Déjà la veille, Constan-tine était habillée de vert, de rouge et de blanc, les couleurs du drapeau national. Et la nuit de la victoire, tous les quartiers de la ville se sont passé le mot et les cortèges de voitures parcouraient les rues bien avant la fin du match. Après le coup de sifflet final, c'était tout simplement fabuleux! Les Algériens étaient à la hauteur de l'événement: vieux, jeunes et moins jeunes, ont festoyé jusqu'au petit matin. Aux premiers rayons du soleil de la matinée d'hier, des jeunes usant leurs dernières forces brandissaient encore le drapeau national. Durant la soirée, femmes, hommes et enfants sont sortis dans les rues pour simplement exprimer leur profond bonheur suite à la victoire des Verts. Des youyous, des klaxons ponctués de cris de joie fusaient de partout. La victoire de l'Algérie contre l'Egypte a fait revivre au pays l'événement de son Indépendance le 5 Juillet 1962. C'est le cas de le dire car c'est comme si l'Algérie venait de renaître une seconde fois. On ne manquera pas d'user de feux d'artifices et de fumigènes pour meubler encore davantage la fête. Durant le match tant attendu, un calme sidéral régnait dans la ville, habituellement bruyante. Les seuls Constantinois restés dehors étaient rivés aux écrans géants installés sur les placettes des différentes cités. Les cortèges commençaient à défiler dès le second but. Les Constantinois sillonnaient la ville en glorifiant l'entraîneur Rabah Saâdane et son équipe. Au coup de sifflet final, c'était une explosion de joie indescriptible qui rappelle celle de 1982 lorsque les Fennecs avaient battu «l'ogre allemand» par 2 buts à 1 à Gijon, en Espagne. Des familles entières occupaient les rues. Certains pleuraient de toutes leurs forces de bonheur. L'ambiance était simplement euphorique. A Sidi Mabrouk, à Daksi et à Oued El Had, notamment quartiers populaires par excellence et un des fiefs des Sanafirs, des disc-jockeys ont été installés en quelques minutes pour donner le coup d'envoi à une fête splendide et spontanée. Les cris de joie des Fennecs, ressuscités fusaient de toutes parts. Pour l'anecdote, l'explosion de joie qui a suivi le premier but algérien par Matmour a même ébranlé plus d'un fidèle en pleine prière de l'Icha. Cela veut tout dire! Submergé par des milliers de personnes, le centre-ville a été carrément fermé par des centaines de véhicules, chose rare à Constantine. Il y avait même des femmes au volant de leurs voitures qui ont tenu à sortir, elles aussi, dans la rue. A méditer!