Le ministère libanais de la Santé a annoncé samedi qu'une frappe israélienne dans le secteur de Nabatieh, dans le sud du pays, avait causé la mort de dix ressortissants syriens parmi lesquels une femme et ses deux enfants. Cette frappe, l'une des plus meurtrières en plus de dix mois de violences à la frontière israélo-libanaise entre le Hezbollah libanais et l'armée israélienne, a également fait cinq blessés dont deux sont dans un état critique, selon le ministère. L'armée israélienne a pour sa part indiqué avoir frappé «durant la nuit, un entrepôt d'armes du Hezbollah» dans la région de Nabatieh, ainsi que «des structures militaires» du mouvement libanais dans les régions de Hanine et de Maroun El Ras, près de la frontière. Selon l'agence de presse libanaise NNA, toutes les personnes tuées étaient des réfugiés syriens employés dans une «usine de blocs de béton» qui a été touchée par l'aviation israélienne, dans une zone industrielle de la région de Nabatieh. Le Hezbollah pro-iranien a ouvert un front contre Israël le 8 octobre dans le secteur frontalier. Il affirme soutenir ainsi son allié du Hamas et les Palestiniens de la bande de Gaza, où Israël a déclenché la guerre contre le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre, en représailles à l'attaque sans précédent du Hamas le même jour sur le sol israélien. Les échanges de tirs, quasi quotidiens depuis entre la formation libanaise et l'armée israélienne, se sont intensifiés avec la mort, fin juillet, du chef militaire du Hezbollah, tué dans une frappe israélienne à Beyrouth, la veille de l'assassinat à Téhéran du chef du Hamas, imputé à Israël par l'Iran et ses alliés. Téhéran et le Hezbollah ont menacé Israël de représailles, faisant craindre une escalade militaire régionale que la diplomatie internationale s'efforce d'empêcher en redoublant d'efforts pour un cessez-le-feu à Gaza après plus de dix mois de guerre. Les pourparlers pour une trêve doivent reprendre la semaine prochaine au Caire, sur la base d'une nouvelle proposition d'accord américaine, ont indiqué vendredi les pays médiateurs Etats-Unis, Qatar et Egypte à l'issue de deux jours de discussions à Doha. Mais des responsables du Hamas ont indiqué rejeter de «nouvelles conditions» israéliennes intégrées selon eux dans ce projet remanié de compromis. Avec cette nouvelle frappe, ces violences ont fait au moins 580 morts au Liban, pour la plupart des combattants du Hezbollah mais également au moins 1288 civils, selon un décompte. En Israël et sur le plateau du Golan occupé, 22 militaires et 26 civils ont été tués dans des tirs de roquettes et de missiles depuis le Liban, selon les autorités israéliennes. Les craintes d'une guerre régionale sont vives après que le Hezbollah et Téhéran ont promis de venger l'assassinat du militaire du groupe Fouad Chokr, tué fin juillet dans une frappe israélienne près de Beyrouth et celui du chef du Hamas quelques heures plus tard à Téhéran, qui l'a imputé à Israël. L'ambassade iranienne à Beyrouth a commenté sur X la vidéo du Hezbollah, affirmant que ce type d'installations de missiles sous terre étaient aussi «omniprésentes en Iran». «Nous pouvons, si nécessaire, attaquer l'ennemi depuis n'importe quel point» en Iran, ajoute l'ambassade. Début août Israël a dit être à un «niveau très élevé» de préparation pour n'importe quel scénario, «tant défensif qu'offensif». Au cours des 10 derniers mois, le Hezbollah «a testé ses tactiques et cherché des failles et des vulnérabilités dans les systèmes de défense israéliens», affirme M. Kahwaji.