L'inauguration du complexe minier de Gara Djebilet par le président de la République Abdelmadjid Tebboune n'est pas un simple événement économique. C'est un acte politique fort, à la croisée des enjeux africains, méditerranéens et souverains, qui rappelle une évidence trop souvent oubliée : les nations sérieuses ne bradent pas leurs richesses, elles les construisent. Sur le plan africain, l'Algérie affirme une vision claire : exploiter ses ressources pour produire, transformer et créer de la valeur sur son sol. Gara Djebilet n'est pas pensé comme un trou dans le désert destiné à enrichir d'autres capitales, mais comme un pilier d'industrialisation et un levier d'intégration régionale. Dans un continent longtemps réduit au rôle de fournisseur brut, ce choix relève presque de l'insolence stratégique. Dans l'espace méditerranéen, le message est tout aussi limpide. L'Algérie entend être un partenaire, pas un supplétif ; un acteur, pas un sous-traitant éternel. Face à une Europe en quête fébrile de matières premières et de sécurisation industrielle, Gara Djebilet place l'Algérie en position de négocier, et non de quémander. Et surtout, il faut le dire sans détour — avec un sourire ironique mais une mémoire longue : l'Algérie n'a pas troqué Gara Djebilet contre une « bécane », un chèque rapide ou une promesse creuse, comme l'ont fait d'autres avec leurs terres. Ici, pas de braderie à la sauvette, pas de souveraineté vendue au kilo, pas de contrats signés contre un mirage diplomatique. Le minerai reste algérien, la décision reste algérienne, et l'horizon reste national. Bien sûr, le défi est immense : technologique, logistique, humain et managérial. Mais c'est précisément cela, la différence entre un Etat qui assume son histoire et ceux qui la liquident. Gara Djebilet n'est pas un cadeau tombé du ciel, c'est une responsabilité héritée du sang versé. Car si ce projet voit le jour aujourd'hui, ce n'est pas par hasard. C'est parce que cette terre n'a jamais été offerte, mais arrachée. Et parce que derrière chaque tonne de minerai se tient une mémoire : celle des femmes et des hommes qui ont refusé la soumission et payé le prix ultime pour que l'Algérie décide par elle-même. Gloire à nos Chouhada.Et que Gara Djebilet soit à la hauteur de leur sacrifice : libre, souveraine et au service du peuple algérien.