Le premier responsable du secteur du commerce n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour pointer du doigt «les suceurs de sang» à l'origine des récentes pénuries créées «volontairement» pour fructifier leur gains et tirer profit de la peur des Algériens. Kamel Rezig a, en effet, placé son viseur droit sur certains «grossistes et des détaillants», les accusant «d'avoir procédé à des augmentations de prix et au stockage de produits, pour gagner facilement de l'argent sur le dos des citoyens dans un moment où nous attendions la solidarité de toutes les parties durant la conjoncture particulière que traverse le pays». C'est ce qui ressort d'une publication qu'il a postée dans la soirée de mardi dernier sur sa page facebook officielle. Une déclaration qui appuie ce que tout le monde dans le pays sait déjà, concernant les causes à l'origine de la flambée des prix des fruits et légumes qui enflamment les étals des supérettes et celles de nos marchés, depuis l'apparition du coronavirus. Elle apporte également de l'eau au moulin du chef de l'Etat qui a démontré qu'il était au courant de tout ce qui se passe en Algérie. A ce titre, il y a lieu de rappeler que Abdelmadjid Tebboune a dans un discours à la nation, déclaré que nous avons décidé «la lutte et la dénonciation des spéculateurs qui exploitent, sans scrupule, l'état de panique générale pour stocker les produits de base dans le but de susciter une pénurie et augmenter les prix». Le président de la République avait également déclaré avoir «donné des instructions pour dénoncer les spéculateurs pour les traduire en justice». Dans ce sillage et après avoir «dénoncé les spéculations qui touchent aux produits alimentaires», le ministre du Commerce a tenu à appeler les citoyens «à témoigner et dénoncer toute augmentation des prix». Par ailleurs, il faut noter que la propagation du coronavirus «alimente» les spéculations. Et tous les ménages algériens, notamment les plus démunis se font «déplumer», selon leurs termes, en raison de la nouvelle flambée «sans précédent». Effectivement, c'est le constat que l'on a observé, aux yeux des acheteurs. Derrière cette nouvelle flambée des prix, «une mafia sans foi ni scrupule qui «se frotte les mains», profitant de «la razzia des consommateurs,» a affirmé le ministre du Commerce, qui ne veut pas rater son premier Ramadhan! Le ministre du Commerce, Kamel Rezig a supervisé, mardi, l'installation d'une commission de veille et de suivi du développement et des répercussions du coronavirus sur le secteur du commerce qui a pour mission le suivi minutieux des conditions d'approvisionnement des citoyens en produits de large consommation à travers tout le territoire national, a indiqué, hier, un communiqué du ministère. L'installation s'est déroulée en présence du ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Aïssa Bekkai. La commission est chargée de «prévoir et d'anticiper les cas pouvant induire une perturbation de l'approvisionnement du marché, de prendre en charge toutes les dispositions et de mettre en place tous les mécanismes à même d'assurer un approvisionnement normal des citoyens», selon la même source. Cette commission a également pour mission de «proposer les mesures d'urgence en cette conjoncture pour stabiliser le marché, exploiter et analyser les éléments d'information contenus dans les rapports quotidiens émanant des différentes directions régionales du commerce sur le développement quotidien de la situation sur les marchés dans les wilayas concernées et y relevant, et ce sous la supervision du ministre du Commerce qui présidera une réunion quotidienne de cette commission», ajoute-t-on de même source Par ailleurs, ce responsable, a appelé il y a quelques jours les «consommateurs», à ne pas céder à la panique, et il a assuré que «les produits alimentaires sont disponibles sur le marché». Face à la ruée des citoyens vers les produits alimentaires, sur fond de panique en raison de la propagation de l'épidémie du coronavirus, Rezig qui ne veut pas voir ses promesses s'évaporent, bien avant le début du mois sacré, a tenu à rassurer les citoyens que «les stocks disponibles sur le marché couvriront une année de consommation».