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Le business de la Fifa
Blatter, le grand patron du foot mondial, veut son quatrième mandat
Publié dans Liberté le 14 - 06 - 2010

Président de la Fifa depuis 1998, le Suisse Sepp Blatter n'est pas près de lâcher son fauteuil. Devant le 60e congrès de la Fédération internationale de football association, qui s'est tenu juste avant le coup d'envoi de la Coupe du monde, l'homme, âgé de 74 ans, a fait part de sa volonté de se représenter pour la quatrième fois à la tête de la prestigieuse fédération, en 2011, à Zurich.
Pour la rallonge, il n'avait pas à chercher : il s'est contenté de plagier ce qui se fait dans le continent de la version 2010 de la fête mondiale du foot. Comme les présidents africains dont l'écrasante majorité s'est arrogée de nouveaux mandats au prétexte qu'ils n'avaient pas encore terminé leur mission, le boss de la Fifa a déclaré, sans aucune gêne, “être motivé pour aller au bout d'un autre mandat” ! Et comme il est sûr de repasser comme une lettre à la poste, il s'est même payé le luxe de remercier à l'avance ses électeurs de la Fifa. “Merci pour votre confiance, et je voudrais vous dire que nous irons ensemble. Je suis prêt et vous aussi.” On a compris, ils vont rebelotter ensemble. Il ne se débarrassera pas d'une équipe qui l'a fait gagner et à laquelle il a renvoyé l'ascenseur. Le sport-roi est un sacré business et un Mondial permet une extraordinaire exposition. Ce qui frappe dans cette édition 2010, c'est l'énormité du chiffre d'affaires attendu par la Fifa et la progression assez stupéfiante de ce chiffre d'affaires. Le budget 2003-2006 de la Fifa (2006, Coupe du monde en Allemagne) avait atteint 1,6 milliard d'euros.
Celui de la période 2007-2010, qui s'achève en Afrique du Sud, atteint 2,7 milliards. Le foot, un business royal ! La raison de cette croissance aussi rapide est la mondialisation, le foot est une des rares activités humaines qui intéresse tout le monde, sans barrière de culture ni de niveau de vie : un très pauvre comme un milliardaire. Il y a surtout l'explosion du nombre de téléviseurs. Du coup, comme il y a de plus en plus de spectateurs, les recettes sont là.
La Fifa attend 1 milliard d'euros du marketing. Pensez : 376 chaînes de télé retransmettront les 64 matchs dans 214 pays. La précédente édition, en Allemagne en 2006, avait attiré, en cumulé, 26,29 milliards de téléspectateurs... C'est la Fédération internationale de football qui va empocher le jackpot : 2,2 milliards d'euros, dont 1,4 milliard de droits télé. Les spectateurs et auditeurs algériens en savent quelque chose, eux, qui ont failli être privés de retransmissions n'eussent été les efforts de l'Etat. La Fifa ne se contente pas de fixer les règles techniques du jeu.
Elle impose aussi ses règles commerciales. Les petits vendeurs sud-africains ont été repoussés à 800 mètres des cinq stades de la compétition. Avant, là où se bousculent les spectateurs, ce sont les “villages Fifa”, réservés aux six grands sponsors : Adidas, Coca-Cola, Sony, Visa, Dubaï Emirates et Mc Donald's, qui ont payé cher le ticket d'entrée : 729 millions d'euros. Et au portillon de la Fifa, c'est toujours encombré. Crise économique ou pas, le monde des affaires de la Fifa est un pot de miel.
La Fifa, c'est également les équipementiers : maillots, chaussures, ballons, gadgets, trophées, souvenirs, emblèmes. Un vaste marché extrêmement juteux (il n'y a qu'à voir notre pays, où pourtant les sponsors étrangers sont tenus à distance), entre 4 et 8 milliards d'euros, selon les sources. Adidas qui chausse et habille 12 des 32 équipes, pense engranger 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Nike avec ses 9 équipes, le suit à la trace. À la prochaine coupe, il deviendra leader sur le segment foot. Et le petit Puma, propriété du groupe français PPR (Pinault), va lui aussi ramasser de bonnes miettes, avec ses 7 équipes, dont 4 africaines.
La fête du foot, c'est la télé avec le rush sur les nouveaux écrans. Avant la coupe, des familles ont changé leur poste, optant, bien sûr, pour les nouveaux modèles. Le phénomène est observé également chez nous. L'édition 2006 avait dopé les ventes d'écrans plats. Cette année, les fabricants ont misé sur le nouveau produit magique : l'écran 3D.
En outre, la diffusion des matchs se fait sur une multitude de supports qui n'existaient pas : les Smarts phones, les iPad, on voit les matchs au bureau, sur la route.
Tout cela fait des spectateurs nouveaux et donc augmente le prix des publicités. Voilà comment le ballon rond se transforme en or. Le marché des supporters en Afrique du Sud sera moins florissant que prévu.
La Fifa en prévoyait 450 000, venus du monde entier, ils seront 100 000 en moins. Un vrai manque à gagner surtout pour les hôtels et les particuliers sud-africains qui pensaient louer appartements et chambres. Même Soweto s'y était préparé, des chambres avec une visite guidée jusqu'à la maison de Nelson Mandela.
Le pays hôte bénéficiera néanmoins des retombées du Mondial. Mais sans doute pas au niveau espéré. Un événement de cette dimension coûte parfois plus cher qu'il ne rapporte et ne tire pas la croissance. Mais il y a les bénéfices à long terme, infrastructures, transports, image… Du moins, on l'espère, pour l'Afrique du Sud. La Fifa d'ailleurs affiche une prospérité insolente.
Le cœur du foot mondial bat à Zurich où la face visible de son somptueux siège reflète la sérénité de son patron quant à un nouveau mandat. Cependant, les critiques abondent sur le fonctionnement de ce gouvernement planétaire du ballon rond et de pratiques douteuses dont se rendraient coupables ses dirigeants. Son président concentre les reproches : achat de votes, pots-de- vin, détournements… Les partenaires privilégiés de la Fifa arrosent pour se garantir les marchés. C'est vieux comme le monde. Et il en va ainsi même si la Fifa s'est accolée une charte de bonne gouvernance, destinée, par ailleurs, au grand public qui n'a que le stade au bout des yeux, de toutes les façons.
Des enquêtes ont révélé tout le lien sonnant entre les donneurs d'ordre de la Fifa et les sponsors de la Fédération. En mars 2008, le procès devant le tribunal du canton de Zoug à Zurich a dévoilé une partie de ces liaisons secrètes. Des lampistes ont payé ainsi qu'un gros annonceur publicitaire et on en est resté là. Les noms des destinataires de commissions (pots-de-vin) n'ont pas été rendus publics.
Blatter, ses 7 vice- présidents et les 25 membres du comité exécutif de la Fifa l'ont échappé belle. Certains ont été reconnus “responsables” mais “pas coupables” ! L'argent protège de tout ! Au fait, combien touche le patron de la Fifa ? Ses émoluments restent “secret défense”. Il émargerait à près de 4 millions de dollars par an ! Plus rémunéré qu'un patron de grande multinationale.
Pour 2011, Blatter devra, cependant, compter, d'une manière ou d'une autre, avec le président de la Confédération asiatique de football, Mohamed Ben Hammam, lequel après avoir soutenu le Suisse, dit sentir son heure venir. Il pèse lourd et, cerise sur le gâteau, c'est également un proche de l'émir du Qatar, ce dirigeant dont l'étoile monte dans sa région mais aussi sur la scène internationale. Ben Hammam, pour sa campagne, plaide pour une limitation de la présidence de la Fifa à deux mandats. Un bon argument de campagne.
Et comme le foot c'est aussi et surtout de la politique, l'Asie estime son tour venu d'occuper ce prestigieux fauteuil des faiseurs de rois dans le foot.


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