Pour le Makhzen, tout est chantage et avec la même musique. La scène que vient de livrer le Maroc au monde entier par son boycott du CHAN qui se déroule en Algérie est méprisable. C'est exactement la même rengaine qui a été servie par le Makhzen en jouant sur la venue du roi Mohammed VI au Sommet arabe qui s'est déroulé le 1er Novembre dernier à Alger. Cette fois-ci il s' agit de la participation de l'Equipe nationale marocaine de football à un évènement sportif organisé par la CAF et la FIFA. Au tout début, la Fédération marocaine a exigé l'ouverture de l'espace aérien entre le Maroc et l'Algérie pour permettre le déplacement de la sélection marocaine. Elle avait avancé l'argument selon lequel, il est impossible de réaliser un vol direct, affrété par la compagnie Royal Air Maroc (RAM), de Rabat à Constantine, ville où le Maroc jouera ses matchs. Fin de non- recevoir d'Alger puisque l'espace aérien algérien est fermé aux avions marocains et il n'est pas question aux autorités algériennes de faire exception à l'occasion des compétitions sportives. Pour le comité d'organisation du CHAN et son président, Rachid Oukali, le pays hôte n'est responsable du transport des sélections que sur son territoire. Oukali précise également que la majorité des sélections africaines feront des escales et le plus normalement du monde avant de regagner l'Algérie. Il demande donc à la sélection marocaine de transiter par un autre pays avant d'atterrir à Constantine. L'Algérie a pris en toute souveraineté une décision politique d'interdire le survol de son territoire aux aéronefs marocains. En outre, il existe une infinité de moyens pour rejoindre l'Algérie. Auréolé du prestige de l'Equipe nationale marocaine qui, il faut le reconnaître, a brillamment atteint la demi-finale durant la dernière Coupe du monde au Qatar, le Marocc se croit tout permis. Qui osera refuser un quelconque caprice aux demi-finalistes de la Coupe du monde? D'une pierre, deux coups: d'abord dénigrer l'Algérie, ensuite réaliser par le sport ce qu'on n'arrive pas à faire par la politique, en exigeant tout bonnement la réouverture de l'espace aérien. Quelle audace! Lekjaâ quitte le carré sportif pour s'aventurer sur un terrain politique. Il se donne lamentablement en spectacle pour saboter une manifestation sportive rien que parce qu'elle se déroule en Algérie! Face à l'intransigeance de l'Algérie, il s'adonne alors à son sport favori: l'intox et le mensonge sur sa non- participation au CHAN. Lekjaâ est allé jusqu'à essaimer les plateaux de télévisions pour distiller ses contrevérités à qui voulait l'entendre. En revanche, il ne dit jamais pourquoi il s'entêtait à prendre la Royal Air Maroc, en refusant de s'adresser à une autre compagnie étrangère qui peut desservir directement l'Algérie à partir de Rabat. Il sait pertinemment que la fermeture des frontières et de l'espace aérien relèvent de la souveraineté politique de l'Algérie. Question: mais pourquoi le Maroc n'a pas fait autant de cinéma lors des derniers Jeux méditerranéens qui se sont déroulés à Oran? La délégation marocaine n'a-t-elle pas rejoint Oran le plus normalement du monde? N'a-t-elle pas été accueillie avec des youyous et des fleurs à son arrivée à l'aéroport d'Oran? Les conditions d'hébergement du CHAN? Elles sont les mêmes sinon meilleures que celles des derniers Jeux méditerranéens d'Oran. Lekjaâ veut politiser le sport et il l'a fait. Les instances internationale, la CAF et la FIFA qui n'ont pas cessé de répéter qu'il ne faut pas mêler le sport à la politique ont le devoir de réagir avec fermeté à cette énième dérive marocaine. Mais ces «dribbles» de trop ne feront pas oublier les impostures dont le Makhzen s'est rendu coupable et qui l'ont sali aux yeux de la planète tout entière: de l'espionnage de personnalités politiques étrangères parmi lesquelles figure le nom du président français Emmanuel Macron, à l'affaire Pegasus, au massacre de migrants, le scandale du Marocgate est venu clôturer cette hideuse performance du royaume marocain. Nous disons alors basta!