Mais bien avant d'être élue à cette prestigieuse institution, Assia Djabar avait déjà brillé de mille feux dans le monde littéraire car elle était une écrivaine algérienne francophone célèbre et influente, traduite dans de nombreux pays. Pour lui rendre hommage, et immortaliser son nom en Algérie, un prix a été institué à son nom juste après son décès. Il s'agit de la plus haute distinction littéraire attribuée annuellement au meilleur roman écrit dans trois versions: amazighe, arabe et française. Elle fera l'unanimité des critiques Assia Djebar qui a vu le jour le 30 juin 1936 à Cherchell dans la wilaya de Tipaza, a réussi à sortir, très jeune, des sentiers battus, en investissant le monde de la littérature qui était exclusivement réservé aux hommes à l'époque. Son talent et d'autres qualités dont était pétries Assia Djebar lui ont permis d'aller très loin dans le monde des lettres. Elle s'adonna à sa passion de l'écriture dans pratiquement tous les genres: le roman, la poésie, l'essai, la nouvelle, le scénario... Comme écrire n'était pas encore une activité admise dans le milieu social algérien, Assia Djebar a été obligée de choisir ce surnom pour signer La soif, son premier roman, car son vrai nom est Fatima-Zohra Imalayene. Elle gardera ce pseudonyme durant toute sa carrière. Elle n'a que vingt ans lorsqu'elle publie ce premier livre. Assia Djebar a marqué la scène littéraire francophone mondiale avec de nombreux romans salués à l'unanimité par la critique. Certains de ses livres sont devenus des romans-cultes à l'instar de L'amour la fantasia, Loin de Médine, Ombre sultane, Les enfants du nouveau monde, La femme sans sépulture... On lui doit aussi un recueil de nouvelles retentissant, intitulé Femmes d'Alger dans leur appartement, paru en 1980 La femme constitue l'épicentre de la majorité des oeuvres littéraires de Assia Djebar. En s'attelant au destin des femmes, Assia Djebar raconte dans une partie de ses romans le destin collectif de sa société et de son pays, notamment pendant la guerre d'indépendance pour certains titres. En plus de la littérature, le cinéma Le conflit inextricable entre tradition et désir d'émancipation constitue aussi l'autre problématique développée dans les oeuvres d'Assia Djebar. C'est le cas, notamment dans ses romans Les alouettes naïves et Les enfants du nouveau monde, deux livres parus au lendemain de l'indépendance algérienne. Sur les événements dramatiques vécus par l'Algérie, dans les années 1990, Assia Djebar a publié un livre intitulé Le blanc d'Algérie. Elle y livre une vision des plus lucides et sans concessions sur les origines de ce mal qui a frappé son pays tout en s'insurgeant contre la barbarie qui s'y était emparée. En plus de ses travaux littéraires, Assia Djebar a signé deux oeuvres cinématographiques: La Nouba des femmes du Mont Chenoua et La zerda ou les chants de l'oubli. Sorti en 1978, le long métrage La Nouba des femmes du Mont Chenoua a obtenu le Prix de la critique internationale à la Biennale de Venise de 1979. Durant son parcours littéraire, Assia Djebar a été gratifiée de nombreux prix prestigieux dont le Prix de la paix des libraires allemands en 2000, le prix Marguerite Yourcenar, le prix international Pablo Neruda... Après son décès aussi, Assia Djebar ne cesse d'être honorée à titre posthume dans de nom-breux pays. En plus de l'Algérie qui lui a dédié son plus grand prix littéraire, à Montréal, une Journée Assia Djebar est instaurée depuis 2016 et elle est célébrée le 16 juin de chaque année par l'Union des écrivaines et écrivains québécois (Uneq), l'organisme Racines et Confluences, les éditions Mémoire d'encrier et la compagnie de production artistique et cinématographique «SN Production». De nombreuses infrastructures portent son nom dont une bibliothèque à Paris, un centre social à Roubaix, une rue à Bagneux... C'est dire que l'immortalité de l'écrivaine Assia Djebar est multiple. Tout comme son oeuvre littéraire et sa personnalité exceptionnelle et hors du commun.