Apres avoir été «remercié» suite au remaniement ministériel en passant son titre de secrétaire d'Etat chargé de la Production culturelle à Malika Bendouda, ministre désormais de la Culture et des Arts, Salim Dada, compositeur, musicologue, musicien et chef d'orchestre n'a pas raté l'occasion du 58 eme anni versaire de la Fête de l'Indépendance et de la Jeunesse le 5 juillet pour marquer le coup à sa façon. En effet, la veille, le 4 juillet dernier, il publia sur sa page officielle facebook une vidéo d'un choeur (une section mixte) d'une chorale polyphonique sur la base d'un audio qu'il avait écrit en 2006. L'hymne national a été interprété par 58 jeunes femmes et hommes algériens, et pas des moindres, membres de la chorale «Ecosium», du «Raneem Group» et du «Samaâ Group». Un travail pointilleux et authentique digne du maestro qu'il est. Pour rappel, l'ex-secrétaire d'Etat à la Production culturelle avait durant son exercice entamé de nombreux projets dont il assure la passation aujourd'hui avec la ministre de la Culture et des Arts. Missions et actions Il lui aura pour ainsi dire, n'ayons pas peur des mots, mâché tout de même le travail. Pendant cette période donc où Salim Dada était pensionnaire du grand bloc jouxtant le Palais de la culture, explique-t-il sur sa page facebook « nous avons travaillé dur et sans réserve pour établir des règles de consultation avec le reste du gouvernement et des fonctionnaires centraux, la classe des artistes et les représentants de la société civile et pour nous concentrer sur un ensemble de dossiers que nous considérions comme importants tels que le projet de statut de la loi sur les artistes, le projet technique de baccalauréat professionnel, le dossier des festivals culturels, le Rapport de l'Algérie à la convention de 2005 de l'Unesco, la liste des professions techniques, la série de cours de télé-technique et la campagne technique participative pour célébrer les professionnels de la santé, entre autres». Salim Dada qui avait succédé aussi à Abdelkader Bendaâmache, à la tête du Cnal (Le Conseil national des arts et des lettres) -aujourd'hui présidé par l'écrivain Mohamed Sari- avait annoncé le bilan de ses activités 2019 en toute transparence en janvier 2020. Parmi les grands acquis, était en effet la mise en place d'un numéro d'identifiant fiscal, qui permet aux artistes de pouvoir facturer leurs prestations et leurs oeuvres sans passer par des tiers: «C'est un acquis important, parce que, tout d'abord, c'est une reconnaissance officielle du ministère des Finances que le métier d'artiste est reconnu en tant que métier à part entière. Des acquis à relever C'est-à-dire qu'il est soumis à fiscalisation, au suivi et à la transparence quant aux transferts d'argent.» avait certifié Salim Dada au journal Reporters. Et Salim Dada de mettre l'accent sur «le projet phare du Cnal, dans le cadre de son programme d'action pour 2020», à savoir «la rédaction des propositions de textes de lois du statut de l'artiste» tout en estimant que l'«on est très en retard par rapport à de nombreux pays dans le monde». Pour rappel, aussi, Salim Dada avait réalisé le mois dernier trois visioconférences avec de nombreux artistes algériens. Des réunions en ligne ayant pour thème «l'artiste entre créativité et résilience» (consultation internationale multipartite sur la situation de l'artiste face aux crises) et ce, en prévision de l'élaboration de la loi de l'artiste! Toutes ces réunions, encadrées avec le concours de l'Unesco, devaient faire l'objet d'un compte rendu public que Salim Dada devait rédiger et rendre d'ici le 15 juillet. Or, coup de théâtre! Apres de longs et loyaux services rehaussés d'une compétence et intégrité sans égale, le voila qui est démis de ses fonctions. L'on ne sait pas encore si le rapport sera quand même effectué. Mù par l'amour de son pays avant tout, et ce, pour «l'élaboration d'un projet de société qui nous ressemble» a t-il exprimé sur sa page Facebook, Salim Dada a rappelé toutefois, sa décisive mission de poursuivre son action en faveur de la musique et de la jeunesse algérienne...Samedi 4 juillet, il l'a prouvé... haut la main!