Il y a vraiment des gens qui ne manquent pas d´air, à l´instar du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui manqua l´occasion de se taire. Plutôt que de se faire oublier et faire, un tant soit peu, oublier l´arsenal nucléaire détenu par Israël, Netanyahu, en marge de la journée de la Shoah, s´est lancé dans une offensive en règle contre une «communauté internationale» qui, selon lui, ferait peu contre l´Iran indiquant: «Ce qui m´indigne c´est l´absence d´indignation de par le monde» et d´expliquer: «Nous n´entendons pas les protestations qu´on pourrait attendre. Le monde poursuit sa vie comme si de rien n´était alors que l´Iran intensifie ses efforts pour se doter d´armes nucléaires et menace de rayer Israël de la carte». Cela est quand même un peu indécent de la part du seul Etat disposant de l´arme nucléaire au Moyen-Orient. Il y a chez nous un adage pour désigner ce genre de personnes «drabni, we bka, sabqni, we ch´qa». Il n´y a pas photo entre la réalité de l´arme atomique israélienne et l´Iran soupçonné de vouloir l´acquérir. Selon la maxime que nous sérinent l´Occident et Israël depuis une décade, ce n´est pas celui qui dispose d´une mitraillette qui est mortel, mais bien celui qui a un canif entre les dents. Plus clairement, Israël avec son arsenal nucléaire n´est pas dangereux du point de vue américain et européen, mais l´Iran, qui cherche à maîtriser la technologie nucléaire, le voilà le péril. Et ces gens sont convaincus de ce qu´ils disent, comme le secrétaire à la Défense US, Robert Gates, qui a affirmé dans une déclaration à la chaîne CBS que «toutes les options, y compris militaires et nucléaires», sont sur la table pour Washington au sujet de l´Iran et de la Corée du Nord, car ces pays ne respectent pas, selon lui, le traité de non-prolifération. Dits par une autre personnalité, ces propos auraient paru absurdes, ne serait-ce que du fait que l´Iran et la Corée du Nord adhèrent au TNP et leurs centrales inspectées par l´Aiea. Ce qui n´est pas le cas pour Israël. Mais qui parle d´Israël? N´étant pas à une contradiction près, M.Gates, affirme tout aussi catégorique, sur une autre chaîne américaine, NBC: «Notre jugement est qu´ils (l´Iran et la Corée du Nord) n´ont pas la capacité nucléaire (...). Pas encore», expliquant que Téhéran «continue de progresser» en ce sens, mais «cela va plus lentement qu´ils l´imaginaient». Comment ce Monsieur peut-il affirmer que toutes les options étaient «sur la table, y compris nucléaire» contre un pays dont les progrès, avoue-t-il, sont «lents»? Alors où est le problème? Cette agitation des officiels américains, du pseudo-danger iranien, semble faite pour mieux éloigner les regards de l´arsenal israélien, bien réel, au moment où le sommet de Washington prétend débattre de la sécurité nucléaire dans le monde. Comment débattre de cette sécurité sans évoquer l´arsenal nucléaire israélien véritable péril pour ses voisins du Moyen-Orient et du Maghreb? Le groupe britannique Jane´s, spécialisé dans les questions de défense et réputé pour la fiabilité de ses analyses, estime à «entre 200 et 300» le nombre de têtes nucléaires détenues par Israël. L´Initiative sur la menace nucléaire (NTI), une ONG américaine, à laquelle adhèrent des experts internationaux réputés, confirme cette estimation et parle de «100 à 200» ogives. Ce qui est déjà beaucoup pour la sécurité en Méditerranée surtout lorsque cet arsenal ne fait l´objet d´aucune inspection ni daucun contrôle. Selon, Jane´s, la portée des missiles Jéricho 2, est passée de 1500 km initialement à 4500 km, et Israël dispose depuis 2005 de Jéricho 3 à longue portée (7800 km). Ce qui met Alger, Rabat, Le Caire, Riyadh, et bien sûr, Téhéran à portée des bombes atomiques israéliennes. C´est celui-là le vrai danger, sur lequel l´Occident fait motus. Il est inacceptable que l´on ignore cet incontestable péril pour la sécurité dans le monde, pour se concentrer sur le danger nucléaire iranien plus hypothétique que tangible.