Des séances qui coûtent cher aux contribuables Rien que les indemnités du téléphone ont coûté plus de 26 millions de dinars soit un taux de consommation du budget de 88,32%. On l'a qualifié, à juste titre, d'institution budgétivore. L'APN pèse lourd sur le Trésor public. Son budget donne sérieusement le tournis. Selon un rapport qui fait état de la situation budgétaire, établi en date du 14 novembre dernier, la chambre basse a dépensé plus de 5,4 milliards de dinars en une seule année, soit un taux de 70,89% du crédit que lui a alloué l'Etat. Les députés représentent, à eux seuls, la plus grande partie de ce budget. Les dépenses des 462 élus du peuple sont estimées à plus de 3,8 milliards de dinars dont 2,6 milliards accordés au titre d'indemnité, tous types confondus, à savoir frais de transport, de téléphone et d'hébergement ainsi que les charges sociales. Rien que les indemnités du téléphone ont coûté plus de 26 millions de dinars soit un taux de consommation du budget de 88,32%. Une facture salée qui démontre clairement que les députés sont trop bavards. Le personnel administratif se taille également une part avec plus de 4 milliards de dinars comme dépenses. Les dépenses de fonctionnement de l'institution représentent 4,7 milliards de centimes. En tout et pour tout le constat ce fait de lui-même; des dépenses énormes et un résultat qui laisse à désirer. En termes de rendement, les députés sont loin d'être de bons élèves. Ces derniers se contentent de l'adoption des projets de loi soumis par le gouvernement comme principale mission. Le document fait état que le budget consacré aux activités parlementaires entre autres séminaire, colloque conférence et les revues parlementaires a été consommé à hauteur de 9%, représentant ainsi le plus faible taux de consommation du budget. Ce qui démontre clairement que les députés ne font pas preuve assez d'initiatives pour contribuer à l'enrichissement du débat sur les questions de l'heure. Le volet formation n'est pas également bien apprécié. Le document illustre que les dépenses dans ce sens représentent un taux de consommation de 25, 55% du budget. Alors que la plupart des élus du peuple ne sont pas spécialisés dans des domaines précis comme le droit, les finances et le commerce, la formation reste leur dernier souci. «Peu de députés s'intéressent au volet formation», nous confie un fonctionnaire de l'administration parlementaire. Selon lui, des sessions de formations ont été initiées par l'administration parlementaire, mais n'ont pas attiré des foules. L'APN est conçue par certains comme un raccourci pour faire fortune et multiplier leurs contacts avec les responsables et les ministres. Les élus du peuple préfèrent d'ailleurs l'option des questions orales comme seul moyen de contrôle du gouvernement. Les visites sur terrain sont presque réduites et cela sans pour autant parler des fameuses commissions d'enquêtes. Malgré tous les incidents et les événements qui ont défrayé l'actualité nationale durant ces dernière années, aucune commission d'enquête n'a été menée durant la septième législature. Sur ce plan, l'APN se retrouve avec un bilan chétif, voire insignifiant. La dernière commission d'enquête menée date de 2011 sur le prix du sucre et de l'huile. Pourquoi? A qui la faute? Pourtant les moyens financiers ne manquent pas. Certains députés, notamment ceux de l'opposition, accusent l'administration parlementaire d'être derrière le blocage de toute initiative. «Nous avons fait plusieurs propositions de commissions d'enquêtes hélas, aucune proposition n'a abouti», déplore un député du FFS. «Ce ne sont pas les moyens financiers qui manquent, mais plutôt l'accompagnement moral et logistique», témoigne un député du parti majoritaire. S'exprimant sous couvert de l'anonymat, cet élu déplore l'absence d'une volonté politique qui permet de rétablir la crédibilité des institutions, notamment le Parlement. Nul n'ignore que la suppression de l'impôt sur la fortune et le maintien des augmentations contenues dans la loi de finances 2017 vont élargir davantage le fossé entre les députés et les citoyens.