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Les menaces de troisième génération
Flux migratoire en méditerranée
Publié dans L'Expression le 12 - 06 - 2021

Le dernier coup de force militaire au Mali et l'exacerbation des conflits de faible intensité dans la sous-région sahélienne ne peut être qu'un facteur d'augmentation du flux migratoire subsaharien vers la Méditerranée en transitant par les pays d'Afrique du Nord.
En effet, la région de la Méditerranée, de l'Afrique du Nord et du Sahel, continuent d'être la principale voie de trafic multiforme. C'est une région qui souffre de manière récurrente de conflits de faible intensité, de crises multidimensionnelles, d'activités d'Organisations violentes extrémistes (VEO) et du crime organisé.
La lutte contre le terrorisme et le crime organisé exige incontestablement une coopération internationale structurée et la capacité de formuler des politiques communes. La région est loin d'atteindre une telle cohérence dans ce domaine. Le terrorisme et la contrebande d'armes continuent d'être une source de tension dès le début des années 1990 accentuée depuis le «printemps arabe» de 2011.
Selon l'Observatoire géopolitique des drogues, l'Afrique du Nord est engagée dans la production et le commerce de drogue. Le trafic de drogue vers l'Europe se fait essentiellement par le biais d'immigrants illégaux des différentes sous-régions d'Afrique du Nord. Ce double trafic (narcotiques et immigration clandestine) devient par conséquent l'une des préoccupations majeures des Etats d'Afrique du Nord et des Etats européens. Avec le temps, le lien entre le trafic de drogue, la mafia financière, le blanchiment d'argent, la contrebande d'armes et le terrorisme est devenu apparent. Cela est perçu comme un défi de sécurité important pour l'ordre social et la stabilité.
Les défis
Il existe un déséquilibre flagrant entre les deux rives de la Méditerranée en matière de démographie, aussi bien en terme de population qu'en terme d'âge. Les pays du sud de la Méditerranée sont en pleine transition démographique. La population de l'Afrique du Nord devrait atteindre 260 millions d'habitants d'ici 2025. Environ 60% de moins de 25 ans se trouvent dans le Sud de la Méditerranée, alors que seulement 20% se trouvent au Nord. Ce déséquilibre démographique, conjugué à l'instabilité politique et sécuritaire, ainsi qu'à la stagnation des économies et, de surcroît, aux effets de la pandémie socio-économique de Covid-19, augmentera incontestablement le chômage dans les Etats du Sud de la Méditerranée et créera certainement des pressions migratoires vers le Nord de la Méditerranée. Il semble que si les conditions économiques, sociales et culturelles du Nord, tout aussi avantageuses, ne sont pas réalisées dans le Sud, les migrations (légales et illégales) continueront d'être une préoccupation majeure dans l'espace méditerranéen. Globalement, près de 8 millions d'immigrants venant d'Afrique du Nord et du Sahel se répartissent principalement entre la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
La migration a une dimension psychologique, qui a eu des conséquences inquiétantes dans le passé. De nombreux pays de destination de ce flux migratoire, en l'occurrence les pays du Sud de l'Europe, estiment que la migration pose de graves défis économiques et sociaux et est une menace culturelle et cultuelle pour leurs sociétés. La migration est perçue par les pays du sud de l'Union européenne comme le plus grand danger pour leur sécurité intérieure et leur stabilité, en particulier avec l'expansion des Organisations extrémistes violentes.
Face à cette pression migratoire, l'Europe a formulé une politique de réduction de l'immigration indésirable. Par conséquent, les Européens considèrent la migration comme une question de contrôle plutôt que comme un domaine d'opportunités. Pour ces Etats européens, l'immigration peut faire face à un déficit de naissances ou fournir une quantité ou une qualité suffisante de main-d'oeuvre. Cependant, l'immigration illégale est au-delà des souhaits des pays de destination. Les très grandes vagues migratoires ont été remplacées par une tendance à l'«immigration sélective», en faveur de l'exode des cerveaux et de la fuite des compétences des pays du Sud. De plus, avec les effets socio-économiques de la pandémie de Covid-19, les observateurs avertis estiment que l'Europe s'achemine vers une politique de «mobilité sélective».
Les raisons de l'immigration
La migration peut avoir une ou plusieurs raisons: -professionnelle (mission de longue durée à l'étranger) et études, -politique (réfugiés fuyant la persécution) -sécurité (conflits de hautes et de faibles intensités dans le pays d'origine), -économique (recherche de meilleurs niveaux de vie dans les pays riches), personnelle (volonté de s'établir dans un pays par inclination), familial (regroupement avec des mem-bres de la famille déjà établis dans les pays d'accueil).
Typologie de la migration
La migration peut prendre plusieurs formes: migration de travail (économique), en général, elle n'est pas volontaire, -migration permanente, c'est la migration forcée; la prolifération des conflits de faible intensité force parfois des générations entières à vivre dans des camps de réfugiés, souvent mal équipés pour accueillir ces personnes, -migration forcée, ce sont des mouvements justifiés par des raisons de contrainte: (persécution ethnique, religieuse, politiques, etc). -travail saisonnier, plusieurs pays (Espagne, Italie et France notamment) utilisent une main-d'oeuvre étrangère saisonnière abondante au moment de la culture manuelle ou de la récolte de certains fruits ou légumes: ces employés temporaires sont souvent mal logés, mal payés et sans couverture d'assurance, tout en étant plus exposés aux pesticides et à diverses maladies.
Selon des observateurs avertis, il est clair que l'Union européenne (UE) a besoin de «flexibilité»: le traité d'Amsterdam prévoit que la Commission européenne aura une compétence exclusive dans la prise de décision concernant la politique européenne d'immigration. Les pays membres de l'UE ont admis qu'il est encore difficile de «communautariser» leur pensée nationale sur l'immigration. Pour les pays membres, le mot d'ordre demeure la coopération et l'harmonisation des politiques de gestion des flux migratoires.
Domaine d'opportunités
La tendance générale est d'assurer l'équilibre entre la lutte contre l'immigration clandestine et une politique d'immigration canalisée et contrôlée par des systèmes de quotas d'entrée aux frontières.
Lutter contre l'immigration illégale et vouloir mettre fin à la traite des personnes ne doit pas être un prétexte pour diaboliser et stigmatiser les étrangers. L'UE restera une terre d'immigration. Certaines régions économiques ont besoin de main-d'oeuvre, car l'Europe connaît un vieillissement exponenetiel de sa population et une baisse des taux de natalité. L'immigration clandestine et la politique commune en matière d'immigration demeurent un défi à long terme pour le renforcement de la communauté.
Les engagements de l'Algérie
L'Algérie est engagée depuis plus d'une décennie avec l'Otan dans le cadre d'un programme de partenariat dénommé Dialogue méditerranéen (DM) qui offre une approche directe sans avoir à s'appuyer sur les intermédiaires de l'UE. Depuis 2011, la question multidimensionnelle de la traite offre à l'Algérie un moyen non controversé de travailler plus étroitement avec l'Otan. Il est convenu que le Forum du dialogue méditerranéen est bien placé pour discuter de la coopération navale nécessaire pour faire face à tout changement soudain des schémas migratoires ou de leurs routes privilégiées à travers la Méditerranée.
Un Programme individuel de partenariat et de coopération (Pipc) a été signé entre l'Algérie et l'Otan en octobre 2014 s'appuyant sur les principes fondamentaux de la politique étrangère et de défense de l'Algérie et les combinant à la dimension stratégique du Dialogue méditerranéen de l'Otan. Elle marque le début d'un cadre juridique formel définissant la coopération bilatérale en matière de sécurité en Méditerranée pour lutter contre le crime organisé que sont la contrebande d'armes, et le trafic de drogue et d'êtres humains.
Conclusion
Selon nombre d'observateurs, à long terme, le mode de gouvernance et l'Etat de droit sont des éléments clés de la stabilité globale de la rive Sud de la Méditerranée et de sa profondeur subsaharienne. Cependant, l'impératif est de trouver des moyens plus nombreux et meilleurs pour participer à un effort concerté de développement économique de la région. Le défi pour l'Union européenne est de stimuler l'investissement productif, le transfert de connaissances, l'innovation et le partage des technologies en direction des pays du Sud. Cela permettra d'approfondir et de consolider le processus de collaboration «Win-Win».
En bref, la sécurisation d'une région sub-méditerranéenne émergente homogène, pacifique et intégrée représente à la fois un objectif géopolitique et économique pour les décennies à venir afin de contenir l'émigration illégale et de faire face à toutes sortes de menaces émergentes de troisième génération. La mise en place d'une politique de voisinage de l'UE qui s'appuie sur la strtégie des 3M (Market, Money, Mobility) et de mesures de confiance fortes et concertées est un défi sécuritaire pour l'ordre social et la stabilité en Afrique du Nord, au Sahel et en Méditerranée.


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