Amara Benyounès semble avoir bien affûté ses armes contre les partis islamistes «Nous n'allons pas revivre ce que l'on a subi pendant les années 1990.» «Si la solution est l'Islam, pourquoi donc créer 10 partis islamistes si ce n'est le pouvoir qu'ils recherchent tous?» s'est interrogé le leader du Mouvement populaire algérien, Amara Benyounès qui a animé hier un rassemblement populaire à Oran dans lequel il est longuement revenu sur la situation politique qui prévaut ces derniers jours sur la scène nationale tout en s'en prenant violemment aux partis islamistes. En s'attaquant aux islamistes là où il passe, Amara Benyounès ne fait pas dans la langue de bois. Son discours est direct tandis que son seul souci est de réduire en miettes et neutraliser ce qui reste des débris des mouvements islamistes qui vivent ces dernières années au rythme des dissensions, des divisions et divergences constatées au sein des mouvements islamistes. Amara Benyounès semble avoir bien affûté ses armes contre les partis islamistes en les tançant à chacune des escales qu'il observe à l'occasion de la campagne electorale. Il ira droit au but dans sa réprobation de l'exploitation de la religion à des fins politiciennes. «Non à la politisation de la religion», a-t-il tonné hier à Oran. Et de hausser le ton en déclarant: «Nous n'allons pas revivre ce que l'on a subi pendant les années 1990.» Le secrétaire général du MPA lutte contre le courant islamiste, et ce en le critiquant à la moindre occasion. A Oran, tout comme ailleurs, Amara Benyounès a tenu le même discours. Sauf que hier, il a toutefois agrémenté son speech de quelques grains d'indulgence affichée vis-à-vis des terroristes qui ont déposé les armes et abandonné les maquis terroristes en se repentant mais pas n'importe quels repentis. Il s'agit, selon Amara Benyounès «de ces gens qui ont été induits en erreur». «Ceux-là, nous leur souhaitons 1000 bienvenues», a-t-il lancé du haut de la tribune de la salle de cinéma Colysée situé en plein centre-ville d'Oran. Et d'ajouter: «Je suis pour la paix et la réconciliation nationale.» Amara Benyounès défend un seul idéal: défendre l'islam algérien et pas autre chose. «Je suis contre ceux qui veulent importer l'Islam de l'Arabie Saoudite ou celui du Qatar», a-t-il affirmé. Son combat et celui de son parti visent la modernisation, le progrès et la démocratie sans aucune ingérence étrangère. Cette réflexion a donné un appétit boulimique au leader du Mouvement populaire algérien pour ouvrir un autre front de bataille à travers lequel il a, tout en réprouvant le printemps arabe, sévèrement tancé le Qatar. «Nous n'avons aucun printemps, notre printemps, qui a commencé à Tizi Ouzou dans les années 1980 jusque à celui des années 1990 en passant par octobre 1988, est algérien tandis que l'Arabie Saoudite n'a pas à nous donner des leçons de démocratie», a-t-il martelé. Sur ce chapitre bien précis, Amara Benyounès semble avoir bien fait la part des choses et ses conclusions ont été tirées en décortiquant les conditions et les circonstances qui ont précédé et ponctué le déclenchement des révoltes arabes. «Le peuple tunisien s'est soulevé contre le régime de Ben Ali, celui de l'Egypte en a fait de même contre Moubarak, mais chez nous ce n'est pas pareil étant donné que l'Algérie de Bouteflika n'est pas l'Egypte de Moubarak ni la Tunisie de Ben Ali, tandis que le cas de la Libye est exceptionnel», a-t-il affirmé avant d'ajouter que «Mouamar El Gueddafi a été tué par Obama et Sarkozy».