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«Il n'y a rien d'étonnant dans les déclarations d'Hillary Clinton à l'égard de l'Algérie»
Louiza Driss Aït Hamadouche, politologue et universitaire :
Publié dans Le Temps d'Algérie le 26 - 02 - 2012

La politologue Louiza Driss Aït Hamadouche, maître de conférences à la faculté des sciences politiques et relations internationales d'Alger, a accepté de nous donner son point de vue sur la courte visite effectuée par la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, à Alger samedi dernier.
Le Temps d'Algérie : Que peut-on retenir de la visite effectuée par la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton à Alger ? Y a-t-il de nouvelles perspectives pour la coopération bilatérale ?
Louiza Driss Aït Hamadouche : Sur le plan formel, il y a des points assez notables à relever quant à cette visite, appelant à des lectures et à des analyses. D'abord, il faut s'interroger sur la nature de ce déplacement. S'agit-il d'une visite ou d'une escale puisque sa durée a été très courte par rapport à celle effectuée en Tunisie et au Maroc.
Deuxièmement, la secrétaire d'Etat américaine a entamé sa visite en Algérie par une rencontre informelle et non officielle avec des représentants de la société civile avant de tenir une réunion par la suite avec des responsables politiques algériens. Je me pose personnellement une question à ce sujet : ne s'agit-il pas d'un message qu'elle veut envoyer au gouvernement algérien, celui de dire que les Etats-Unis d'Amérique sont bien décidés à favoriser l'émergence des acteurs non gouvernementaux, acteurs de la société civile ?
'est aussi un message très clair au sujet des prochaines élections législatives. Sur le plan des attentes de l'Algérie concernant cette visite, je suis assez circonspecte dans la mesure où la secrétaire d'Etat américaine n'a pas fait de déclarations importantes à l'égard de l'Algérie et des réformes.
Elle a offert plutôt son expertise par rapport aux prochaines élections pour qu'elles soient organisées de façon transparente. Elle veut pousser l'Algérie à organiser des élections meilleures que celles organisées au Maroc et en Tunisie.
Mais il faut souligner que les élections organisées en Tunisie étaient plus un changement de régime. Quant au Maroc, on ne sait pas encore s'il y a eu un réel changement. Nous sommes toujours dans un système de monarchie.
Il se trouve qu'aux Etats-Unis, les réformes marocaines sont considérées aujourd'hui comme un véritable symbole. Si l'Algérie attendait de cette visite une plus-value politique, personnellement, je n'ai pas le sentiment que l'objectif ait été atteint. Je ne vois aucun signe qui présage d'une évolution dans un avenir proche de la coopération algéro-américaine au-delà de celle réalisée dans le domaine sécuritaire et du renseignement.
Que pensez-vous de la réunion informelle tenue à huis clos au siège de l'ambassade américaine à Alger ? La secrétaire d'Etat américaine a réuni des diplômés des écoles et universités américaines. Estimez-vous que ces personnes sont représentatives de la société civile algérienne ?
Par définition, la société civile est représentative de plusieurs secteurs et divers horizons, notamment politiques, culturels, syndicalistes, économiques…
Or, parmi les noms que vous avez cités, je constate que ce sont des personnes ciblées spécialisées dans les multimédias et les nouvelles technologies. Et cela n'est pas un hasard du tout étant donné que, depuis l'éclatement des révoltes dans certains pays arabes, les réseaux sociaux ont joué un rôle très important dans la mobilisation des manifestants. Or, en Algérie, les représentants de la société civile sont plus larges et plus diversifiés que ceux conviés par l'ambassade américaine.
Comment analysez-vous les «conseils» donnés par la secrétaire d'Etat américaine à l'Algérie, notamment en ce qui concerne l'encouragement du secteur privé, de la société civile et de la bonne gouvernance ?
Ce sont en réalité des reproches adressés à l'Algérie. La société civile algérienne connaît encore des difficultés en termes d'organisation, d'efficacité, voire une absence sur le terrain. Cela est dû à plusieurs raisons dont certaines engagent la responsabilité des autorités publiques. On reproche encore à l'Algérie de ne pas laisser les associations activer librement. Certains acteurs estiment d'ailleurs que la nouvelle loi sur les associations n'est pas encourageante et restrictive sur les libertés collectives.
Certains acteurs, et non des moindres, disent aussi que l'Algérie demeure le seul pays de la région à entreprendre, sans le soutien extérieur, l'ouverture démocratique et associative, il y a de cela plus de 20 ans.
L'Algérie était, effectivement, leader en matière de démocratie par rapport aux pays arabes. C'était vraiment une fierté pour les Algériens. Mais aujourd'hui, nous accusons encore un retard et des lacunes. C'est là un défi majeur à relever pour consacrer la démocratie dans notre pays.
S'agissant de la situation du secteur privé, des études de centres de recherche nationaux et internationaux évoquent une réelle progression, surtout en matière de création d'emplois. Dans beaucoup de domaines, le secteur privé est prospère. Cela étant, par rapport aux pays voisins, Tunisie et Maroc, le secteur public continue à jouer un rôle très important en Algérie. Ce qui est à mon avis tout à fait normal.
L'Algérie dispose d'une rente pétrolière et d'un secteur des hydrocarbures éminemment public. Cette rente est distribuée à une très large échelle et permet à l'Etat algérien de créer de l'emploi, d'augmenter les salaires et d'avoir un secteur public, certes extrêmement lourd, sans contrepartie productive. Au Maroc ou en Tunisie, les autorités publiques n'ont pas les moyens financiers de créer de l'emploi sans contrepartie productive. Il ne faut pas oublier que le secteur public est traditionnellement important en Algérie. Nous avons hérité d'une économie dirigée jusqu'à la fin des années 1990.
Les «conseils» donnés par Hillary Clinton à l'Algérie relèvent-ils, d'après vous, d'une forme d'ingérence dans les affaires internes ?
Je ne pense pas que ces conseils relèvent d'une ingérence, sinon les autorités algériennes auraient réagi sans tarder. A ma connaissance, il n'y a rien de tel.
Si les autorités américaines s'expriment sur les élections législatives ou le développement de notre pays, il n'y a rien d'étonnant. Il serait un peu illusoire aujourd'hui de croire qu'on peut parler et dénoncer une ingérence comme cela se produisait durant les années 1970. Le concept de souveraineté nationale absolue n'est plus d'actualité.
L'Algérie devra accueillir prochainement des observateurs étrangers dans le cadre des prochaines législatives. C'est bien là une preuve que notre pays accepte un regard extérieur sur un événement politique interne comme celui des élections législatives.


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