Un véritable obstacle à l´édification de l´Union du Maghreb Les pays du Maghreb ne peuvent pas devenir une force régionale si les conflits persistent. Le projet de Constitution marocaine n´est pas du goût de Mohamed Saïd, président du Parti de la liberté et de la justice. Non qu´il souhaite s´immiscer dans les affaires intérieures du Royaume, mais il s´inquiète surtout des visées expansionnistes du monarque. Il indique que le projet, soumis à référendum le 1er juillet contient, en matière de politique étrangère, un article qui concerne l´Algérie. Il explique que l´article 42 consacre la persistance du régime royal dans sa politique expansionniste. L´article visé reconduit ce qui est consigné dans la Constitution de 1966, à savoir que le roi est garant de l´indépendance du Royaume et de son intégrité territoriale dans ses frontières authentiques. La Rasd inquiète des conséquences des réformes au Maroc Le président sahraoui et secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a mis en garde, dans un message adressé au Secrétaire général des Nations unies, contre les «conséquences» de l´inclusion des territoires occupés du Sahara occidental dans le référendum sur la réforme constitutionnelle au Maroc. «Le Sahara occidental n´est pas un territoire marocain», a rappelé le président sahraoui précisant qu´il est répertorié par les Nations unies comme un territoire non-autonome en attente de décolonisation depuis plus de 40 ans. Dans une contribution adressée à la rédaction, Mohamed Saïd en arrive à conclure que la monarchie demeure attachée à la logique médiévale de l´allégeance puisqu´«elle étouffe dans ses frontières internationales reconnues». Après le constat, vient l´interrogation. «Comment peut-elle (la monarchie) concilier cet étouffement avec l´engagement qualifié dans le préambule d´option stratégique, à oeuvrer à la construction de l´Union maghrébine composée d´Etats aux frontières conventionnelles connues et reconnues dans le monde?» Il est clair, aux yeux de Mohamed Saïd, que l´option prise par le roi est une menace pour la sécurité régionale. Le fait de maintenir l´expression «frontières authentiques» est de nature à exacerber la crise de confiance dans la région «en confirmant les doutes quant à la sincérité des intentions du régime marocain au sein de l´Union du Maghreb arabe», poursuit le responsable du parti. Il y voit même un obstacle supplémentaire sur la voie de l´édification de cet ensemble qui prive les peuples d´une chance de rencontre et de coopération pour faire face aux défis communs du développement et de construction d´Etats modernes respectueux des droits de l´homme. Les relations de voisinage et les droits de l´homme sont des principes qui continueront à être altérés par cette sortie du Royaume avec la complicité des Européens. Mohamed Saïd trouve regrettable que les pays occidentaux, qui se disent, selon lui, investis d´une mission de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, aient cautionné «cette dérive marocaine». Dans quel but? Une telle attitude serait dictée par le souci de «torpiller toute démarche unitaire sérieuse pour empêcher l´UMA d´avoir un poids économique et politique capable d´en faire un partenaire efficace dans ses relations avec les autres groupements régionaux», selon l´interprétation de Mohamed Saïd. Toute cette affaire est l´occasion pour ce responsable de revenir sur d´autres faits d´actualité. L´attitude du Royaume, est-il jugé, s´oppose à la légitimité internationale qui ne connaît d´exemple, selon lui, «qu´Israël comme entité sans frontière fixe et définie en attendant qu´il se dote d´une base territoriale allant du Nil à l´Euphrate». L´impasse faite sur le problème du Sahara occidental est aussi présente dans cette contribution. «Par quel miracle peut-on, dans une telle situation, construire un espace politique et économique intégré quand un des membres de cette Union nourrit toujours le complexe d´expansionnisme et persiste à faire de son occupation militaire du Sahara occidental une option irréversible sans tenir compte de l´avis de ses habitants?» s´interroge-t-il. En plus, il invite les Marocains à se pencher sur l´avenir des enclaves de Ceuta et Melilla.