Pour retenir les gens, la presse avait inventé le feuilleton d´aventures. Le lecteur tenu en haleine par les péripéties rocambolesques du héros est fidélisé malgré lui au journal, à l´hebdomadaire ou à la revue. La télévision a repris ce juteux créneau et a introduit de plus en plus dans les foyers des films à épisodes. C´est d´abord un scénario avec une intrigue qui évolue au fur et à mesure: un très, très long métrage en quelque sorte. Puis il y a eu les séries: ce sont des histoires indépendantes les unes des autres mais portées toujours par les mêmes personnages qui deviennent au fil du temps familiers aux téléspectateurs car ils gardent toujours les mêmes caractères, les mêmes tics. Ils font presque partie de la famille. Tous les pays producteurs se sont attachés à fournir à leurs citoyens ces séries qui attirent selon leur genre des gens de tout âge. Ainsi, des histoires plantées toujours dans le même décor avec toujours les mêmes personnages, attirent le public et rendent la communication plus facile pour une télévision attirée par le marché de la pub. C´est évidemment les Américains qui sont placés largement en tête du peloton de ce genre de production qui offre aux téléspectateur toutes les facettes de la société américaine, tous les paysages, de l´Atlantique au Pacifique, des Rocheuses au Texas... Il y a inévitablement les séries qui ont pour cadre le sauvage décor de l´Ouest avec le shérif, les colons, les Indiens, les inévitable conflits entre chercheurs d´or et Peaux-rouges, entre éleveurs et cultivateurs. Il y a les implacables chasseurs de primes. Toutes ces histoires sont relayées par le même personnage et ses inséparables accessoires (cheval, fusil...) Les plus célèbres d´entre elles furent Bonanza et la Petite maison dans la prairie, qu´une chaîne française programme depuis plus de 10 ans et toujours avec le même succès car une génération fait place à une autre. D´autres séries comme les Incorruptibles ont pour cadre le Chicago de la prohibition pendant que d´autres illustrent les aventures de certains détectives nés dans la littérature (Marlow). D´autres se déroulent dans le milieu de la presse (les Règles du jeu), d´autres dans les milieux d´affaires (Dallas). Certaines séries ressuscitent la vie des années 50 (Happy days), d´autres la dure vie des prisonniers dans les camps allemands (Colditz, production anglaise). Cette version sera adoucie par l´inénarrable Papa Schultz où on veut démontrer que tous les nazis ne sont pas des salauds. On sent la volonté de réconciliation avec l´Allemagne. D´autres séries narrent les luttes intestines dans les riches familles américaines (Dynasty) ou les interminables histoires d´amour de Santa Barbara ou des Feux de l´amour qui font rêver les midinettes.