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Qui veut mettre de l'huile sur le feu?
Désinformation, manipulation et spéculation
Publié dans L'Expression le 21 - 10 - 2021


L'Algérie a failli vivre une nouvelle crise de...l'huile! À la veille du Mawlid Ennabaoui, ce produit, essentiel pour l'alimentation des Algériens a fait l'objet de nouvelles tensions. Les étals des épiceries et autres supérettes commençaient à être vidés par des citoyens encore traumatisés par l'épisode de l'an dernier. Lentement mais sûrement, l'huile de table, notamment les bidons de 5 litres, devenaient ainsi de plus en plus rares, ce qui a contraint de nombreux commerçants à «rationaliser» les ventes. «Un seul bidon par personne», était le mot d'ordre de ces vendeurs. Il y en a même qui ont affiché une note, dans ce sens, à l'entrée de leurs commerces. Pourtant, chez les cinq producteurs nationaux, aucune perturbation n'a été signalée. Ils ont même rassuré les citoyens sur la disponibilité de ce produit en quantité suffisante. Chose que confirment des grossistes, au niveau du marché de Halaymia (Boudouaou), considéré comme la nouvelle Bourse des produits alimentaires. «Nous n'avons constaté aucune perturbation. On reçoit les mêmes quantités qu'avant et on distribue les mêmes. Ce sont les commerçants de détail qui ont vendu plus de quantités que d'habitude», fait savoir, Ibrahim, l'un de ces grossistes. Que s'est-il donc passé? En fait, il s'agit d'une simple «fake news» qui s'est propagée à une vitesse grand V sur les réseaux sociaux, avant de gagner le monde réel, ce qui a provoqué l'affolement général chez les citoyens, qui craignaient de se voir obligés à aller faire la «guerre» pour une bouteille d'huile. «Cette rumeur a commencé au niveau de l'est du pays. Elle a été lancée à Batna, avant de gagner la wilaya de Constantine», a révélé, Sami Kolli, directeur général de la régulation et de l'organisation des marchés, au ministère du Commerce, hier, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne 3. Les réseaux sociaux et le partage «impulsif» de certains ont permis à cette fausse information de faire le tour du pays en quelques jours. Elle a donc vite fait «tache d'huile» poussant les consommateurs à faire une razzia sur le rayon des huiles. Une nouvelle fois, la «mafia de la spéculation» a donc usé de ses armes habituelles pour manipuler le marché à sa guise. Ce n'est pas la première fois qu'une «fake news» provoque des pénuries sur les produits alimentaires de large consommation. La crise de l'huile, qui avait secoué le pays en début d'année, avait commencé de la même manière. Tout comme celle de la semoule ou certaines crises du lait. Le mode opératoire de ces vampires est simple: ils lancent une fausse information, elles poussent à la panique les citoyens, ce qui entraîne une surconsommation. Celle-ci se traduit par des tensions sur ces produits, surtout que ces spéculateurs, sans foi ni loi, sont bien organisés, puisque dès qu'on mord à l'hameçon, ils n'hésitent pas à «cacher» leurs stocks pour pousser les prix de ces produits, pourtant subventionnés par l'Etat, à des niveaux qui frôlent l'indécence. On se souvient comment l'huile était vendue à presque le double de son prix au marché noir alors que les détaillants n'en trouvaient même pas pour leur propre consommation. À l'époque, les descentes des services de sécurité et les grandes saisies effectuées avaient fait tomber les masques. On a pu voir de quoi étaient capables ces spéculateurs. Ils n'ont pas hésité à jouer avec la stabilité du pays pour quelques sous en plus. Un comportement qui devient récurrent ce qui a poussé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à sonner la fin de la récréation. Le dernier Conseil des ministres a validé la loi criminalisant la spéculation et la provocation de pénuries. Les peines encourues pourront aller jusqu'à 30 ans de prison, voire la perpétuité dans certains cas. Un arsenal juridique qui ne pourrait cependant pas être efficace sans un renforcement des contrôles, ce qui passe par une augmentation des effectifs des agents et surtout une revalorisation de leur statut. Tous les moyens doivent être utilisés pour couper l'herbe sous les pieds de cette racaille. Elle s'est fait «griller» en jouant, cet été, avec l'oxygène des Algériens...

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