Tous les pays ou presque, ont tous leurs cimetières militaires où s´alignent des tombes de soldats morts sur divers fronts. Presque tous les pays ont la tombe de leur soldat inconnu, sacrifié pour la cause suprême de la survie de la nation. Mais la plupart de ces tombes abritent les restes de jeunes gens morts pour des causes dont on réévalue, à mesure que le temps passe, l´importance. Il y a des guerres qui font sourire, d´autres qui font serrer les dents tant la bêtise humaine apparaît dans son incommensurable laideur et d´autres enfin qui allument la flamme patriotique qui veille dans le coeur de tout citoyen conscient d´appartenir à une communauté cohérente. Le 31 mai est le Jour des morts aux USA, c´est l´occasion pour les acteurs politiques d´afficher leur patriotisme en allant fleurir les tombes des soldats morts pour la patrie de serrer les mains des survivants, d´embrasser les mères, les veuves ou les orphelins. C´est aussi, une autre occasion de saluer la bannière étoilée, le poing sur le coeur et la lèvre inférieure tremblante d´une émotion qui n´est pas toujours feinte. La campagne électorale qui couve aux Etats-Unis, est un facteur déterminant qui va peser dans les comportements des candidats et de leurs supporters. C´est d´un pas martial que le président Georges W.Bush s´est rendu au cimetière d´Arlington où reposent les «héros» des diverses guerres menées par l´impérialisme américain sur le sol américain même et un par partout dans le monde. Les visages sont sérieux, fermés et la solennité de l´instant n´empêche pas de réfléchir sur la nécessité de certaines guerres qui ont été menées par l´establishment américain, mais réprouvées par l´opinion publique. C´est cette désolation qui se lit sur tous les visages des gens qui ont accompagné John Kerry, le rival de Bush à la présidentielle, vétéran de la guerre au Viêtnam. Une profonde tristesse se lisait sur tous les visages sur l´inutilité d´une guerre qui a occasionné d´infinies souffrances à un peuple qui a connu trente-quatre années de guerre continue et qui a profondément causé tant de blessures aux familles américaines qui ne manquent pas de battre le rappel des survivants des guerres injustes pour s´opposer à l´envoi d´autres potentielles victimes vers des fronts lointains et incertains. Hier encore, des soldats ont avoué souffrir encore dans leur âme et dans leur chair de la première guerre du Golfe: ils dénoncent le syndrome irakien. Ceux qui sont morts au-dessus de Cuba ou dans la Baie des Cochons ou au Liban sont passés sous silence. Il y a des morts qu´il faut qu´on tue une seconde fois. Seuls les survivants de la Seconde Guerre mondiale, ont défilé hilares, avec sur le visage le soleil qu´ils ont dans le coeur: c´est le sentiment du devoir accompli quand la cause défendue est juste.