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Cinglant revers du makhzen
Le Nigeria s'accorde avec l'Algérie pour la construction du gazoduc transsaharien
Publié dans L'Expression le 23 - 09 - 2021

Jamais deux sans trois. Nouveau revers pour le Makhzen. Un de plus. Après la nomination du diplomate italo-suédois Staffan de Mistura comme nouvel envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, et le rejet par l'UA du statut d'observateur pour l'entité sioniste, Abuja vient de mettre fin aux ambitions marocaines. Le ministre nigérian du Pétrole, Timipre Sylva, vient de sonner le glas pour les ambitions marocaines. Dans une déclaration à la chaîne Cnbc arabia, le ministre nigérian du Pétrole a révélé que son pays s'est lancé dans la réalisation du projet du gazoduc algéro-nigérian, coupant ainsi l'herbe sous les pieds de Mohammed VI. Une affirmation mettant définitivement un terme aux ambitions démesurées du Makhzen. Une révélation ruinant tous les espoirs bâtis par le royaume du Maroc sur sa propagande visant à faire croire que le projet algéro-nigérian était abandonné. « En dépit des nombreux problèmes rencontrés, nous avons entamé la mise en oeuvre et la réalisation du projet de gazoduc algéro-nigérian pour acheminer le gaz vers l'Algérie, qui, à son tour, le transférera vers d'autres pays», a affirmé Timipre Sylva dont le pays renferme les plus importantes réserves de gaz naturel en Afrique avec 5 200 milliards de m3. Des révélations à même de confirmer les dernières déclarations du P-DG du groupe pétrolier public algérien, Sonatrach, Toufik Hakkar, qui a indiqué que l'étude de faisabilité du projet du gazoduc transsaharien (Tsgp), reliant le Nigeria à l'Europe, à travers l'Algérie et le Niger, est terminée et soumise aux entreprises des deux pays africains, Sonatrach et la Nigerian National Petroleum Corporation (Nnpc) qui détiennent 90% des parts du projet. Les 10% restants reviennent à la Société nigérienne du pétrole (Sonidep). Or, dans une démarche visant à contrecarrer et faire avorter le projet algéro-nigérian, le Maroc a lancé, en 2016, son bluff à propos du gazoduc Maroc-Nigeria. Un projet s'étalant sur une longueur de 5660 km et traversant 11 pays de l'Afrique de l'Ouest, dont les territoires du Sahara occidental. Dans ces conditions, comment un pays membre de l'Union européenne pourrait-il accepter du gaz nigérian ayant transité illégalement par le Sahara occidental? Techniquement difficile et économiquement moins rentable.
Un projet qualifié plus de «chimère» que de pipeline. Ainsi, l'annonce du ministre nigérian du Pétrole devra tempérer les ardeurs du Makhzen qui subit revers sur revers aussi bien au plan économique que politique. Outre, la nomination du diplomate italo-suédois Staffan de Mistura comme nouvel envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara occidental, sous la pression des membres du Conseil de sécurité. La pression des membres du conseil de sécurité de l'ONU, et rejet du statut d'observateur à l'UA pour l'entité sioniste, le royaume du Maroc avait été débouté par la justice espagnole qui avait prononcé un non-lieu dans l'affaire de la plainte portée en 2008 par une association affiliée au Makhzen contre le président sahraoui Brahim Ghali, invoquant des contradictions entre les charges contenues dans la plainte et les dépositions des témoins. Un nouveau camouflet pour le Maroc qui avait mobilisé son appareil diplomatique et ses médias pour discréditer le président sahraoui. Mais le Makhzen est un habitué des revers. La nomination, en janvier dernier, pour le prix Nobel de la paix 2021 pour sa campagne pacifique en faveur d'un Sahara occidental indépendant de la militante sahraouie, Aminatou Haidar, est un autre revers politique essuyé par le Maroc aux yeux de la communauté internationale, qui, de ce fait, reconnaît le combat pacifique en faveur d'un Sahara occidental indépendant mené par cette dame surnommée la «Ghandi du Sahara».
Ainsi, la déclaration du ministre nigérian du Pétrole sonne comme le coup de grâce qui met fin aux illusions marocaines sur l'efficacité de sa propagande gazière. D'autant que l'Algérie a décidé, après la rupture de ses relations diplomatiques avec le Maroc, de ne pas renouveler le contrat de transit du gazoduc Maghreb-Europe (GME). Ce gazoduc dessert l'Espagne via le Maroc qui, au passage, perçoit 7% des volumes.


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