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