Tikoubaouine, groupe de musique targuie du Sud algérien dont le style est imprégné de plusieurs influences traditionnelles et contemporaines, a animé samedi à Alger un concert devant un public nombreux. En présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, le spectacle accueilli à l'Opéra d'Alger Boualem Bessaïh, a drainé un public de fans, venus apprécier et découvrir les sonorités du Grand Sud algérien. Porté par un son de guitare électrique, qui donne sa couleur caractéristique au «blues désert» ou Assouf en targui (nostalgie), le groupe, sous la houlette de Saïd Benkhira, guitariste, chanteur, auteur et compositeur, a agrémenté, deux heures durant, le public d'un répertoire aux sonorités et rythmes sahariens «envoutants». S'affranchissant aisément des conventions du genre avec des touches locales et sonorités occidentales, le groupe a partagé la scène avec des jeunes artistes, révélés notamment par «Alhane Wa Chabab» – émission télévisée dédiée à la découverte de jeunes talents de la chanson. Nour El Houda Ghanoumate et Aimad Gnawa, entre autres, sont montés sur scène pour reprendre avec Tikoubaouine plusieurs chansons du groupe, qui a chanté également avec le groupe algérois El-Dey la chanson «Riwaya». Brillamment rendue en groupe, la chanson «Ligh Ezzamen», grand succès du groupe tiré de son premier album « Dirhane » (2016), aura été un des moments les plus émouvants de la soirée, devant un public debout qui a repris en chœur le titre. Rencontré à l'issue du spectacle, Saïd Benkhira, membre du groupe, a fait part de sa joie de retrouver ses fans à l'Opéra d'Alger après trois ans. «L'Opéra est une scène unique qui nous procure énergie et enthousiasme pour assurer des spectacles de longue durée», a-t-il confié. Avec trois albums à son actif, le groupe Tikoubaouine, formé en 2013, s'est rendu célèbre grâce à «Ligh Ezzamen», une des chansons de son premier album «Dirhane» paru en 2016, qui a obtenu un écho significatif auprès du public algérien et étranger.