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Un pardon coupable?
«LE CLIENT» DE ASGHAR FARHADI
Publié dans L'Expression le 22 - 05 - 2016

Juste avant le tomber de rideau, d'une sélection correcte, mais sans aspérités ni facettes éclatantes, voilà que débarque, une valeur sûre, un repêché de dernière minute, l'Iranien Ashghar Farhadi, un bon client (des festivals) et qui propose cette année, un film intitulé... «Le Client». Farhadi avait déjà et avec «A propos d'Elly» (2009), remporté l'Ours d'argent à Berlin, et un Ours d'argent, en 2011, pour «Une Séparation», qui lui valut aussi, en 2012, un Oscar du meilleur film étranger. En 2013, il débarquait sur la Croisette pour présenter «Le Passé», tourné en France, avec Tahar Rahim et Bérénice Béjo, qui décrocha le Prix d'interprétation féminine. Et voilà que cette année, il propose une intrigue tissée habilement, adossée à une mise en scène au cordeau, pour raconter l'histoire de Rana et Emad, un jeune couple d'acteurs qui s'aiment et qui aiment ce qu'ils font, le théâtre et qui sont contraints d'évacuer le vieil immeuble où la troupe crèche pour cause de glissement de terrain. Babak, le régisseur, leur trouve un appartement de «dépannage» qui vient juste de se libérer. Le couple est tout à leur joie, les amoureux pensent enfin avoir trouvé, un nid, où leur futur enfant pourrait voir le jour... Mais voilà qu'un jour le drame arrive, de la manière la plus banale qui soit. Au moment de prendre sa douche, Rana entend sonner, elle appuie sur la touche de l'interphone et du coude ouvre la porte, à son mari revenant des courses. Mais ce n'est pas le mari, Emad, qui se pointe... Sous la douche, l'intrus surprend Rana. Nous restons au seuil de l'action, en hors-champ avec Emad de retour chez lui et voyant la porte ouverte, a un mauvais pressentiment... La suite c'est le trauma de Rana et sa peur chronique de rester seule, de mettre un pied dans la salle de bains. Son refus de porter plainte de crainte de voir la police se retourner contre elle, «coupable de négligence» (décidément les femmes agressées trouvent en face d'elles les mêmes interlocuteurs prompts à voir en la victime une complice potentielle de ce qui lui arrive). Heureusement que cette véritable internationale des défenseurs des pulsions de ce genre d'agresseurs, n'est pas la majorité... Bref, Emad décide alors de faire son enquête, une rage interne le ronge... Il en voudra à Babak de ne pas lui avoir dit que la précédente occupante «recevait» beaucoup de visiteurs chez elle, et que l'un d'entre eux, l'agresseur, était certainement venu rendre visite à cette hôtesse, ignorant sans doute tout du mouvement locatif qui s'était produit...
Emad attirera dans un piège le coupable, dans la maison menacée d'effondrement... Asghar Farhadi, en maître du suspense et des rebondissements (depuis toujours) instillera à doses homéopathiques des informations qui permettront de savoir que la chute de Rana dans la salle de bains, en se cognant la tête contre une vitre a fait voler en éclats et a fait fuir l'intrus, un vieil homme. Il n'y a donc pas eu de viol. Emad fait venir sa femme, Rana et demande à cet individu de faire venir sa femme, qui se trouvait en ville, avec leur fille et leur futur gendre, affairée dans les préparatifs de leur mariage prochain. Rana demande à son mari de laisser partir le vieil homme qui ne cessait de demander pardon, mais Emad n'en démord pas... Et Farhadi abat ses cartes, la thématique patiemment construite apparaît sous nos yeux dans la dernière demi-heure. Emad n'a pas pour seul souci de venger sa femme, ce serait plutôt son «honneur» qu'il estime bafoué qu'il tente de «laver». L'amour de Emad pour Rana, avait la couleur d'un... détergent à usage strictement «masculin»... Foin du traumatisme de Rana, ce ne serait «que» celui d'une femelle, il y aurait plus important, l'honneur du mâle, «l'honneur de la tribu» dirait le regretté Rachid Mimouni... Il y a quelques décennies, Nawal Saâdaoui, devant un parterre estudiantin, à Constantine, posa cette question cardinale: «Si l'honneur de la femme réside dans son hymen, où se trouverait donc, celui de l'homme?»... A Cannes, Ashgar Farhadi déroule la réponse, devant un public captivé...
Avec brio le cinéaste iranien a déconstruit le mécanisme narratif et ça marche. Pourtant, l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous, cette fois... A cause peut-être de cette propension du cinéaste à trop appuyer, trop insister, alors que sa force était dans cette approche «hitchcokienne» faite de nuances et ce qui est dit est suggéré et non pas forcément démontré... On est passé à côté d'une vraie pensée qui se serait posée dans sa profonde dualité: sommes-nous coupables de pardonner, ou capables? Rana en menaçant son compagnon Emad de le quitter s'il venait à mettre à exécution sa menace à l'encontre de cet agresseur, a dessiné les contours d'un quatrième acte (entre elle et lui), mais Farhadi a décidé de terminer là son film. Dommage!


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