Présent aux funérailles, aux côtés de personnalités politiques, intellectuelles, moudjahidines et cadres du ministère de la Culture et des Arts, le ministre des Moudjahidines et des Ayants-droit, Laïd Rebigua, a qualifié Taha El Amiri de «grand combattant, comédien et membre de la troupe artistique du FLN» qui, a-t-il souligné, «a contribué activement au combat libérateur et au recouvrement de la souveraineté nationale». Rappelant que le défunt «avait grandi dans le berceau du Mouvement national» à une époque marquée par un élan politique et une réforme culturelle portés par des militants de la cause nationale, le ministre a fait savoir que «Taha El Amiri avait pris conscience, dès son jeune âge, de la réalité du colonialisme en intégrant les rangs de la Guerre de libération». Avec son sens du patriotisme «élevé», Taha El Amiri était convaincu que «l'art est porteur de message associé à la maturité intellectuelle, à la conscience civique et au sacrifice», a-t-il ajouté, en saluant les valeurs du sacrifice et de l'altruisme du défunt qui resteront gravées à jamais dans la mémoire des jeunes qui devront s'inspirer des valeurs de ces symboles. Les hommages affluent «Le décès de Taha El-Amiri, qui a voué toute sa vie à la patrie et se consacrait à l'art, a laissé dans nos esprits une douleur persistante remplie de gratitude pour ses sacrifices, ses oeuvres ainsi que son héritage artistique», a conclu le ministre. Représentant de la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, l'inspecteur général au ministère de la Culture et des Arts, Missoum Laroussi, a transmis les condoléances de la ministre à la famille du défunt, considérant que le parcours artistique de Taha El Amiri devra inspirer la jeunesse. «A 80 ans, El Amiri jouait encore dans des pièces de théâtre sur scène», s'est-elle souvenue. De son côté, le comédien Abdenour Chellouche qui a partagé la scène avec Taha El Amiri dans «Le moulin de Monsieur Fabre» (1983), a considéré que le défunt «est un monument du théâtre et du théâtre radiophonique», en rappelant que Taha El Amiri était directeur du département de théâtre radiophonique, quand il (Chellouche) avait rejoint la radio à l'âge de 20 ans. Le comédien de théâtre et de cinéma, Hamid Mesbah a, quant lui, qualifié le défunt de «modèle idéal» pour tous les artistes algériens. Né le 20 août 1927 à laa casbah d'Alger, le comédien et acteur engagé, Taha El-Amiri, Abderrahmane Bastandji de son vrai nom, était inscrit dès son enfance déjà, dans les rangs des Scouts musulmans algériens, où il s'était notamment initié au théâtre et au militantisme qu'il mûrira par la suite, au sein du Parti du peuple algérien (PPA), avant d'intégrer, en 1947, la troupe théâtrale de Mahieddine Bachtarzi. Recherché par les autorités coloniales, après le déclenchement de la Révolution, il se rend en Suisse en 1956 où il rencontrera Mustapha Kateb, avant de rejoindre, la Tunisie, où il sera, en 1958, un des membres fondateurs de la Troupe artistique du FLN. Après l'indépendance, l'artiste a participé à plusieurs longs métrages cinématographique et feuilletons télévisés, dont Le serment (1963), La nuit a peur du soleil (1965), Zone interdite (1974), Chronique des années de braises 7» (1975), Le moulin de Monsieur Fabree» (1983), Cri de pierre» (1987), ou encore, les feuilletons télévisés, El Ouassia et El Qilada, entre autres. Sur les planches, il a notamment été distribué, dans plusieurs pièces notamment Othello, Salah Eddine El Ayoubi, Montserrat», ainsi que les trois spectacles révolutionnaires avec la Troupe historique du FLN, écrits par Abdelhalim Raïs, Awlad El Qassaba, Dem El Ahrar et El Khalidoun. Une riche vie artistique post- indépendance Des hommages ont été rendus au doyen des comédiens en 2022 et 2023 en reconnaissance de son parcours militant et artistique et de ses efforts en faveur de la préservation de la Mémoire nationale. Suite à la triste nouvelle de sa disparition, le directeur général du Théâtre national algérien Mahiéddine-Bachtarzi (TNA), Mohamed Yahiaoui, a qualifié le décès de Taha El Amiri de «grande perte» pour l'art algérien, soulignant que le défunt est «un grand artiste et militant» qui a marqué de son empreinte le théâtre, le cinéma et la télévision. Il a rappelé que Taha El Amiri a eu à diriger dans les années 70 le Théâtre national algérien et également membre du Conseil d'administration de cet établissement théâtral qu'il a toujours servi avec ses directives et orientations dans le but de présenter au public des spectacles de qualité. Saluant sa «longue et riche carrière artistique», le metteur en scène, l'a décrit comme «l'un des grands artistes et dramaturges algériens», car il a vécu les étapes de l'action théâtrale algérienne, pendant la guerre de libération notamment et après l'indépendance.