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Extinction de l'incendie
BÂTONNAT D'ALGER
Publié dans L'Expression le 29 - 01 - 2015

Hier, les avocats s'étaient donnés rendez-vous sur les escaliers de la cour en signe de protestation contre tout ce qui est arrivé aux avocats
Le fameux grave incident de jeudi dernier n'est plus qu'un mauvais souvenir. Les avocats protestent sans aller à la grève!
Le feuilleton de la colère des avocats d'Alger en est à sa septième journée. Alors que les observateurs les plus avertis avaient cru que l'incident par ailleurs rejeté par les robes noires était clos après que les premières mesures apaisantes aient été prises en haut lieu, l'officier dont les avocats veulent la «tête» (rien que cela!) a été prié de rester à l'ombre dans un premier temps jusqu'à l'issue de l'enquête diligentée par le procureur général dont le seul sang-froid a permis d'éteindre le début d'incendie de jeudi dernier au siège de la cour d'Alger, sise au Ruisseau.
Hier, les avocats s'étaient donnés rendez-vous sur les escaliers de la cour en signe de protestation contre tout ce qui est arrivé aux avocats.
Ils étaient environ trois cent quarante! Les jeunes étaient très nombreux. Ils étaient plus nombreux que la vieille garde encadrée par les membres du conseil de l'Ordre qui avaient remarqué le dispositif policier discret mis en place en vue d'éviter des dérapages.
Dans les salles d'audience, Amar Benkharchi, Mohammed Regad, les présidents des première et septième chambres ainsi que ceux de la «criminelle» étaient en train de liquider des dossiers et ce, en l'absence des avocats dont les mandants ont demandé un renvoi car en appel la présence de l'avocat est souhaitée, voire obligatoire, selon la loi. La loi! Ya Allah! Que ne fait-on pas de crocs-en-jambe souvent au nom de la loi?
Les retardataires venus en force protesteront contre cette «timide» protestation.
«Il faut plus que cela!» rugit maître Tahar Khiar au bord de la révolte.
«Protester contre quoi et contre qui?» articule maître Mostefa Bouchachi, un chaud partisan du respect du droit de la défense et avant tout un fervent supporter de la démocratie. La vraie. Pas celle de façade!» ajoute l'avocat d'Alger pas toujours tolérant dans ces cas d'atteinte au droit de la défense.
Dans la salle des pas perdus
Les avocats d'Alger grognent. Ils sont même en colère. Pour la majorité, le vase est plein. Il se plaignent de tout et de tous.
Le dernier incident en date remonte à jeudi dernier où une véritable émeute entre une soixantaine d'avocats en pleine ire et autant de policiers la plupart venus accompagner des détenus de la criminelle et des chambres correctionnelles de Lemnouar Bengharifa, de Abdenour Amrani et de Ghadar, ces deux vieux routiers de la magistrature.
Et l'incident né entre un avocat aguerri et un officier de police visiblement dépassé lorsqu'il a en face quelqu'un qui élève la voix...
Heureusement que ce jeudi, le bâtonnier Silini était là, il a su ramener le calme par sa haute vision car il a estimé que cette fois, les magistrats n'y sont pour rien. «Ce n'est pas systématique comme incident» ajouta-t-il.
Hier, au siège du bâtonnat, le bâtonnier Abdelmadjid Silini a tenu une conférence de presse car la grogne a voulu que la grève soit décrétée par ceux des avocats qui ne veulent plus être malmenés, humiliés, agacés, suspectés.
Avant l'ouverture de la conférence de presse, des jeunes sont venus exposer de graves dérives vécues dans les cinq juridictions d'Alger:
«Nous en avons marre des rappels à l'ordre de certains juges du siège qui nous pressent de faire court durant nos plaidoiries!» murmure un avocat de Hassiba Ben Bouali.
«Je ne veux plus pour ma part assister à un juge excité qui malmène les prévenus, les inculpés ou les accusés. Oui, nos justiciables ne connaissent pas les us et coutumes de la justice mais tout de même» siffle une jeune avocate de Kouba.
Un avocat dont le conjoint est magistrate dans une cour voisine estime que seul le dialogue peut remettre les parties en confiance. Il se félicite d'avoir un Silini comme bâtonnier, lui qui a été un brillant magistrat, il y a plus de trente ans et donc qui sait ce qu'être avocat et magistrat signifie. «Honnêtement, si le constat de la crise vécue par les défenseurs et les juges persiste, c'est par la faute d'absence de lieu permettant un bon rapprochement d'où la nécessité d'un dialogue qui rapporte du bien.»
Une autre avocate d'Alger-Centre est révoltée par la méthode utilisée par certaines juridictions au moment de la tenue des audiences.
«Que signifie cette pratique de voir un adjoint du procureur se balader d'une salle à une autre avec un air 'stalinien'' comme pour provoquer 'qui''?» C'est quoi ça? S'offusque la belle avocate qui veut crier sa douleur lorsqu'elle se rappelle la fameuse maxime du ministre de la Justice, garde des Sceaux qui avait clairement articulé depuis son arrivée, «qu'il n'y a pas de Justice forte sans défense forte!».
A ces protestations sur le comportement, sont venues s'ajouter celles relatives au mauvais comportement de policiers victimes d'instructions émanant de l'on ne sait d'où.
Il y a aussi les remarques d'avocats étranglés par l'incompétence de nombreux juges d'instruction qui donnent la nette impression de se débarrasser de dossiers souvent simples, en direction des juges de la première instance et c'est la catastrophe!
Il y a cependant des avocats en colère par solidarité, car en ce qui les concerne, ils n'ont pas relevé de «séquences-révoltantes».
Maître Abdelaziz Djedaâ, le doyen des avocats après le regretté maître Zertal disparu la semaine dernière après plus d'un demi-siècle de rudes batailles judiciaires, veut pour sa part que chaque institution ait le respect qui lui est dû: «Ce n'est pas après quarante ans de port de robes noires... que je vais m'amuser à participer à une mêlée contre la police ou encore à un affrontement verbal avec des magistrats. Non, je regrette mais les gens doivent se mettre en tête que l'avocat est un partenaire utile à la bonne marche de la Justice!» Souriante malgré un regard gris, Maître Fatiha Azzaz, l'avocate de Bab El Oued, s'appuie sur ses consoeurs Maître Nassima Aïd de Chéraga et Maître Akila Teldja-Drif pour s'élever avec force contre les idées et les actes rétrogrades qui défigurent la magistrature. «Personne ne vient dans une juridiction s'amuser ou se bagarrer. Un défenseur qui se trimballe dans une juridiction est sur place pour un dossier à traiter!» lance l'avocate brune qui salue au passage la sagesse et le sang-froid du bâtonnier lequel a su mesurer à sa juste valeur le geste des confrères qui n'attendent qu'un mot du Conseil de l'Ordre actuellement en réunion de crise, pour démontrer encore une fois que le bâtonnat d'Alger est à l'avant-garde des «National», Maître Zine El Abidine Arhab, Maître Abderahim, Maître Mohammed Djediat, Maître Chérif Akhlef et le bouillonnant Maître Habib Benhadj sont O.K. autour des mesures que prendra le bâtonnat histoire de mettre «out» les nombreux actes néfastes commis par ceux en face qui sont censés venir mettre la main à la «pâte» et non pourrir cette même...pâte.
Maître Mokrane Aït Larbi, lui, reste confiné dans sa position d'un opposant confirmé, affirme que le problème n'est pas seulement celui des actes de provocations: «Depuis le temps que les confrères proposent des trucs sensés, beaucoup d'eau a coulé sous les portes et noyé les chaussées sur lesquelles marchent les magistrats, les avocats, les services de sécurité et autres auxiliaires de justice, c'est d'abord un problème de démocratie, de liberté, c'est tout» ajoute-t-il avec un large et très beau sourire qui illumine son minois, celui d'un défenseur sympathique.
Maître Saddek Chaïb bouillonnait. Le bâtonnier Ablaoui à cinq mètres de maître Chaoui, joue au pompier. Il clame: «Devant l'attitude des responsables de la cour, nous avons choisi la protestation plutôt que la grève. Elle ne sert personne. Nous avons dit clairement que cette situation ne doit pas se répéter. Les avocats ne sont pas au-dessus des lois mais méritent le respect là où leur mission les pousse à y aller.» L'ancien bâtonnier est égal à lui-même surtout qu'en son temps, le dialogue avait été le maître mot, Maître Samir Agounezraâ est très solidaire.
Le speetch de Silini
Très calmement, Maître Fetta Sadat, la charmante animatrice du bâtonnat, ne va pas par quatre chemins: «C'est là le résultat du piétinement des libertés individuelles et collectives émanant d'un pouvoir qui reste sourd aux sollicitations de notre peuple resté trop longtemps à l'ombre des décisions!» articule l'avocate de Bab El Oued alors que Maître Abdelkrim Bouderbala voulait savoir exactement ce qui s'est passé jeudi dernier: «La presse n'a pas tout dit car ses représentants étaient dans les salles...» souligne-t-il avant que n'arrive en trombe Maître Aziz Brahimi de Hussein-Dey laissant derrière lui les deux filles de maître Mohsen Amara l'avocat d'El Harrach qui a eu des démêlés avec le bâtonnier et le Conseil de l'Ordre avant d'être un incarcéré, jugé et éloigné du barreau. Le pourvoi a calmé les esprits mais voilà qu'hier les deux jeunes filles de l'avocat interrompent le rassemblement sur les marches des escaliers de la cour par des cris et des reproches: «Notre père a été humilié.» Il a été arrêté chez lui à 22 heures et vous ne vous êtes pas offusqués pour autant.» Les avocats restèrent silencieux, Maître Chérif Abou Zakaria a vraiment tenté de raisonner les deux filles qui arriveront par moments de «parasiter» le speetch de Silini qui étalait sa colère contre les comportements venant de l'extérieur du bâtonnat avec son cortège d'humiliations. Il s'écrie: «Personnellement, j'ai trop pris sur moi. J'ai indiqué plusieurs pressions juste de quoi garder notre dignité.
Nous avons à plusieurs reprises averti contre les dérapages qui déstabilisent l'avocat. Je vous demande de respecter, d'être respectueux, d'avoir un comportement digne de la robe noire, de ne pas perturber l'audience et de pousser le juge du siège à user de la police de l'audience. Il faut que l'avocat soit un... avocat.» Très applaudi, le bâtonnier remercie les confrères et se dirige avec une délégation du Conseil de l'Ordre au 8e étage de la cour pour une séance de travail avec les chefs de cour.


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