Il faut vraiment faire preuve d´un optimisme béat (comme on disait au temps de Ben Bella) pour croire à la simple création d´une association pour améliorer une situation qui va sans cesse, en se dégradant de plus en plus. Et c´est de cette région qui bouge et qui veut vivre, vivre mieux, au lieu de survivre, que nous vient cette nouvelle surprenante de la création d´une association de défense des consommateurs. Je ne sais pas si dans la ville des Genêts, on a entendu parler du destin des associations qui naissent et vivent le destin des roses, l´espace d´un matin avant de sombrer dans l´oubli le plus complet. Il faut se reporter à l´atmosphère qui prévalait à l´époque de la promulgation de cette loi de 1901 qui allait permettre à une nation industrialisée en pleine expansion coloniale et engagée dans une irréversible campagne de laïcisation d´une société afin de lui permettre de surmonter les diverses contradictions qui allaient naître de cette dynamique évolution. L´indépendance et le centralisme démocratique du parti unique allaient mettre sous le boisseau toutes les préoccupations socioculturelles auxquelles des despotes éclairés prétendaient trouver une solution. Avec l´avènement du pluralisme et de la liberté d´expression, des centaines d´associations sont nées pour défendre les intérêts de couches, de fragments de cette société. L´environnement, la femme, la langue arabe (elle-même oui, même si elle se défend bien toute seule!). Le septième art (lui, il en a bien besoin)... les journalistes.... Après des années d´activité, seules les associations féminines et des victimes du terrorisme ont fait des vagues et obtenu, soit des résultats soit des réactions encourageantes de la part des organisations nationales et internationales. Les autres ont des activités en serpent de mer ou ont duré comme des feux de paille ou ressurgissent à l´occasion des élections nationales... Donc, il faut faire preuve de beaucoup de courage, d´optimisme ou de naïveté pour prétendre défendre le droit du consommateur dans une économie où le commerce informel fleurit, où personne ne se porte garant de la continuité de la chaîne du froid, où les services publics ferment leur porte aux nez des abonnés présents... Ne serait-il pas plus sage de commencer à défendre les travailleurs d´abord et, ensuite et les vivants?