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Nos auteurs méritent considération
CE QUE L'ALGERIEN DOIT À L'ALGERIE
Publié dans L'Expression le 02 - 06 - 2010

Notre pays est un immense chantier ouvert où rien n'est trop beau pour écrire un engagement et l'accomplir.
Notre Temps de Lire d'aujourd'hui se présente comme une réflexion à haute voix, si j'ose dire. L'actualité culturelle de la semaine dernière tire l'oeil sur un point: nos auteurs méritent considération. La conférence prononcée vendredi dernier par Yasmina Khadra et ses réponses suscitées par son auditoire, m'interpellent au-delà du sujet traité par notre écrivain. Aussi ai-je à dire:
Mon cher Mohamed, chez nous, la personne âgée a des avantages plus que dans tout autre monde civilisé, ne sois donc pas trop déçu que j'abuse du tutoiement traditionnel entre Algériens. Ton hommage au regretté Tahar Djaout que j'ai lu dans Liberté (*), est bouleversant de sincérité et de respect pour celui auquel tu confies: «Tu es bon comme du pain blanc, et juste comme un serment fraternel».
Ayant lu plus d'une oeuvre de toi, je sais que, pour toi, les mots ont de la valeur, ont du poids. Cela touche les écrivains algériens, car tu ouvres encore plus grande la porte de l'amitié, du partage et de l'échange entre ceux qui ont quelque chose à faire aimer de notre pays, de tout notre pays.
Permets-moi de placer ici d'abord une parenthèse et ensuite un appel.
Quand la polémique est systématique, c'est-à-dire obsessionnelle, elle devient indécente, elle ne fait même pas l'affaire pour laquelle on aurait investi son honneur. De même, en inversant le sens des mots - ce qui serait encore une querelle de tayyâbât el hammâm -, il en va d'une attitude obséquieuse, c'est-à-dire polie et servile. Mais telle chose exécrable a pris naissance et développement dans les temps féodaux laissés, je crois, derrière nous. Nous les aurions remplacés par le temps de notre Algérie indépendante qui a pour devise «par le peuple et pour le peuple».
Nous serions tous égaux, tous des frères, seul le mérite gagné à la sueur de son front élève celui dont la main a travaillé ou dont le cerveau a produit, - n'est-ce pas? Eh bien, il s'est imposé ce droit de ne rien faire pour ne pas se tromper ainsi que cette vilenie de dénigrer celui qui agit. Eh bien, la flamme «par le peuple et pour le peuple» est mouillée par la salive de celui qui prétend ressembler à soi-même.
La polémique, au contraire de la critique littéraire qui réclame la haute tenue de la compétence, de la convenance, et surtout de l'humilité devant une oeuvre humaine, a toujours frappé les grands auteurs, sans les surprendre. Les grands auteurs ne s'en soucient guère, du reste, à peine haussent-ils - et par politesse littéraire et compassion! - les épaules.
Chez nous, tu le sais, «Edhdhabana ma taqtel, taghawwach el khâtar, la mouche ne tue pas, elle met de mauvaise humeur».
La mauvaise humeur a pour remède la faculté d'écrire ce que d'autres en sont privés. Au mieux, l'écrivain aurait-il quelque regret (et pourquoi donc?) à présenter à celui qui ne sait pas que l'écriture d'un livre est une charge qu'il croit assez utile et intéressante pour avoir envie de la faire connaître en toute bonne foi et d'en attendre, tout de même, quel serait le sentiment du lecteur.
Le peuple, c'est-à-dire nous tous (écrivains et lecteurs), est à notre image. Notre Terre Maternelle, nourricière et tendre, est à nos pieds, nous l'écrasons; insensés nous nous y détruisons les uns les autres, nous y creusons notre tombe.
N'aurions-nous pas assez de nous préserver du mal étranger, l'hydre à forme néocoloniale qui s'acharne insidieusement à nous faire douter de nous-mêmes, de notre culture, de nos créateurs dans tous les domaines, qu'il faudrait encore que nous soyons nous-mêmes ses tentacules pour broyer ce que nous nous évertuons à reconstruire et à construire?
Nous admirons ce que nous n'avons pas et, hélas, nous brûlons ce que nous avons. Et indifférents l'un de l'autre et chacun de soi-même, nous laissons ce malheur nous frapper. Notre Temps n'est pas le nôtre, le temps des autres ne nous appartient pas.
Certes, il n'est pas de leçon de morale qui dise qu'aucun fanatisme n'est pas bon. Alors mon fanatisme à moi - mais qui suis-je après tout? - est d'apprendre à nous aimer, à aimer l'utilité d'aimer son prochain, de l'aimer assez pour que, ensemble, sans aveuglement, nous serions heureux de montrer au monde que notre honneur se construit d'abord avec les nôtres, puis avec les autres.
Ainsi notre pays est un immense chantier ouvert où rien n'est trop beau pour écrire un engagement et l'accomplir.
Alors, maintenant, voici mon appel, continue de t'adresser librement Mohamed, à l'ancien qui rêve de l'avenir de ce que probablement, il ne verrait pas, mais adresse-toi aussi et surtout à la jeunesse qui devrait imaginer son rêve et le construire. Fais-le toi, à la façon de n'importe quel autre algérien sensible et jaloux de son pays, fais-le toi, à la façon de n'importe quel éducateur de coeur et de raison, c'est-à-dire un éducateur probe, éveilleur de consciences, né quelque part en Algérie, qui s'adresse à ceux qui ont assez de bon sens pour comprendre que notre humanité, notre justice et notre paix exigent d'abord que nous croyions en nous-mêmes.
Le vrai est que les oeuvres de tous nos auteurs méritent considération, d'abord chez nous, et tant mieux si elles éclosent ailleurs.
Hier, c'était le jeune sang des combattants de la lutte de libération nationale qui étonna le monde; aujourd'hui, c'est le jeune esprit des travailleurs intellectuels et des travailleurs manuels qui relèvera les défis majeurs auxquels la mondialisation veut confronter.
(*) Liberté, mardi 25 mai 2010


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