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Le foncier à 80.000 DA le m²
ANNABA
Publié dans L'Expression le 15 - 03 - 2011

La vente de terrains connaît une envolée vertigineuse, constituant ainsi un commerce florissant.
Annaba, qui demeure la 4e wilaya en Algérie, après Alger, Oran, Constantine, connaît, depuis une dizaine d'années, une hausse vertigineuse du prix du foncier local. Le mètre carré dépasse, par moment les 80.000 DA dans les quartiers huppés, notamment, à Beau Séjour, Saint Cloud, Cité Plaisance, ou encore sur le front de mer, comme la Caroube, Chapuis et Toch.
Les châteaux érigés au niveau de ces sites, dans leur quasi-totalité, sont occupés par des personnalités éminentes, venues chercher loisir et sérénité dans la ville de saint Augustin. Le constat est similaire pour le centre-ville, ses artères et les quartiers populaires où le prix du terrain balance entre 60.000 et 80.000 DA le m². Le fait marquant concerne les vieilles et anciennes bâtisses du centre-ville et sa périphérie où des dizaines de demeures et magasins sont vendus. Pour cause d'héritage ou autre circonstance, des propriétaires exigent entre 60.000 et 80.000 DA pour le mètre carré. De vieilles maisons à l'état de ruine, comme il en existe beaucoup à la place d'Armes, la Colonne, la cité Ausas et autres, avec une superficie ne dépassant pas les 120m², ont été vendues à plus de 60.000 DA le m² dans lesdits quartiers, pendant que d'autres, situées en plein centre-ville ont atteint les 80.000 DA le m².
D'anciens magasins du centre-ville et de son artère principale, rue Ibn Khaldoun, appelée communément la rue Gambetta, ont été vendus à plus de deux milliards, pour moins de 150 m². Toutefois, il est impératif de signaler, que le centre-ville de Annaba, n'est plus cet espace d'habitation, comme il le fut dans les années 70/80 et 90. Depuis la tragédie nationale, des centaines de familles, qui ont fui les affres du terrorisme, sont venues chercher refuge dans cette wilaya qui était, en cette période, plus ou moins calme, par rapport à d'autres régions du pays.
Après la réconciliation nationale et le retour de la stabilité dans le pays, les choses ont repris leur cours normal. Ceux qui ont fuit à Annaba, sont repartis dans leurs régions respectives, après avoir vendu leurs maisons et leurs commerces. Une période où les spéculateurs du foncier se sont enrichis en achetant des lots de terrains à des prix dérisoires. Ces transactions sont connues de tous et elles ont permis aux concernés ou aux courtiers de les revendre à des centaines de millions, rachetées par des commerçants venus, notamment de la région de Oued Souf. Selon Habiba, responsable d'une agence immobilière, à Annaba «la hausse du foncier à Annaba, est due, d'une part, à son statut de ville commerciale, où tout et rien se vend et, d'autre part, en raison de sa position géographique, ses frontières avec des wilayas constituant des portes vers le Sud, le centre du pays, sans pour autant oublier les frontières avec la Tunisie». Un fait imposé par la nouvelle politique, portant l'ouverture sur l'économie de marché et le libre-échange, a expliqué notre interlocutrice qui n'a pas omis de rappeler que tout ce qui a trait au béton ou lui ressemble, se vend à des montants très élevés.
L'indisponibilité du foncier
Effectivement, il est à constater que les carcasses en parpaing et béton avec dalles, comme c'est le cas dans plusieurs zones de la ville de Annaba, ainsi que dans ses communes, sont intouchables. On citera, à titre d'exemple, ceux de Sidi Harb I et II, où des carcasses et des dalles ont été vendues à 80.000 DA le m². Ces deux lotissements étaient, il y a quelques années, des bidonvilles. Leurs occupants sont venus de zones rurales pour travailler dans le secteur de l'industrie, principale spécificité de la wilaya de Annaba. Sur ce terrain, des constructions, non seulement illicites, mais aussi précaires, ont été implantées sur un terrain domanial, notons-le. A l'époque, les autorités locales ne pouvant répondre à la forte demande de logements, se sont résignées à autoriser les occupants des deux bidonvilles respectifs de construire sous la formule de l'évolutif. Eux aussi ont largement contribué à la hausse du prix du foncier, d'une part, et à la crise de ce dernier, d'autre part.
Cette vérité est connue de tous. Depuis le plus haut responsable, jusqu'au citoyen ordinaire. D'ailleurs, c'est par rapport à cette dramatique situation que les différents programmes de réalisation d'unités de logements, le social notamment, peinent à être concrétisés.
En matière de réalisation de logements sociaux, la wilaya de Annaba est confrontée au problème de l'indisponibilité d'une assiette foncière. Le chef-lieu de la wilaya est en tête de liste de cette crise du foncier. Une donnée qui fait que la wilaya est dans l'impossibilité de procéder à la réalisation de ses programmes de réalisation de logements.
D'ailleurs, il convient de noter que des opérations relevant du premier programme quinquennal 2005/2009 traînent dans leur réalisation pour cause de manque de terrains à bâtir.
Il faut dire que ces réalisations sont incontournables pour prétendre réduire la pression des demandes de logements dont le nombre dépasse les 22.000.
Cette indisponibilité de terrains à bâtir a vu des programmes de logements transférés vers d'autres communes, comme El Chorfa, El Eulma et El Bouni où encore Sidi Amar et autres.
Aujourd'hui, les demandeurs de logement, tous types confondus, sont orientés vers l'une des 11 communes de la wilaya, sous prétexte de l'extension de la ville.
Cette dernière se fait au détriment des terres agricoles, où l'on constate que le béton remplace des champs à vocation agricole.
Il est ainsi des communes de Chorfa, El Eulma, où l'urbanisation a fait en sorte, que les fellahs abandonnent la terre pour travailler dans le bâtiment en tant que manutentionnaires! Mais au moment où la wilaya enregistre l'indisponibilité d'assiette foncière, il y a des terrains gardés soigneusement et vendus ensuite discrètement, au moment voulu, à la personne voulue.
Cette forme de bradage a fait couler beaucoup d'encre, mais il n'y a jamais de mise sous les verrous, de quiconque.
Le bradage du foncier, une pratique courante
Chacun grignote les terres de l'Etat comme bon lui semble, et où il veut. A Annaba, le foncier a toujours fait l'objet de transactions frauduleuses.
On remarque que des constructions illicites sont érigées sur des terres domaniales, au vu et au su de tous. D'ailleurs, c'est ce qui explique la prolifération des bidonvilles dans cette wilaya. Il est vraiment rare, que les autorités locales affichent un moindre intérêt quant à la récupération de ces assiettes, qui serviraient sans doute, à la réalisation d'unités de logements.
C'est dire que le secteur du foncier à Annaba est soumis à une politique de bradage dans l'ombre. Nous avons tenté d'entrer en contact avec le directeur de l'Agence foncière de la wilaya de Annaba, il se trouve que ce dernier était en déplacement.
Nous avons tenté tous les moyens pour prendre attache avec ce commis de l'Etat, en vain! En tout cas, le bradage des terrains est un antécédent dans l'histoire de Annaba. On se référera à titre d'exemple, au scandale foncier de 2008, où plus de 18 lotissements répartis entre El Kalitoussa, Tacha et autres, relevant de la daïra de Berrahal ont été construits illicitement sur des terrains appartenant à l'Etat, sur la base de faux documents. Un scandale dans lequel a été impliqué un ex-président d'APC. Ce dernier aurait procédé à l'attribution clandestine et illicite d'un nombre de lots de terrains à bâtir sur la base d'une simple décision communale. Cet élu aurait usé de décisions antidatées pour ces attributions.
En dépit des efforts fournis par les pouvoirs publics, contre le bradage du foncier, il demeure que les terres de l'Etat sont en proie au bradage par certaines personnalités influentes qui accaparent nos villes et villages, en transgressant sans vergogne les lois, qui ne s'appliquent qu'aux plus faibles.


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