D'aucuns se sont interrogés pourquoi les bijouteries figurent parmi les commerces autorisés à ouvrir leurs échoppes en cette période de «confinement»? Les bijoutiers ont été, en effet, ravis d'apprendre qu'il leur était permis d'ouvrir leurs magasins en cette période de confinement qui coïncide avec une période spéciale de l'année de l'Hégire. En effet l'Aïd El Fitr, c'est «demain» et nombre de familles voudraient acheter un bijou à offrir à leur future bru à l'occasion de la veille du 27e jour du mois de Ramadhan, tradition oblige! Il est de coutume en effet, en Algérie, d'offrir un présent de valeur, généralement un bijou, à sa future bru la veille du 27ème jour du Ramadhan, date à laquelle le Saint Coran a été révélé au prophète Mohamed (Qsssl). Ce n'est pas le seul jour où la «M'hiba» peut s'effectuer. Toutefois, ce jour est une occasion pour que la famille du futur époux rende visite à sa future mariée pour lui offrir un bijou de valeur, un service de table raffiné ou encore des cadeaux de noces. Cette coutume ancestrale se répète à la veille de toutes les fêtes religieuses de l'année de l'Hégire, comme El Mouloud Ennabawi, Aïd El Fitr, Aïd El Adha et El Achoura. Pour les bijoutiers, vendeurs ou artisans, c'est une journée d'affaires «d'or», sans jeu de mots. C'est le cas de le dire en effet. C'est une date pour faire de bonnes affaires en sus du jour des fiançailles lors desquelles il faut remplir le fameux «Ettbak» avec de nombreux autres cadeaux, vestimentaires surtout, sans que ne soit oubliée la somme pécuniaire entendue lors de la demande en mariage de la future bru, si accord est advenu. Parmi les voisins et membres de la famille, au bureau comme à l'usine, parmi les amis et amies... tout un chacun attend, avec une curiosité avenante quelque part, la nature du cadeau, ne serait-ce que par ouïe-dire quand ce n'est pas un bijou que l'on porte sur soi. Ce n'est pas la bague de fiançailles pour la future mariée qui sera offerte plus tard en temps opportun. C'est un moment solennel et un acte d'engagement concret de la part du «futur» et de sa famille. C'est un bonheur indescriptible qui remplit de félicité les poumons de la future mariée jusqu'à imbiber ses yeux de larmes de joie intérieure très forte. Mais en ces temps de disette ou presque, «Est-ce vraiment aisé de le faire?». En fait, c'est une vraie mission qui n'est jamais prise à la légère. Celles qui iront acheter le bijou seront choisies, parmi les jeunes dames de la famille, mais aussi parmi les femmes plus âgées. Les premières pour veiller à ce que le bijou soit «in» et les secondes pour que le bijou «remplisse bien les yeux», comme on dit dans le langage féminin surtout. Jadis, ou même dans des temps récents, c'est une mini «qaâda» qui était organisée à cette occasion. La future belle-famille était accompagnée d'un ou deux amis du futur marié et la cérémonie était égayée par des «youyous» chaleureux et fort sympathiques sans parler des gâteaux présentés et les pâtisseries ramenées par la famille du futur mari. C'est un jour particulier pour les futurs époux qui marquera leur union. Ce jour est aussi la fête de la circoncision des garçons. Familles, amis et voisins se réunissent pour célébrer cet important moment dans la vie du garçon. Dragées, petits gâteaux, bonbons, cadeaux, chants religieux sont au rendez-vous.