Le calvaire des locataires du centre familial de Ben Aknoun ne semble pas connaître de fin. Du moins si l'on considère la succession d'événements qui aggravent, chaque jour que Dieu fait, la situation déjà tendue des résidents depuis quelque temps. Le gérant de ce centre où vit depuis plus de trente ans une centaine de familles, en l'occurrence la Cnas, “a décidé de bloquer le versement des loyers par les locataires en espérant leur expulsion manu militari”, crient haut et fort ces derniers. Le réseau gaz de ville qui devait être refait en raison de sa vétusté n'est plus en service depuis trois ans, contraignant ainsi les familles à s'approvisionner en gaz butane avec tous les risques et les contraintes qui en découlent. Et pour faire déborder la coupe, “l'APC, se prévalant de problèmes qu'elle aurait avec la DG de la Cnas, refuse de délivrer aux locataires leurs certificats de résidence, bien qu'ils détiennent leurs reçus de loyer et qu'ils sont, pour la grande majorité, inscrits sur les listes électorales de la commune”, dira l'un d'eux ajoutant que “du coup, des centaines de citoyens sont donc passés au statut d'immigrés clandestins”. Pour rappel, le centre familial de Ben Aknoun appartient à la Cnas depuis sa création il y a près de quarante ans. Dans les années 1970 du siècle dernier, des familles, dont beaucoup sont issues du secteur, ont été installées dans ce centre quasiment abandonné par la caisse durant plusieurs années. “Ce n'est que récemment que les responsables veulent le récupérer”, nous dit-on. Pour la DG de la Cnas, on croit savoir qu'il est question de redonner à ce centre sa vocation initiale, à savoir un établissement de repos destiné aux familles des fonctionnaires de la caisse.