Cette situation influe directement sur la nomination des nouveaux cadres qui, par manque de logements, refusent de rejoindre leurs postes. Le logement d'astreinte ou de fonction est un point noir qui entache la majorité des directions au niveau de la wilaya de Bouira. Même s'il n'est pas cessible, certains cadres inactifs pour maintes raisons continuent à occuper des appartements en espérant un jour voir les pouvoirs publics changer d'avis. Le comble dans l'histoire est que bon nombre de ces indus occupants disposent de logements qu'ils louent. Dans ce registre, il est difficile d'inventorier la totalité des cas. La santé et l'éducation sont les deux secteurs les plus touchés par ce phénomène. Si pour le premier cité, la nouvelle directrice est partie en guerre contre les indus occupants, le directeur de l'éducation de Bouira fait dans le sélectif. La direction met en branle ses relais et s'empresse d'exécuter les ordres d'évacuation contre certains, mais ferme les yeux quand il s'agit d'autres. Le cas d'école est ce qui s'est passé au CEM Edoubaissi, où un surveillant général a été expulsé manu militari alors qu'un inspecteur, propriétaire d'un logement loué, occupe toujours un logement quand l'économe de cet établissement continue à chercher où crécher. Dernièrement, une fonctionnaire de la direction de l'éducation a gracieusement bénéficié du logement réservé à l'économe. Son arrêté signé par le directeur de l'éducation est illégal, puisque cette attribution relève des compétences de la ministre. Précisons, et c'est un détail important, que les logements de cet établissement sont situés hors de l'enceinte éducative donc susceptibles d'être cédés. La direction de l'éducation n'hésite pas à exécuter les décisions de justice contre des retraités qui, dans la majeure partie, n'ont pas où aller. Elle ne bouge pas le petit doigt quand il s'agit d'ex-fonctionnaires responsables. Au lycée polyvalent Houari Boumediene, au lycée Krim Belkacem, au lycée Mira, au lycée Seddik Benyahia...pour ne citer que ces établissements du chef-lieu de la wilaya, les logements sont occupés par des étrangers aux structures. Certains ne travaillent même pas à Bouira, mais à Alger. Cette situation influe directement sur la nomination des nouveaux cadres qui, par manque de logements, refusent de rejoindre et amènent la direction à confier deux, voire trois établissements à un même proviseur. Dans le secteur de la santé, la nouvelle directrice semble plus déterminée que son homologue de l'éducation. La DSP a lancé une opération mise à jour et l'ex-directeur de la santé exerçant actuellement dans une autre wilaya a restitué son logement. Une source proche du dossier fait état d'un médecin installé au Canada, mais qui à ce jour n'a pas restitué les clés de son logement de fonction quand des médecins nouvellement nommés repartent pour cause de logements. Pour les autres secteurs la situation est identique, surtout qu'un ancien wali avait doté pratiquement toutes les administrations de logements pour les chefs de service. Ces affectations ont permis à beaucoup de disposer de deux logements. Une enquête est nécessaire pour sérier les cas qui sont nombreux. Une enquête aussi pour faire la part des choses surtout que jusqu'à maintenant seuls les plus démunis, des retraités malades, ont été expulsés. Si pour les bénéficiaires des logements sociaux, des inspecteurs vérifient l'identité de l'occupant pour chercher ceux qui auraient loué leurs appartements, pour les cadres qui habitent illégalement des logements de fonction on continue à temporiser, à éviter d'en parler, et à espérer un jour une loi qui permettra à tous d'acquérir ce «bonus» au dinar symbolique.