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Matoub: une naissance et plusieurs vies
Il est né le 24 janvier 1956
Publié dans L'Expression le 24 - 01 - 2022

Généralement, c'est l'anniversaire de la mort d'un artiste, d'un écrivain ou d'un homme de culture de manière générale, qui est commémoré. Une manière de rendre hommage au disparu qui demeure vivant à travers son oeuvre. Mais dans le cas de Matoub Lounès, l'anniversaire de la naissance est également une occasion pour le nombre impressionnant de ses fans, de lui rendre hommage et de marquer une halte pour dire qu'un artiste de sa trempe ne meurt pas. Près d'un quart de siècle après son assassinat, dire que Matoub Lounès est immortel est un pléonasme.
C'est un artiste qui n'a jamais cessé d'occuper le devant de la scène artistique, malgré une absence physique très lourde à porter surtout par ceux qui l'ont connu de près et côtoyé. Ces derniers n'ont pas seulement perdu un artiste unique en son genre, mais aussi un homme exceptionnel, dont les anecdotes continuent d'écumer les discussions, près de 24 ans après son assassinat perpétré le 25 juin 1998. Mais ici, il s'agit du 24 janvier 1956. Date qui a vu naître un bébé qui sera moins de 6 ans plus tard un enfant turbulent dont les faits d'arme, déjà petit, ont été racontés longuement par sa regrettée mère, ainsi que par ses amis d'enfance, ses cousins et les gens de son village Taourirt Moussa. Le futur rebelle était déjà un révolté dès son jeune âge. Toute situation qui s'apparentait à une injustice le faisait réagir, parfois de manière brutale.
Une voix rauque
Ce qui n'était pas du tout facile à gérer par sa mère qui avait la lourde charge de l'éduquer. Mais Matoub avait une arme «belle» pour exprimer ses colères face à ces situations. C'était sa voix succulente et son amour pour la chanson et la poésie. N'eut été les «monstres qui éteignent les étoiles», Matoub Lounès aurait eu 66 ans, aujourd'hui. Mais... Il serait vain de tenter dans un article de presse de cerner la vie houleuse et tumultueuse, ainsi que le parcours flamboyant, voire foudroyant, de Matoub sur le plan artistique, sans oublier son cheminement unique dans le militantisme politique pacifique. Plus de 20 livres ont été édités depuis son assassinat, en plus du sien, sa biographie, intitulé Rebelle, et ce n'est pas encore terminé.Des épisodes entiers et des pans inconnus de la trajectoire du Rebelle demeurent à dépoussiérer.Son enfance mérite à elle seule un livre tout entier. Il suffit de discuter avec son cousin et ami d'enfance, Mustapha Matoub, qui est l'une des personnes qui ont le plus vécu avec Matoub Lounès, pour s'en rendre compte. Mustapha Matoub peut rester des journées et des nuits entières à raconter des détails édifiants sur l'enfance de Lounès sans se lasser.
Il en est de même pour pas mal d'autres témoins. Sa vie militante et son éveil très précoce, par rapport à la question identitaire amazighe, méritent aussi d'être décortiqués par d'autres regards.
L'éveil précoce
Les universitaires ont également du pain sur la planche pour pouvoir passer au crible son oeuvre poétique qui compte parmi les plus élaborées de ce que représente la littérature amazighe. Mais aussi sur le plan musical, Matoub a été un As. Il faudrait bien qu'un livre soit exclusivement dédié, par un spécialiste en la matière, à cette facette de Matoub qui demeure celle sur laquelle on a le moins écrit.
Beaucoup de mystères entoure le personnage de Matoub Lounès, comme celui inhérent au courage téméraire qu'il avait à affronter les situations les plus adverses.«Quand tu lui dis, il ne faut passer par ce chemin car c'est dangereux, Matoub rétorque systématiquement: justement c'est parce que c'est dangereux qu'il faut passer par là», nous a témoigné Mustapha Matoub en nous confiant que le Rebelle a été très marqué dans son enfance par les bandes dessinées Lucky Luke. Assassiné alors qu'il n'avait que 42 ans, Matoub a eu plusieurs vies. Il était présent partout.Il a participé à une infinité d'actions en faveur de l'amazighité et de la démocratie, dont la plus importante est incontestablement la marche historique du Mouvement culturel berbère (MCB) du 25 janvier 1990 à Alger.
Et, sur le plan artistique, Matoub a produit aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif, ce qu'un autre artiste aurait produit en trois ou quatre vies. Sa vie privée, qu'on retrouve largement décrite dans ses chansons autobiographiques, a été un long fleuve qui était loin d'être tranquille et qui mériterait d'être romancée. Et, comme dirait l'écrivain Yacine Hebbache, auteur d'un livre remarquable sur le Rebelle: «Matoub Lounès fait partie du roman national.».


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